Réflexions liquides sur les élections municipales et régionales en Côte d´Ivoire

Dans sa déclaration du 26 avril dernier, le Président de la CEI (Commission Électorale Indépendante)  a publié le résultat des élections locales ( régionales et municipales) en Côte d´Ivoire.

Si ces locales ferment le cycle des élections  en Côte d´Ivoire, elles nous permettent de faire des réflexions sur les points suivants au vu des résultats des tableaux 1 et 2:

–  l´appel de parti politique à la non-participation de leurs militants et/ou sympathisants  à des élections locales,

– le mode de désignation des candidats dans les partis politiques et/ou groupement de partis politiques,

– la qualité du candidat indépendant sous nos tropiques

– la naissance d´un nouvel électorat ivoirien

Ci-dessous les résultats des élections Régionales et Municipales:

Liste de candidatures élues

Nombre de sièges

%

RDR

10

32,26

RHDP

09

29,03

Indépendants

06

19,35

PDCI-RDA

04

12,90

UDPCI

01

3,23

PDCI-UDPCI

01

3,23

Total

31

100

Tableau 1: Résultats des Conseils Régionaux

Liste de candidatures élues

Nombre de sièges

%

Indépendants

72

37,11

RDR

65

33,5

PDCI-RDA

49

25,26

UDPCI

45

2,58

RHDP

03

1,55

Total

194

100

Tableau 2: Résultats des Conseils Municipaux

1. L´appel de parti politique à la non-participation de leurs militants et/ou sympathisants  à des élections locales

Avant les élections municipales et régionales,  le Front Populaire Ivoirien ( FPI) ainsi que sa section Jeune ( la JFPI) ont appelé leurs militants et leurs sympathisants à ne pas y participer. L´UNG de Stéphane Kipré ( membre de La Majorité Présidentielle) en a fait autant. C´est le lieu de rappeler aux partis politiques ( de quelque bord qu´ils soient)  que le vote est un devoir pour tout citoyen qui jouit de tous ses droits civiques.

Certes, l´objectif de tout parti politique est d´accéder au pouvoir d´État et de le gérer pour une période de 5 ans renouvelable une fois. La manière d´y accéder est par la participation aux élections présidentielles et législatives. On peut donc bien comprendre qu´un parti politique fasse un appel à voter pour son parti ou oriente le choix de ses militants et du sympathisant. Lorsque celui-ci y accède, il appartient au président élu et à son parti et/ ou groupement de partis de désigner les personnes qu´il estime à même de pouvoir mener le programme de gouvernement pour lequel  il a été élu par le vote de lois permettant d´accomplir les objectifs de ce programme.

Cet appel à la non participation aux élections locales est incivique et est à proscrire des formations politiques qui bénéficient du financement des contribuables ivoiriens pour leur fonctionnement. La finalité de ces financements aux partis politiques (nous en parlerons dans un autre billet) est de leur permettre de former des hommes, des femmes et des jeunes à la gestion de la chose publique selon son orientation idéologique dans le strict respect des notions de citoyenneté, civisme et de civilité qui doivent être les mêmes qu´on soit de gauche ou de droite, socialiste ou libéral….

Par ailleurs, il est inacceptable que pour des élections locales ( municipales et régionales) où les électeurs ont le pouvoir de désigner le manager de leur commune/ région, un parti politique appelle ses militants et sympathisants à ne pas y participer quelque soit la raison évoquée.

Les partisans de la non participation de leurs militants aux élections municipales et régionales sont contents du faible taux de participation. Ils (FPI, UNG), quoique LIDER n´ait pas fait cet appel, avancent des taux de participation de 13 ou 15 %, s´en réjouissent et font des interprétations démagogiques; alors que la CEI indique des taux de participation plus de 30%.

Au-delà du taux de participation de ces élections locales, les militants du FPI, UNG devront faire contre mauvaise fortune bon cœur durant 5 ans, car il seront « gérés » au niveau local (commune et  région) par des listes qu´ils n´ont pas choisi. J´ose espérer que ces militants « manipulés » contribueront néanmoins à la réalisation du bien-être et de la qualité de vie de leur espace commun par leur participation active aux activités de la commune et de la Région avec la liste élue dont le mode de désignation sera l´objet du second point.

2. Le mode de désignation des candidats dans les partis politiques et/ou groupement de partis politiques

Le mode de désignation des candidats au niveau des partis politiques et/ ou groupement de partis politiques fut un véritable casse-tête ivoirien (pour ne pas dire chinois) tant pour les militants, les sympathisants et les observateurs de la sphère politique en Côte d´Ivoire.

Pour la plupart des partis politiques ayant pris part à ces élections locales, il n´y a pas eu d´unanimité sur le choix des têtes de liste du candidat du parti dans certaines circonscriptions. Pour toute explication, certains partis politiques ont dit avoir organisé des « primaires » au niveau de la base pour désigner leur candidat, quand d´autres disent avoir utilisé des « critères scientifiques » pour choisir leur champion.

Les résultats de ces élections municipales et régionales nous montrent aisément que ces « primaires » et ces « critères scientifiques » sont clairement discutables au niveau des partis politiques eux-mêmes. Il s´agit plutôt de « méthodes » partiales pour parachuter des candidats imposés par Abidjan (toutes  les Directions de Partis Politiques s´y trouvent) aux militants et aux sympathisants. Ces élections locales doivent pousser nos partis politiques à mener une réflexion pertinente et critique sur leur mode de désignation des candidats aux différentes élections qui ne fasse l´objet de contestation objective.  Auquel cas, nous assisterons à l´émergence des candidats indépendants.

3. La qualité du candidat indépendant sous nos tropiques

Les élections locales d´avril dernier, nous ont permis de distinguer trois qualités de candidats indépendants:

a) Le contestataire du choix du parti politique

Cet indépendant a décidé d´aller contre le choix de son parti politique. Car il estime que le mode de désignation qui ne l´a pas choisi a été injuste. Des partis politiques sont allés jusqu´à exiger un cautionnement aux pré-candidats à la candidature interne. Est-ce pour éviter des candidatures farfelues? Des bases de partis ont élaboré des critères de choix de leur candidat qu´elles ont soumises à leur direction afin de désigner elles-mêmes leur représentant légal mais ceux-ci ont été bottés en touche pour des raisons qu´on ignore.

Pour en revenir à ce contestataire du choix du parti, il a été toujours avec la base au moment des braises, il l´assiste et vit quotidiennement avec elle. Lui et sa base estiment que la direction n´est pas juste en désignant un « inconnu » parachuté depuis Abidjan la Capitale pour représenter le parti.

b) Le réfractaire à l´appel du FPI, UNG, LMP à ne pas participer aux élections locales

Celui-ci a fait fi de l´appel de son parti ( FPI principalement)  à ne pas participer aux élections municipales et locales. Ce candidat a mis en avant sa capacité d´Agent de développement au profit de la commune. Car pour lui, il ne s´agit nullement d´un poste politique. Cet indépendant est à féliciter car il a une haute notion de sa citoyenneté, du civisme et de la démocratie.

D´ailleurs, au lendemain de la publication des listes de candidatures, les candidats de ces deux premières catégories ont été soit sanctionnés, soit exclus de leur parti car ils ont osé défié leur Parti.

c) Le véritable candidat « indépendant »

Et pour terminer avec les indépendants, il y a ces candidats qui ne sont fichés dans les deux catégories précédentes, et qui viennent s´essayer à la politique de développement local. Généralement, ce sont des personnes prospères dans leurs activités professionnelles respectives ( administration publique, secteur privé ou professions libérales). Ils estiment que l´heure est venue d´apporter leur expérience dans la gestion de la Commune et/ ou de la Région. C´est-à-dire manager autrement la commune et/ ou région avec des outils non « politiciens » afin d´améliorer les conditions de vie de la population de la Commune ou de la Région.

Les résultats que nous avons connus lors de ces dernières élections municipales et régionales nous ont permis d´assister à l´émergence d´un nouvel électorat naissant en Côté d´Ivoire.

4. La naissance d´un nouvel électorat ivoirien

L´électorat ivoirien est à féliciter au vu des résultats de ces élections municipales particulièrement. Les candidats indépendants occupent la première place avec 37,11 % des sièges contre 33,5 % pour le RDR, 25,26 % pour le PDCI et 2,58% pour l´UDPCI.

Les partis politiques de Côte d´Ivoire ( RDR, PDCI, UDPCI, FPI, LIDER etc.) doivent comprendre que la période du « bétail électoral » est loin derrière nous. Cette époque où on appelait à voter ou à s´abstenir de voter au nom d´Un tel ou Tel Autre est révolue. Le militant et le sympathisant de partis politiques font librement leur choix en âme et conscience, et savent qui peut soit les représenter dignement soit défendre leurs intérêts et leur apporter le bien-être qu´ils recherchent tant.

Le nouvel électorat ivoirien commence à connaître la place qui est le sien et sait se faire courtiser par sa capacité de réflexion, de pensée et de critique sur les sujets qui concernent la vie de la Nation Ivoire. Et il le fait sans tabou car il sait de quoi il parle.

Le nouvel électorat ivoirien aspire à être ce « faiseur de roi » qui défend l´intérêt commun. Il appartient au « roi » de savoir le lui rendre pour que l´idylle continue.

Pour cela, il appartient maintenant aux élus ( de partis politiques, les indépendants de toutes catégories) de mériter de la confiance de leur électorat ( militants, sympathisants etc.) en les mettant au cœur de leur quinquennat municipal et/ou régional.

De nouvelles « trahisons » de l´électorat sont entrain de pointer du nez au sein des listes: des indépendants après leur victoire veulent retourner à la maison; ou encore, des listes battues sont en pleine tractation pour « acheter » les voix de conseillers de l´adversaire gagnant pour être maire ou président de Conseil Régional (il est bon de rappeler que la constitution de la liste définitive du Conseil Municipal se fait à la proportionnelle des voix obtenues par chaque liste).

Chers conseillers municipaux et régionaux, nous vous avons à l´œil et observons vos faits et gestes. De votre choix qui doit être le prolongement du nôtre ( votre liste a gagné grâce à nous) , dépendra votre continuité politique à un mandat électif dans cinq ans!

À bon entendeur…!

Autochtones, allochtones, allogènes… les vieux démons sont de retour!

« Le maire, c’est le chef de terre, donc seuls les autochtones devraient y avoir droit ». C´est l´une des perles de l´Honorable (sic!) Kouadio Konan Bertin (communément appelé) KKB Député de Port-Bouët à l´Assemblée Nationale de Côte d´Ivoire lors de la Campagne pour les élections locales à Diégonefla le 7 avril dernier.

Dans sa parution du 13 avril 2013, l´Intelligent d´Abidjan  rapporte les explications du Ministre Guikahué qui tente de dédouaner les propos de KKB mais s´enfonce avec lui dans ce bourbier ethnocentriste:

…. Il a dit que toutes les communautés se retrouvaient dans ce que Houphouët faisait. Il a évoqué la géopolitique. Et il est allé plus loin pour dire que les postes de députés étant une représentation nationale, que des communautés qui ont émigré vers d’autres cieux, si on dit de partager les postes de députés, lui n’y voit pas d’inconvénient. Cependant, il trouve que le maire étant le nom européen du chef du village. Alors il aurait souhaité, pour qu’il y ait la cohésion et l’harmonie dans la cité, que dans chaque zone, ce soit des propriétaires terriens qui gèrent la mairie pour éviter des frustrations. Il a dit que pour la libation, chaque peuple a sa façon de faire. Chez les Gouro, les Bété, les Baoulé, les Malinké etc. chacun a sa façon et sa période de libation. Et il a ajouté que “nous les Baoulé, nous avons beaucoup bougé à travers le pays. Nous sommes partout. Ce n’est pas parce que nous sommes nombreux à Oumé que nous allons revendiquer le poste du maire d’Oumé. Si nous prenons tous les postes, les Gouro ne vont pas vouloir faire la libation. Ils risquent même d’invoquer les mânes contre vous et tout ce que vous aller entreprendre va échouer”. Ce qui signifie pour lui que pour qu’il ait la cohésion sociale et le développement, il faut que ce soit un fils de la région qui soit maire, par contre pour les députations, tout le monde peut être député, parce qu’on n’est pas député d’une circonscription, mais de la Nation….

Pour rappel, KKB est militant du PDCI (Parti Démocratique de Côte d´Ivoire). Fils d´un couple mixte originaire de l´Ouest et du Centre de la Côte d´Ivoire.  Il est député de Port-Bouët ( Quartier d´Abidjan au Sud de la Côte d´Ivoire) élu sous la bannière RHDP ( Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix)  afin de favoriser la mise en oeuvre du Programme Vivre Ensemble du Président Alassane Ouattara.  Et l´écouter tenir de tels propos, m´écoeure et me révolte. C´est à croire, qu´il oublie le martyr que le Peuple de Côte d´ivoire  a  souffert durant ces dernières décennies. Si notre Honorable est à court d´arguments pour son candidat et/ ou son parti, qu´il arrête de tourner le couteau dans la plaie. Trop c´est trop!

On ne peut aspirer à Vivre Ensemble pour un construire une Nation émergente en tenant de tels propos.

Il n´ y a pas d´explication qui vaille à ces déclarations très graves qui émanent en plus d´un représentant du Peuple.

Une excuse publique de KKB et Guikahué s´imposent dans leur tentative d´expliquer l´inexplicable.

À  KKB, à Guikahué et tous ceux qui pensent ainsi de se référer aux articles 30 et 33 de la Constitution de Côte d´Ivoire:

Article 30

La République de Côte d’Ivoire est une et indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure à tous l’égalité devant la loi, sans distinction d’origine, de race, d’ethnie, de sexe et de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son principe est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.

Article 33

Le suffrage est universel, libre, égal et secret. Sont électeurs dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux ivoiriens des deux sexes âgés d’au moins dix huit ans et jouissant de leurs droits civiques et politiques.

Nulle part dans notre constitution, encore moins dans le Code Électoral Ivoirien , il n´est dit que les collectivités locales doivent appartenir à de soi-disant autochtones.

Ces replis sectariste et nanoidentitaire ( autochtone, allochtone, allogène) doivent être bannis de nos habitudes  si nous voulons réellement bâtir UNE NATION avec UNE IDENTITÉ.

Tel est mon coup de gueule sur cette campagne pour les élections locales où des candidats pataugent dans la gadoue.

 

Des promesses de nos candidats aux municipales et aux régionales….

Cela fait pratiquement plus d´une semaine que la campagne pour les élections régionales et municipales ont cours. C´est la course à la voix de l´électorat.

Les candidats (cumulards , non cumulards, novices dans l´arène)  à la Mairie et au Conseil Régional promettent:

– des routes bitumées,

– des écoles, dispensaires et hôpitaux dans chaque quartier,

– de l´eau potable,

– de l´électricité ( pourront-ils contre Délestron?)

– des emplois pour la jeunesse et les femmes,

– des marchés ultra-modernes,

– une commune sans ordures,

– des moyens de transports dignes de la commune et de la région,

– une mensualité aux autorités coutumières (sic),

– leurs carnets d´adresse pour le développement de la commune et de la région,

La liste est encore longue. A y voir de près, c´est tout un programme alléchant qui permettra d´améliorer la qualité de vie de la population.

Ces promesses me font sourire. En effet, combien de candidats savent le budget qui est alloué à la Mairie ou au Conseil Régional qu´il convoite? Quel est l´héritage laissé par le prédecesseur, s´il arrive que celui n´est pas réconduit?

Autant d´interrogations qui doivent amener nos potentiels candidats à être réalistes sur les promesses qu´ils font à leur électorat. Car nous ne voulons pas entendre les propos du genre:

– les caisses sont vides,

– nous devons apurer l´ardoise laissée par l´équipe précédente

– les ordures relèvent du ministère de la salubrité,

– c´est tel autre ministère qui gère les transports et tutti quanti

Souvenez-vous de vos promesses électorales, car si vous les oubliez nous vous les rappelerons.

Bonne semaine de campagne

Nous vous avons compris avaient-ils dit!

Telle était la phrase des partis politiques au vu des résultats du scrutin partiel des Législatives du 03 février dernier en Côte d´Ivoire. Que s´est- il donc passé pour que soudain les partis politiques ayant pris part au scrutin partiel disent à leur base qu´ils les ont compris?

Eh bien tout simplement, parce que les résultats proclamés par la Commission Électorale Indépendante ont vu la victoire de candidats indépendants aux dépens de ceux qui ont l´onction de leur parti politique respectif. Ces candidats indépendants ont fait fi du mot d´ordre de leur parti; car pour eux les critères de choix ne se fondaient sur aucune base consensuelle encore moins crédible. À la fin, ils ont bien eu raison de se départir de leur étiquette politique. Car les électeurs ont choisi des candidats indépendants pour siéger à l´Assemblée Nationale.

Nous avions donc pensé que la leçon avait bien été apprise par nos partis politiques. Car ils ont « confessé » nous avoir compris!

Pour les élections locales ( municipales et régionales) donc, nous nous attendions à ce que les listes de la base soient retenues par le parti politique.

La publication des listes des candidats retenus prouve encore une fois que la base est incomprise de la direction de son parti. Le scrutin partiel de février était un petit test. Ces élections locales constituent un test grandeur nature pour la direction des partis politiques en compétition.

Au soir du 21 avril, nous saurons qui de la base ou de la direction du parti aura compris l´autre.

Bonne campagne à tous et à toutes et que le meilleur gagne pour le développement de sa localité.

OBSERVATIONS SUR LE NON DE L´HONORABLE YASMINA OUÉGNIN GUESSEND aux modifications de la loi sur le mariage

S’il est vrai que la jeunesse soit un défaut, on s’en corrige bien vite.

Johann Wolfgang Von Goethe

 

 

J´ai été de ceux qui s´interrogeaient sur les raisons du vote  de l´Honorable Yasmina Ouégnin Guessend (je reviendrai sur cette signature) l´une des jeunes députés de la présente législature en Côte d´Ivoire. Le 21 novembre dernier, notre jeune député a voté NON lors de la séance plénière sur  la loi portant abrogation de l’article 53 et modifiant les articles 58, 59, 60 et 67 de la loi n°64-375 du 07 octobre 1964 relative au mariage, telle que modifiée par la loi n°83-800 du 02 août 1983.

Le samedi 24, le site d´information abidjan.net a repris la publication provenant de l´Assemblée Nationale  intitulée L`honorable Yasmina Ouégnin, à propos de la Loi relative au mariage: « Pourquoi j’ai voté Non ».

Je salue l´initiative de cette déclaration qui pourra clarifier l´opinion nationale en général et la jeunesse en particulier sur vote qui a surpris plus d´un surtout sur les réseaux sociaux.

Après lecture des raisons évoquées pour voter contre les modifications proposées par le gouvernement sur la loi du mariage, j´aimerais humblement par ce canal faire les observations suivantes: l´amalgame sur le concept de civilisation et une réflexion personnelle sur la fonction de député ainsi que son appartenance à un parti politique.

Cependant, afin de permettre une meilleure compréhension de cette contribution, il convient aux lecteurs de faire une incursion sur mon article précédent publié le 17 novembre dernier à travers ce lien[1] où je tente de répondre à trois interrogations sur quatre du Groupe Parlementaire du PDCI:

1. L’absence de chef de la famille ne va-t-elle pas entraîner la désintégration de la cellule familiale ?

3. L’absence de chef de la famille ne pose-t-elle pas de problèmes avec nos valeurs sociétales inscrites dans la Bible, le Coran, nos religions traditionnelles qui prévoient explicitement un chef ?

4. Enfin, l’absence de chef de la famille apporte-t-elle un réel avantage à la société, comme est censée le faire toute loi ?

Venons-en maintenant aux raisons de l´Honorable Yasmina Ouégnin Guessend.

En effet, notre Honorable indique d´une part que « Notre civilisation toute entière s’est construite autour de la notion de chef : Chef de famille, Chef de communauté ou de quartier, Chef de village, Chef d’entreprise,… Chef d’Etat et d´autre part qu´il lui « parait donc plus important et urgent de commencer par donner du sens à ces acquis en invitant l’exécutif à appliquer rigoureusement les lois déjà adoptées, avant de s’engager dans des combats futuristes pour des droits que les populations concernées n’ont pas encore revendiqués ».

Les dictionnaires que j´ai pu consulter et contraster (Le Larousse, le Petit Robert, Toupictionnaire (en ligne) etc.) donne deux sens au substantif « civilisation ».

Etymologiquement, civilisation provient du latin « civis » qui signifie citoyen.

Dans sa première assertion, une civilisation est l´ensemble des caractéristiques spécifiques à une société, une région, un peuple, une nation, dans tous les domaines: sociaux, religieux, moraux, politiques, artistiques, intellectuelles, techniques, scientifiques … les composantes de la civilisation sont transmises de génération en génération par l´éducation. Dans cette approche de l´histoire, il n´est pas porté de jugements de valeurs. Ce sens est alors proche de culture qui est l’ensemble des connaissances, des savoir-faire, des traditions, des coutumes, propres à un groupe humain, à une civilisation. On pourrait citer comme  exemples de civilisation la maya, la grecque, la romaine, l´arabe, l´égyptienne, et plus près de nous la civilisation mandingue, l´akan…

Cette définition se rapproche plus de « Notre civilisation toute entière s’est construite autour de la notion de chef : Chef de famille, Chef de communauté ou de quartier, Chef de village, Chef d’entreprise,… Chef d’Etat.

Or il me revient que toutes les civilisations ne se sont pas construites autour de la notion de chef. En effet, il convient donc de faire remarquer qu´il existe dans l´histoire des civilisations, des peuples qui ne se sont pas construits autour de cette notion (celle de chef). Ces peuples ont une organisation acéphale c´est-à-dire « sans tête » ou sans chef. Le peuple Lobi (de Côte d´Ivoire, du Burkina Faso et du Ghana) est un exemple d´ organisation acéphale. Les publications de Madeleine Père sur le peuple Lobi vous édifieront sur le sujet (bref, là n´est pas notre propos).

À partir du moment où les composantes de la civilisation, dans sa première définition, sont transmises de génération en génération par l´éducation, notre Honorable ne peut se soustraire du fait que notre civilisation (dans toutes ses composantes) à laquelle elle se réfère n´est constituée que des us et coutumes de la soixantaine d´ethnies qui peuplent la Côte d´Ivoire. La vie en couple de deux personnes de la même ethnie n´a pas toujours aisée du fait de plusieurs paramètres (personnalité des parties, éducation, vie sociale etc.); si à cela, il faut ajouter les mariages mixtes établis d´une part entre ivoiriens ( de groupes ethniques différents) et d´autre part entre un(e) ivoirien(ne) et une autre personne de culture différente (ethnie, pays, continent) la tâche n´est pas toujours aisée. Ce qui nous emmène à parler du deuxième sens de la civilisation.

Dans sa deuxième assertion, la civilisation désigne l’état d’avancement des conditions de vie, des savoirs et des normes de comportements ou mœurs (dits civilisés) d’une société. La civilisation qui, dans cette signification, s’emploie au singulier, introduit les notions de progrès et d’amélioration vers un idéal universel engendrés, entre autres, par les connaissances, la science, la technologie. La civilisation est la situation atteinte par une société considérée, ou qui se considère, comme « évoluée ». Cette deuxième définition sied le mieux aux propos ci-dessous de notre Honorable qui invite « l’exécutif à appliquer rigoureusement les lois déjà adoptées,avant de s’engager dans des combats futuristes pour des droits que les populations concernées n’ont pas encore revendiqués ».

D´ailleurs, la société ivoirienne actuelle est une société où le mariage a permis d´avoir des citoyens « riches » de par le mariage. En effet, il est aujourd´hui très courant de rencontrer en Côte d´Ivoire des familles mixtes (une étude statistique des mariages en Côte d´Ivoire pourrait corroborer mes propos à moins de faire une incursion au sein de soi-même sa famille).

Les normes de comportements (nous ne parlons plus d´us et de coutumes) c´est-à-dire les lois sont celles qui permettront à notre cher pays d´aspirer à l´égalité entre Toutes et Tous comme le PEUPLE SOUVERAIN DE COTE D´IVOIRE dans sa grande majorité en 2000 a décidé lors du référendum pour la révision de la CONSTITUTION en son article 2: Tous les êtres humains naissent libres et égaux devant la loi. Autrement dit en 2000 déjà, les populations concernées c´est-à-dire les femmes ainsi que les hommes et les jeunes des deux sexes ont voté pour l´égalité devant la loi. Les modifications proposées à la loi sur le mariage n´aspirent qu´au progrès et à l´idéal universel. Car, nous sommes maintenant dans une société où la femme comme vous d´ailleurs travaille, et apporte sa contribution à la gestion et à la vie de la famille. Et cette loi n´est qu´une reconnaissance écrite. Les femmes juristes ont d´ailleurs fait une déclaration sur les retombées positives de cette proposition de loi sur le mariage.

Le dernier point qui n´est qu´une réflexion personnelle porte sur la fonction du député et son appartenance à un parti politique.

Pour l´Honorable Yasmina Ouégnin Guessend « une part du travail législatif consiste à analyser les projets émanant de l’exécutif et à y apporter les correctifs que les élus du peuple jugent utiles et nécessaires à la satisfaction de l’intérêt de la nation qu’ils représentent. La fonction parlementaire serait ainsi vide de tout contenu si les députés se contentaient d’enregistrer, sans critiques et sans propositions, les projets du gouvernement ».

Quelles analyses avez vous faites de ce projet de loi sur le mariage, avant de voter NON? Savez-vous que cette proposition de loi sur le mariage résulte de la ratification le 18 décembre 1995 par l´État de Côte d´Ivoire (gouverné à cette époque par le PDCI) de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF)? Où la Côte d’Ivoire s’est engagée à mettre les dispositions contraires de sa législation nationale en conformité avec les principes défendus par cette Convention?

Vous indiquez par ailleurs certains députés issus du PDCI et de l´UDPCI sur la base de leur expérience et de leur connaissance de la Nation Ivoirienne, ils ont estimé que l’article 58, sur les rôles et responsabilités des conjoints devait être amendé. De quelles expériences et de connaissances de la Nation Ivoirienne parlons-nous? La connaissance des Civilisations de la Côte d´Ivoire (cf. la première définition de Civilisation) ou la connaissance de la Civilisation de la Nation Ivoirienne (cf. deuxième définition de Civilisation)?

Sauf erreur ou omission de ma part, la déclaration du 13 novembre dernier, que le Groupe Parlementaire PDCI auquel vous appartenez a publié, s´interrogeait sur le sens numéro 1 de Civilisation c´est-à-dire nos cultures en Côte d´Ivoire alors que le projet de Loi sur le mariage ne parle que de loi c´est-à-dire la recherche du progrès et de notre idéal d´égalité entre êtres humains autrement dit le sens 2 de la définition que nous avons expliquée antérieurement.

Si la fonction du Député est la défense des intérêts du citoyen par le vote des lois, l´écoute de celui-ci à des moments importants de la vie de la Nation, lui permettrait de contraster les avis et faire un choix juste. Nous encourageons nos hommes politiques à nous lire de temps en temps sur les réseaux sociaux, un moyen facile d´accès au citoyen, afin d´être en phase avec ceux qu´ils représentent. Le président de notre Assemblée Nationale (cf. Guillaume Soro) ne nous dira pas le contraire. Encore moins, certains ministres présents sur la toile (cf. Ministre Lobognon). Ou à tout le moins, écouter des sachants de leur parti politique respectif.

L´Honorable député dit avoir « été bien entendu élue sous la bannière d’un parti politique, avec lequel je partage des aspirations et une vision communes pour le développement de notre société, mais mon mandat relève du Pouvoir Législatif et c’est dans ce cadre que mon action s’inscrit ».

Et continue en indiquant que « Je ne saurai, et ne pourrai, donc me soustraire à mon engagement, en reniant mes propres valeurs et convictions »

Il est bon de rappeler que le PDCI est membre du RHDP, la coalition de partis politiques qui est au pouvoir en ce moment et dont le programme de gouvernement est en application jusqu´en 2015. Ce programme « Vivre ensemble » a été actualisé avant le deuxième tour des élections présidentielles en Côte d´Ivoire. Appartenir donc à un groupe c´est partager cette vision et cet engagement.

Aussi est-il bon de rappeler que vous devez ici et maintenant mettre votre rôle d´élue du peuple à profit pour, « nuit et jour » et en « âme et conscience », veiller au respect des lois déjà existantes (en faveur de la protection de la femme et de l’enfant notamment sur les violences conjugales, les mutilations génitales, le droit à l’éducation et à la santé, le travail et l’exploitation des enfants, le trafic d’enfants et les enfants soldats) en rapport avec la femme et l´enfant et participer activement à l´éducation de ces couches de concert avec les ONG spécialisées.

Pour terminer, je relève un élément anecdotique mais qui me paraît pertinent: la signature Yasmina Ouégnin Guessend. En effet, cette signature va contre l´article 57 de la LOI N° 64-375 DU 7 OCTOBRE 1964,RELATIVE AU MARIAGE, MODIFIEE PAR LA LOI N° 83-800 DU 2 AOUT 1983. En effet, l´article 57 stipule que la femme a l’usage du nom du mari. Autrement dit notre Honorable aurait dû signer Yasmina Guessend.

Les cas de porter deux noms sont propres à l´Espagne et certains pays d´Amérique Latine où le premier nom est celui du père, et le second celui de la mère. Un hispanique qui lit votre identité dira que vous être Yasmina fille de père Ouégnin et de mère Guessend.

Votre signature serait-elle un pas vers le progrès en permettant à nos enfants d´avoir le nom des deux parents comme les pays hispaniques? Ce serait une avancée à laquelle je souscrirais.

Chère Honorable et cadette, telle était ma réponse aux motivations de votre NON car comme Paul Valéry disait « L’histoire, je le crains, ne nous permet guère de prévoir, mais, associée à l’indépendance d’esprit, elle peut nous aider à mieux voir. » (cf. Variété IV page 139)

Citoyennement,

AFFAIRE DE CUMUL DE MANDATS EN COTE D´IVOIRE ACTE 2 : UN MAL PERNICIEUX

….En tout état de cause, en ma qualité de Ministre en charge du service civique, quand bien même je ne soutiens pas l’initiative #NonauCumul entretenue en Côte d’Ivoire par des jeunes qui veulent voir leur pays avancer rapidement vers l’émergence, je salue ici leur courage. Par leurs voix, ils aspirent et encouragent les aînés à la pratique de la bonne gouvernance. Mais, je les invite à retenir que le cumul des mandats est loin d’être une addiction à la gourmandise politique. C’est un mal nécessaire à l’équilibre de nos cités. Ainsi se terminait la contribution du Ministre Lobognon sur le #NonauCumul lancé sur twitter il y a quelques jours.

Dans un post précédent « Affaire de cumul en Côte d´Ivoire », je mentionnais la responsabilité de l´électorat dans le cumul des mandats électifs des élus. En effet, pour qu´il y ait cumul de mandats électifs, trois conditions doivent être réunies :

–          Un électeur

–          Un candidat au cumul,

–          Et l´environnement qui généralement n´est pas pris en compte dans l´analyse.

« Affaire de cumul en Côte d´ivoire » parlait de l´électeur. Le présent papier sera basé sur le candidat au cumul et l´environnement ( sa circonscription, sa région etc..)

1. Le candidat au cumul :

Je me réjouis de lire dans les contributions du Président de l´Assemblée Nationale (PAN) de Côte d´Ivoire et le Ministre Lobognon qu´ils n´entendent pas faire du cumul quand bien même la CONSTITUTION ivoirienne assure à TOUS et à TOUTES des DROITS inaliénables.

J´apprécie leur sens d´ouverture d´esprit  et d´acceptation de débats contradictoires sur les réseaux sociaux et par blog interposé. Car, qui aurait pensé échanger avec le Président de l´Assemblée Nationale de son pays et avec un Ministre dans notre pays ? Ils se sont APPROPRIÉS (un terme sur lequel nous reviendrons dans un futur post) les TIC et cela leur permet de prendre le pool des préoccupations et/ou inquiétudes de leurs concitoyens.  Et leur permet également de jauger la pertinence des observations qui sont souvent faites. C´est cela l´avantage des réseaux sociaux spécialisés comme twitter ou blogs.

Pour en revenir donc au candidat au cumul, à l´opposé des « cumulophones » qui estiment que le cumul n´est pas un frein à l´expression de la Démocratie, je dirais que le cumul est un mal pernicieux de/pour notre Démocratie.

S´il est avéré que la « répartition de mandats électifs entre cadres d´une même localité a plus souvent renforcé les haines qu´il n´a permis à ladite localité de sortir de la précarité à cause des guerres de tranchées entre lesdits élus » comme l´indiquait le Ministre Lobognon, nos politiques ne sont pas, alors pas du tout, encore prêts à exercer la fonction politique dans notre Démocratie. Ces élus politiques connaissent-ils réellement le projet de société de leur parti politique ? Connaissent-ils réellement les attributions de la fonction qu´ils exercent ? Entrent sincèrement dans l´arène politique pour servir les autres citoyens? L´objet de ce post n´est pas répondre à ses interrogations. Et les exemples sont légion.

Rappelons que le député a un mandat national alors que le maire ou le Conseiller Général (ou maintenant le Conseiller Régional) a un mandat local. Le député ne peut donc exercer sa fonction sur la plate-bande du Maire encore moins du Conseiller Général. Et c´est ce à quoi nous avons assisté et continuons d´assister jusqu´à ce jour.

Notre appel au non-cumul des mandats électifs et/ ou nominatifs favoriserait aux futurs candidats de prendre conscience de leurs attributions et de ne se limiter qu´à cela. Il serait d´ailleurs bien pour eux de ne pas promettre ce que leur fonction ne leur permet de faire. Par exemple, un député qui promet de construire des routes, des ponts, des collèges sic à ses électeurs. Maintenant, si le député estime qu´il a un carnet d´adresses qu´il peut mettre au service de l´Equipe Municipale ou du Conseil Régional élu de sa circonscription dans la recherche de financements additionnels au financement de projet de développement local, cela serait le bienvenu.

Notre engagement est un appel au non cumul des mandats électifs/ nominatifs du citoyen (électeur et potentiel candidat à un mandat électif, sympathisant ou membre de partis politiques). Cela peut également s´appliquer aux partis politiques. Car les partis politiques ne sont pas des créations ex-nihilo, mais plutôt la résultante de l´existence de notre État ; auquel chaque parti politique aspire à gouverner un jour. Aussi devront-ils commencer la réflexion en interne car lors des dernières législatives, il y a déjà eu des grognes de la part des jeunes et des femmes lors du choix des candidats aux élections législatives précédentes au sujet de leur représentativité au niveau du parti. Nous n´inventons rien de nouveau ! Par ailleurs, l´électorat ivoirien n´est pas seulement constitué de militants de partis politiques mais aussi ou de citoyens sans parti politique qui ont le droit d´exercer sa citoyenneté dans le choix des candidats aux différentes élections. C´est cela le peuple souverain: un peuple divers, différent et complexe.

D´ailleurs, il n´y a pas si longtemps nous décrions « le parti des professeurs » qui après avoir acquis le pouvoir d´état, a délaissé craie, amphis et salles de TD pour se consacrer à la politique. Résultat : une université en déliquescence, des étudiants qui n´ont pas reçu à une formation académique adéquate et capable de mettre en pratique leur programme de gouvernement : la REFONDATION. Je parie que certains parmi ceux qui liront ce post s´y retrouveront car ils sont les seuls à savoir le calvaire qu´ils ont dû endurer pour faire terminer une soutenance de maîtrise ou encore un doctorat. non sans parler des programmes qui n´ont pas été achevés.

Si on applique à nos communes et régions où les mandats électifs sont cumulés par la même personne, eh bien, il se trouve que dans leur grande majorité ils résident tous à Abidjan la Capitale économique de la Côte d´Ivoire. Ils ne sont pas réguliers sur le terrain pour prendre le pool de la vie quotidienne de leur ville. Les réunions de Conseil Municipal ou Conseil Général sont délocalisées à Abidjan (ne trouvons pas l´excuse de la guerre, car après cette période, des réunions ont continué à se tenir hors de la ville). Combien de résidents de communes ont une fois rencontré leur maire pendant leur mandat de 5 ans? A-t-il exécuté totalement les promesses qu´il a faites lors de la campagne? A-t-il pu lier des contacts privés pour le développement de sa localité? Le bien-être des habitants de la commune a-t-il connu une amélioration? Bref!

Quelle est cette VISION du candidat ADO aux élections présidentielles qui lui a permis d´être élu? Le « VIVRE ENSEMBLE ». Dont la matérialisation passe par l´application du PND 2012-2015 afin d´être un pays émergent à l´horizon 2020.

Et si je ne m´abuse, tant le Président de la République Alassane Ouattara comme le Président de l´Assemblée Nationale Soro Guillaume, lors des missions à l´étranger, et leurs rencontres avec la Communauté Ivoirienne de l´Étranger ne cessent de demander à tous et à toutes (diplômé(e)s et/ ou travailleurs/ travailleuses) de rentrer  en Côte d´Ivoire afin de mettre leurs expériences et expertises au service du développement de la Côte d´Ivoire. Car le pays a besoin de TOUS SES FILS ET DE TOUTES SES FILLES. Les défis sont tellement importants et immenses que le Président ne peut, à lui tout seul, le réaliser encore moins, ceux qui résident régulièrement en Côte d´Ivoire. Cela nous permet d´aborder notre environnement: la Côte d´Ivoire. Parlons-en.

2. L´environnement: la Côte d´Ivoire d´aujourd´hui

La Côte d´Ivoire d´aujourd´hui est-elle préparée pour le non-cumul aux mandats électifs/ nominatifs ?

OUI. Cependant, les pessimistes me rétorqueront que les grandes nations (Etats Unis, France, Grande Bretagne, Allemagne) ne se sont pas construites en très peu de temps. Ce qui est vrai et je le leur concède. À l´opposé, je leur donnerai l´exemple de la Corée du Sud qui vers la fin des années 70 avait le même niveau de développement que la Côte d´Ivoire. Mais aujourd´hui, la Corée du Sud est un pays développé. Ou encore le Japon qui après la seconde Guerre Mondiale a entrepris des progrès très importants en moins d´un siècle pour placer le pays au rang où il se situe actuellement. Quand à notre cher pays …..

La Côte d´Ivoire de ce millénaire à une chance inouïe de brûler les étapes des nations suscitées. En effet, dans ce monde si liquide où rien n´est statique mais dynamique, notre très cher pays bénéficie d´une jeunesse en perpétuelle quête du savoir et de connaissance, qui lui permette de s´affirmer tant sur le plan personnel que professionnel. Cette jeunesse ne demande qu´on lui fasse confiance, qu´on l´écoute et qu´on lui donne l´opportunité de pouvoir s´épanouir. Si au sommet de l´État, le Président de la Côte d´Ivoire l´a démontré et continue de le démontrer en faisant confiance à des jeunes talents. Il appartient aux autres citoyens de suivre cet exemple afin de rechercher cette efficacité et cette efficience qui jusque là nous fait défaut. Le pays regorge de richesses naturelles et humaines qu´il faut savoir mettre en valeur afin d´apporter une valeur ajoutée à ce que nous avons et donner une qualité de vie meilleure et un bien-être à nos concitoyens.

Le partage, la délégation de pouvoir n´est pas une faiblesse mais plutôt un signe d´humilité et de grandeur co-construction du bien commun.

En plus, la Côte d´Ivoire d´aujourd´hui a la chance d´avoir une jeunesse formée et préparée qui peut répondre aux défis futurs du pays dans le concert des nations.

En définitive, si nous partageons la vision du TRIOMPHE DE L´ÉLEPHANT, alors nous devons dire non au cumul des mandats électifs et/ou nominatifs en Côte d´Ivoire sinon les autres scenarii  (je touche du bois) risquent de se présenter à nous à l´heure du bilan.

La Côte d´ivoire qui nous « manipule » et nous « passionne » nous permettra de continuer notre croisade du #NonauCumul car nous sommes conscients que la marche sera longue et ardue.

Citoyennement,

Désinformation, propagande et lavage de cerveau : Méthodes de manipulation de groupements politiques de la population ivoirienne!

« À chacun son petit français », « la Côte d´Ivoire est attaquée par les forces étrangères», « jamais ADO sera président de la Côte d´Ivoire » « si un étranger arrive au pouvoir, il vous arrachera toutes vos terres », « c´est un plan orchestré pour installer les étrangers sur les terres et en exproprier les autochtones », les « prophéties » de Malachie ou la fameuse guerre de 77 jours. Tels sont des extraits de déclarations entendues et lues de « leaders de jeunes », de personnalités politiques et de groupements politiques légalement constitués qui ont dirigé, et continuent de « participer » (à leur manière bien entendu) à la vie politique en Côte d´Ivoire.

Ces déclarations ne sont pas du tout fortuites. Il s´agit d´usage de stratégies de persuasion combinées à des techniques de coercition dont l´objectif est d´agrandir leur pouvoir ou étendre leur domination et créer la psychose sur les autres.

La situation sociopolitique de la Côte d´Ivoire mérite qu´on s´attarde sur ce phénomène dont l´objectif est le changement ou la transformation des personnes à travers une action clairement induite depuis l´extérieur : c´est la persuasion et/ ou la persuasion coercitive ou le « lavage de cerveau » pour le profane. Nous entendons régulièrement dire qu´ « un tel est manipulé », ou qu´ « il s´agit d´une manipulation grotesque » etc.…. D´ailleurs, une illustre personnalité pour justifier une décision antérieure avait même déclaré qu´ « il était possédé par Satan ». En effet, les Vénérables Maîtres, Guides Suprêmes, « Prophètes » et autres satans  ont remis le couvert.

Comme le disaient si bien Andersen et Zimbardo (1984, 197-198), « même dans des aspects mondains de notre vie, il existe un contrôle mental effectif ». Ainsi donc, nous, les citoyens, sommes dans une certaine mesure continuellement influencés et contrôlés dans notre vie ; surtout les réseaux de communication (télé et presses publics et/ou privés) qui permettent d´exacerber cette situation par leurs productions audiovisuelles et écrites. Les réseaux sociaux ces dernières années constituent également un puissant moyen de propagande et de désinformation.

Le lavage de cerveau n´est rien d´autre qu´une forme de rééducation de la pensée, ponctuée de perpétuelle guerre psychologique contre l´autre partie. Les événements de cette décennie, nous ont montré comment l´utilisation de ces techniques de « lavage de cerveau » dans la « captation » des membres et leur affiliation ont déchu notre société des valeurs morales et d´humanisme qui la caractérisait dans la sous- région et dans le monde.

En effet, au nom de la « Patrie », de la « Souveraineté » et que sais-je encore, des Groupes d´Autodéfense, de Jeunes Patriotes, de milices et autres Agora se sont créés et faisaient la loi au vu et au su des autorités gouvernementales dans la zone sud du pays après septembre 2002. De sorte qu´ôter des biens, la vie humaine au nom de la « Patrie » ou de la « Souveraineté » était devenu un jeu d´enfant pour ces personnes. À la faveur de la crise postélectorale, des choses atroces se sont passées dans ce pays et certains y sont allés jusqu´à créer le fameux « article 125 ». Youtube foisonne de vidéos d´atrocités qui ont été commises pendant cette période. Cette première quinzaine du mois d´août a vu resurgir des actions d´attaques perpétrées par des « inconnus » préparant un « certain match retour » un autre nom de la bêtise humaine MADE IN CÔTE D´IVOIRE.

Il est bon de savoir comment des personnes dotées de toutes leurs facultés mentales et psychiques ont pu et/ou peuvent être influencées par les utilisateurs des techniques de persuasion coercitive, jusqu´à commettre des actes ignobles, inimaginables en Côte d´Ivoire.

En principe, il n´y a pas de profil définitif de personnalité qui permette de préjuger qu´Un Tel sera membre d´une milice, un groupe d´autodéfense ou d´un Agora ou pourrait être l´objet dune quelconque « prophétie » ou manipulation. Cependant, on pourrait parler de traits caractéristiques, d´un ensemble de tendances ou des facteurs de prédispositions qui font qu´un sujet soit vulnérable à une influence externe, et spécialement aux systèmes de persuasion et de manipulation exercés par des personnes, personnalités et/ou groupements politiques.

Dans ce tableau descriptif, nous reprenons certains facteurs essentiels de vulnérabilité. Ils constituent le fait que des personnes se laissent « séduire » par le processus de captation et de « conversion ». Une catégorisation qui permet d´évaluer l´abus psychologique comme le lavage de cerveau et les stratégies de persuasion qui sont mises en place dans des groupes humains.

1         Isolement

1.1  Isolement de la famille

1.2  1solement des amis et du réseau d´appui social

1.3  Isolement du travail, des études et des loisirs

1.4  Isolement dans un autre lieu de résidence

2        Contrôle et manipulation de l´information

2.1  Manipulation de l´information

2.2 Manipulation du langage

 

3        Contrôle de la vie personnelle

3.1  Contrôle- abus de l´économie

3.2  Contrôle des activités et de l´usage de son temps

3.3  Contrôle-inspection du comportement

3.4  Contrôle des relations affectives et de la vie sexuelle

3.5  Contrôle- Affaiblissement de l´état psychophysique

3.6  Contrôle sur la propre vie

4         Abus émotionnel

4.1  Activation intéressée des émotions positives

4.2  Exigences d´engagement affective et enthousiaste

4.3  Méprise, humiliation ou rejet

4.4  Manipulation du sentiment de culpabilité

4.5  Induction à la confession de conduites, pensées et sentiments « déviationnistes »

4.6  Accord du pardon

5        Endoctrinement à un système de croyance absolue et maniquéenne

5.1  Reconstruction négative du propre passé et de sa propre identité

5.2  Dénigrement de la pensée critique

5.3  Exigence d´une pleine identification avec la doctrine et son application

5.4  Imposition de la doctrine au dessus des personnes et des lois

5.5  Glorification de l´endogroupe et refus envers l´exogroupe

6        Imposition d´une unique autorité et extraordinaire

6.1  Imposition d´une autorité absolue

6.2 Implantation d´une croyance aux qualités spéciales du leader

Catégorisation-guide pour l´évaluation d´un abus psychologique dans un groupe

Ces catégorisations peuvent être subdivisées en deux groupes : le premier groupe est constitué des trois premiers types renferment l´isolement, le contrôle de l´information et les autres contrôles de la vie quotidienne. Les trois autres types, qui sont de caractère personnel : les émotions, les cognitions (les connaissances) et le comportement, constituent le second groupe. Rappelons que ces catégories interagissent entre elles et ne sont pas du tout exclusives.

Voyons dans la pratique comment une frange de la population ivoirienne a vécu cet abus psychologique en toute règle.

Avant la crise de 2002, le leader du FPI, alors parti d´opposition, disait qu´avec 10 milliards tous les problèmes de l´Université seraient résolus. Les jeunes d´alors (étudiants y compris) avaient cru en ce parti, surtout qu´on préférait un civil à un militaire (lors des présidentielles de 2000).

Puis arrive 2000 et ses « élections jugées calamiteuses », les deux premières années aucun des problèmes de la jeunesse comme celui de l´Université n´a pu être résolu que survint la crise de 2002.

Tout le programme de gouvernement est mis en berne. Il faut défendre la « Patrie » et la « Souveraineté » du pays. De qui ? Eh bien, défendre la « Patrie » et la « Souveraineté » contre d´autres ivoiriens qui ont pris les armes pour revendiquer leur citoyenneté ivoirienne mise à mal par des groupements politiques.

Un appel est lancé pour empêcher les autres de s´approprier notre pays. Qui sont ceux qui répondent à l´appel ? Notre jeunesse, en majorité estudiantine et/ou sans emploi. Certains laissent leurs études en Europe pour venir organiser ceux qui sont en place et les galvaniser. Chanteur, ancien international sportif, étudiants, « sorbonnards » (ceux de Cote d´Ivoire) se reconvertissent en « leaders de jeunesse ». On assiste alors à la création de mouvements patriotiques, de groupes d´autodéfense, de front de libérations et autres Agora. Pour mieux canaliser toute cette énergie débordante et savoir l´utiliser. On procède, à des recrutements sur des bases subjectives, puis ces jeunes sont confinés dans des espaces où ils subissent un isolement afin de procéder à une rééducation de leur pensée. Ils quittent famille, amis, études, maisons ou autres emplois pour défendre la « Patrie ». Cette rééducation de la pensée passe par manipuler (tronquer) l´information qu`ils reçoivent de la crise vécue. Et formater leur langage. Dans ces espaces également, un travail de contrôle régulier est fait afin de vérifier si la vie personnelle est conforme à l´enseignement qu´ils y reçoivent. Il fut un temps, où nous les voyions dans les rues de nos villes, faire des exercices physiques sous l´instruction de « militaires » pour être prêt à défendre le pays « les mains nues ». Dans certains groupes dits d´autodéfense, on leur apprend même l´usage et le maniement des armes. D´ailleurs, ils ont eu maille à partir avec des populations riveraines (220 Logements à Adjamé, Yopougon etc.)

Puis survint que l´Université décide d´augmenter les frais d´inscription à cinquante mille francs au lieu de six mille. Les producteurs de café et cacao mettent à la disposition de la Présidence de la République d´alors un fond afin de prendre en charge une partie de ces frais d´inscription. Jusqu´à ce jour, nul ne sait la destination de cette somme d´argent. Mais pendant ce temps, la FESCI mouvement estudiantin prend faits et causes pour le pouvoir d´alors et constitue une milice en puissance prête à défendre le pouvoir d´alors. Les actes de défiance à leurs maîtres sont connus sans compter la violence qu´ils font subir à leurs camarades étudiants ne partageant pas la même opinion.

D´ailleurs, après la crise postélectorale, la décision de fermeture des universités par l´actuel gouvernement n´a pas été du tout vu d´un bon œil par l´ancien pouvoir. Car cela représentait une perte humaine importante avec la fermeture de toutes les cités universitaires. Une certaine presse annonçait la clochardisation de ces étudiants. Les images récentes des travaux de réhabilitation de nos Universités disent le contraire de cette « prophétie » que cette presse avait annoncée tantôt.

Ensuite, nous avons noté comment des « guides religieux » ont continué l´instrumentalisation d´une autre frange de la population dans leurs « temples » et/ou « mosquées » en présentant l´un comme béni de Dieu, envoyé de Dieu et les autres qui seraient l´envoyé du Diable ou les pions de l´étranger.

En effet, cette diabolisation de l´Autre participe de l´endoctrinement et tout acte contraire à ce qui est appris est considéré comme une trahison.

Ne disposant plus des moyens d´État tels la Télé ou la Radio, cette désinformation, cette propagande et ce lavage de cerveau ont pris une dimension différente avec l´avènement des réseaux sociaux alors que le gouvernement actuel est entrain de faire des mains et des pieds pour rétablir une base saine permettant le développement et la réalisation de tout un chacun. Il n´y n’a de jour où le gouvernement actuel ne reçoive pas de critiques non constructives. Certes il faut faire des critiques mais que celles-ci servent à rectifier ce qui est et améliorer ce qui est entrain d´être fait.

Dans un prochain billet, nous allons tenter d´ébaucher des pistes pour faire front à ce lavage de cerveau qui détruit notre jeunesse, la famille et la société ivoirienne car cette méthode de faire la politique sur le dos de la population est révolue.

Faire la politique autrement c´est faire bénéficier à tout le pays, les retombées de son programme de gouvernement et non qu´une minorité s´embourgeoise au détriment du peuple.

Citoyennement,

Qu´est-ce qu´un citoyen qui doit faire la preuve, à chaque instant de sa citoyenneté?

Qu´est-ce qu´un Citoyen qui doit faire la preuve, à chaque instant de sa citoyenneté? s´interrogeait le sociologue français Pierre Bourdieu.

Il y a quelques jours, j´initiais une nouvelle rubrique dans mon blog intitulée « Ma Lucarne Citoyenne » avec trois billets introductifs de concepts clefs qui faisait de quelqu´un citoyen/ citoyenne d´un pays ou d´une Nation. Ces trois concepts clefs (pour une définition succincte, vous pourrez accéder avant de revenir à cet article ci) qui donnent le statut de citoyen sont:

– la citoyenneté,

– le civisme et

– la civilité

Ces dernières  semaines, l´actualité de notre chère patrie est en grande partie composée d´attaques lâches perpétrées de part et d´autre de nos frontières Est-Ouest de même qu´en interne ( les attaques de Duekoué, Abengourou et Agboville). Cependant, l´attaque la plus médiatisée est celle des postes de contrôle du Camp Militaire d´Akouédo à Abidjan ( le plus grand camp de la Côte d´Ivoire).

Alors que le pays devait recevoir la compassion de son peuple et venir à son chevet pour tenter de résoudre ce problème, des personnes et/ou de groupes de personnes régulièrement constituées y ont trouvé un moyen de s´adonner à leur pratique favorite: la danse de sorciers dont elles sont seules détentricent de la chorégraphie et de la partition.

D´une part, celles-ci s´adonnent à coeur joie dans la narration de ces attaques comme s´ils s´agissaient de journalistes de guerre. En mon humble connaissance, la Côte d´Ivoire ne compte pas de journalistes de guerre. D´où vient-il donc que ces personnes décrivent habilement les attaques et la supposée progressions des troupes ennemies dans la prise des différentes villes cibles. Ils s´en jactent même en vantant le mérite de ceux qui ont pris les armes contre leur pays.

D´autre part, une illustre personnalité qui se définirait comme une autre alternative politique et qui a antérieurement joué un rôle de premier plan a eu l´ »audace » de trouver une justification à la fragile situation sécuritaire de la Côte d´Ivoire en catégorisant les éventuels fauteurs de troubles en trois groupes:

– le premier groupe serait des EX-FRCI déçus et frustrés, 

– le second groupe identifié comme dangereuse est constituée supplétifs issus des jeunes combattants recrutés à tout va au moment où il a fallu que les FN se préparent à la bataille d’Abidjan et,

– le dernier groupe à risque est composé personnes issues des groupes d’autodéfense et autres miliciens de l’ancien régime.

Il est à noter que dans cette classification subjective en aucun moment apparaît la liste des militaires et autres partisans politiques de l´ex président qui se sont retrouvés hors du pays,et/ ou qui résident en Côte d´Ivoire et ne perdent aucune occasion pour dire que le pouvoir actuel « va chuter à tout moment ». D´ailleurs, des « prophéties » ont été abondamment relayées annonçant le déluge sur la Côte d´Ivoire au grand bonheur des partisans du président déchu.

À l´opposé de ce groupe non citoyen, incivique et incivil, il y a un autre groupe de citoyens qui fait la preuve à chaque instant de leur citoyenneté. En essayant, selon les moyens dont ils disposent, de rétablir la quiétude et la sécurité dans notre pays. Ces moyens sont essentiellements leurs écrits et leurs convictions qu´ils communiquent sur les réseaux sociaux, principalement twitter. C´est le lieu de leur adresser la reconnaissance de l´État dans leur élan quotidien de réduire les manipulations, les désinformations, le lavage de cerveau et autres rumeurs qui y sont véhiculés par les non citoyens, inciviques manquants de civilités.

Notre PAN, Guillaume Kigbafori Soro, par ses actions quotidiennes, son engagement au côté du PR , du Haut Commandement militaire et du gouvernement, tente d´apporter son expérience et son expertise dans le cadre d´un règlement définitif et durable de la sécurité sur le territoire ivoirien. Nous l´avons vu suite à l´attaque des postes de contrôle d´Akouédo. Puis plus tard, l´audience qu´il a accordé au Ministère de l´Intérieur Hamed Bakayoko.

Il ne pouvait en être autrement car il s´agit de la deuxième personnalité du pays et, qui plus est, élu du peuple et Président de l´Institution qui légifère, vote les lois de la Côte d´Ivoire. Et veuille donc à son application. Quoi de plus normal que ce citoyen civique et de civilité par l´exemple soit à la manoeuvre avec les moyens que lui confère la loi afin de tranquiliser ceux qu´il représentent à la tête du Parlement: la population ivoirienne sans exclusive.

Ses actions, au lieu de bénéficier du soutien unanime et sans équivoque de tous, sont entrain d´être remises en question par des motivations dont seuls les initiateurs connaitraient les tenants et aboutissements desdites manoeuvres.

C´est le lieu d´interpeller chacun et chacune de nous. Certes, l´un des rôles régaliens de l´Etat est d´assurer la sécurité des biens et des personnes (citoyens et résidents) de la Côte d´Ivoire, mais il est aussi du devoir du citoyen de permettre l´applicabilité de ce rôle régalien dans la stricte application de l´article 9 de notre Constitution qui stipule que:

« la liberté de pensée et d´expression, notamment la liberté de conscience, d´opinion religieuses ou philosophique sont garanties à tous, sous la réserve du respect de la loi, des droits d´autrui, de la sécurité nationale et de l´ordre public.

Autrement dit, si cette liberté de pensée et d´expression s´est muée en libertinage de pensée et d´expression pour ces personnes et groupes de personnes qui attaquent notre pays et ses institutions, alors le respect de la loi, des droits d´autrui, de la sécurité nationale et de l´ordre public s´appliqueront,  n´en déplaisent aux donneurs de leçons ou autres organisations dites civiles qui en ce moment sont muettes comme des carpes et observent une loi d´omerta sur les agissements de ces personnes. Mais après feront ressortir le refrain de « justice des vainqueurs »

Si tu penses être citoyen (e), rappelle-toi que tu ne l´es pas à cause de celui ou celle qui est au pouvoir, mais plutôt citoyen(e) de Côte d´Ivoire : pays qui a des lois envers lesquelles nous avons des devoirs et des droits, que nous devons respecter, et avoir du respect envers l´autre selon les lois, les normes et les coutumes qui régissent notre pays.

Citoyennement,

La Civilité

Dans les précédents billets introductifs de Ma lucarne citoyenne, je me suis attelé à définir de façon succincte les concepts de citoyenneté et de civisme. L´un des éléments distinctifs du civisme était la civilité. Troisième concept objet du présent billet

Du latin civilitas, sociabilité, courtoisie, lui-même issu du latin civis, citoyen, le terme civilité désigne donc l´ensemble des règles et des comportements de la vie en communauté tels que la politesse, la courtoisie, le savoir-vivre et le savoir-être. La civilité, c´est le caractère pacifique qu´une personne adopte dans ses relations avec autrui, notamment dans la façon d´entrer en contact, et du respect que l´on a pour son interlocuteur. Elle montre également l´appartenance à une même communauté, communauté humaine au minimum. Le mot civilité est cependant peu utilisé, tandis que son contraire, incivilité, est de nos jours beaucoup usité.

Au pluriel, les civilités sont les actes et les paroles qui sont considérés comme des témoignages de politesse : faire des civilités. Elles sont fondées sur le respect et la reconnaissance d´autrui et sont appropriées aux différentes situations sociales. D´ailleurs, le monde de la politique et de la diplomatie font beaucoup usage de cette expression. Le président d´une institution qui va faire ses civilités au Président de la République avant un voyage hors du pays, ou un Ambassadeur (à son arrivée et/ ou avant son départ) va faire ses civilités au Président de la République.

Un autre concept important lorsqu´on parle de civilité est l´incivilité qui comme nous l´indiquions précédemment est beaucoup plus connue. Il apparaît dans les années 90 en Afrique avec le vent de démocratie qui souffle sur le continent et la quête de multipartisme dans nos pays. L´incivilité a un rôle dans le sentiment d´insécurité et de rupture de lien social ainsi que dans les dégradations des biens publics et privés.

Autrement dit, l´incivilité est le manque et/ ou la négation de civilité.

C´est donc un comportement qui ne respecte pas les règles de la vie en société comme la politesse, le respect d’autrui, la courtoisie, l’ordre public, c’est-à-dire ce qu’on attend d’un individu « normalement civilisé ». Autrement dit, une incivilité est une action ou une parole contraire à la civilité.

A la faveur de la crise postélectorale et jusqu´à ce jour, des actes d´incivilités sont constatés quotidiennement en Côte d´Ivoire.

Cette lucarne citoyenne est donc le lieu de rencontre et d´échanges  d´idées de tous ceux qui voudraient désapprendre. Oui désapprendre ! Car il s´agit de tourner définitivement le dos à tout ce qui n´est pas de la citoyenneté, du civisme et de la civilité. Certes, c´est une tâche ardue pour l´être humain de se départir de certaines habitudes ancrées en soi. Mais il nous appartient dans nos actes de tous les jours de remettre au goût du jour ces concepts qui ont une fois fait la fierté de notre pays et qui, si nous nous engageons nous permettrait d´être comptable des nouvelles pages de l´histoire de notre pays qui sont en train de s´écrire de façon durable. C´est également l´occasion de démontrer à nous mêmes que nous sommes en mesure de savoir vivre en symbiose dans la communauté à laquelle nous appartenons et accepter les lois qui la régissent.

Car comme le dit si bien la devise de Saint- Xandre (petite ville française) entre le XIVe et le XVIe siècle, « les hommes passent, la nation demeure »

Civilement,

Vous avez dit civisme!

Ah le civisme, voici un autre concept élémentaire de la vie en société qui est plus que galvaudé sous nos tropiques. Chez nous en Côte d´Ivoire, nous disposons d´un ministère dont l´une des attributions est le Service Civique. Probablement, parce que notre peuple manque de civisme. Eh bien, une étude empirique nous situerait sur notre niveau de civisme. Et entrevoir la co-construction d´une société plus civique que celle de nos jours.

Etymologiquement, le civisme provient du latin civis qui signifie celui qui a droit de cité, citoyen.

Selon le Larousse (j´aurais bien voulu cité l´un des Petits K….. et/ou L……. comme Le Petit Robert que @JusticeJFK et moi sommes entrain de mettre en page mais il est encore en préparation), le civisme est :

– l´attitude d’attachement à la communauté nationale et à ses institutions et de participation régulière à ses activités, notamment par l’exercice du droit de vote (un exemple parmi tant d´autres).

– la priorité donnée par le citoyen aux intérêts de la nation sur ses intérêts particuliers.

Autrement dit, le civisme désigne le respect, l´attachement et le dévouement du citoyen pour son pays ou pour la collectivité dans laquelle il vit. Cela s´applique particulièrement à l´institution qui représente cette collectivité, à ses conventions et à ses lois.

Dans le jargon populaire, on dirait donc le civisme c´est lorsque quelqu´un est dévoué pour l´intérêt public, pour la « chose publique ».

Pour que cela soit, le civisme nécessite une « conscience politique » et implique la connaissance de ses droits en tant que citoyen ainsi que de ses devoirs vis-à-vis de la collectivité.

En somme,  le civisme, qui est l´état du citoyen respectueux de ses devoirs et des principes collectifs, se distingue :

– de la citoyenneté qui n´est que la condition de citoyen (cf. article précédent sur la citoyenneté)

– de la civilité qui relève du respect des autres dans les rapports privés.

La civilité sera l´objet de notre prochain billet introductif pour boucler la boucle de ma lucarne citoyenne avant d´engager des débats sur des sujets qui ont alimenté la vie sociale de notre politique ces dernières semaines (frais d´inscription à l´Université, débarquement d´un cadre d´une haute fonction publique).

Civiquement,