Sarkozy et les 100.000 € du Forum Forbes Afrique 2014 !

Le 25 juillet dernier se tenait à Brazzaville au Congo l´Edition 2014 du Forum Forbes Afrique dont le thème était Les défis de la bancarisation: construire le modèle Africain.

Selon l´Express, Nicolas Sarkozy a perçu 100.000 € pour avoir donné son point de vue sur l´Afrique de demain. Cette participation qui n´est pas du tout une première mondiale a fait couler beaucoup d´encre et de salive dans la presse surtout francophone que dans les réseaux sociaux. Chacun y va de son commentaire sur un ton sarcatisque: sacré francophone.

Dans le monde anglophone, cette conférence de Nicolas Sarkozy ancien Président de France n´aurait pas provoqué tout ce levier de bouclier auquel on assiste contre l´homme. Est-ce parce qu´il s´agit de la personne de Sarkozy que la gâchette est à fleur de peau?

Voyons voir comment se comportent les anciens présidents et chefs d´État avec les conférences et conseils:

Tony Blair ( Premier Ministre britannique de 1997-2007 )

Selon la presse britannique, l´ancien locataire du 10 Downing Street a gagné la somme de 13 millions de livres en 2013, soit plus de 15,6 millions d’euros. Une somme accumulée grâce à ses conseils prodigués à la banque américaine JP Morgan, au géant de l’assurance Zurich International et une compagnie pétrolière coréenne. Ses conférences sont payées 300.000 euros en moyenne par apparition.Il a même donné des conseils au gouvernement du Kazakhstan. Pour un discours de 2 heures et demi prononcé aux Philippines en 2013, Tony Blair aurait perçu 450.000 €

Bill Clinton ( Président des Etats-Unis de 1993-2001) Le plus cher des speakers

L´ancien président américain Bill Clinton aurait gagné 580.000 € en réalisant un discours pour l´entreprise de Télecoms Ericsson. La fondation Bill Clinton indique qu´il a prononcé 54 discours rémunérés en 2011, qui lui ont rapporté 10,1 millions d´euros.

Al Gore ( Vice-Président des Etats-Unis de 1993-2001) Mr réchauffement climatique

BIen que ancien Vice-Président, pour un discours de 75 minutes, les honoraires d´Al Gore oscillent entre 100.000 dollars et 175.000 dollars. C´est l´expert du Changement climatique. Il a su dénicher ce créneau. Et depuis, sa fortune personnelle est estimée à plus de 100 millions de dollars.

Gerhard Schröder (Chancellier Allemand 1998-2005)

Sa présence serait payée à 100.000 euros. En plus de ses conférences, Gerhard Schröder est conseiller sur la politique internationale de Ringier ( un groupe de presse suisse) ce qui lui vaut un petit fric. Il a également prodigué quelques bonnes paroles aux banques d’affaires Goldman Sachs et Rothschild.Ce n’est toutefois rien en comparaison de sa poule aux œufs d’or: le géant gazier russe Gazprom. L’ex-chanchelier a été nommé pour diriger le conseil de surveillance du consortium germano-russe, chargé de la construction du gazoduc reliant la Russie à l’Allemagne sous la Baltique. Un projet pharaonique, pour lequel il toucherait au minimum 250.000 euros par an, tout en siégeant au board du pétrolier russo-britannique TNK-BP (200.000 euros par an). Des niveaux que l’on est encore loin d’atteindre pour un ex-président français.

Et chez nos ancêtres les gaulois?

Hormis DSK qui perçoit entre 75.000 et 150.000 € par discours rejoignant le peloton de tête. Les autres sont dans la queue du péloton.

François Fillon: 30.000 à 50.000 € par conférence tout comme Jean-Pierre Raffarin et Michel Rocard. Dominique de Villepin oscillerait entre 15.000 et 30.000 €.

Il y a une belle et bonne vie après la Présidence , la Vice-Presidence ou la Primature d´un État.

Au lieu de ruer dans les brancards ces anciens politiques qui gagnent leur vie en faisant des conférences ou du conseil, c´est le lieu de rappeler à nos hommes politiques qu´il y a une belle et bon vie après le pouvoir d´État. Il ne sert à rien de s´arc-bouter à un pouvoir qu´on a perdu, en voulant tripatouiller la constitution, les résultats d´une élection pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir et en tuant des milliers d´innocents. Et de continuer de vivre aux dépens de nous pauvres contribuables africains. Car toute la somme d´expériences acquises dans l´exercice du pouvoir d´État peut être mise à profit au bénéfice des Ëtats du monde, des entreprises qui en feraient la demande.

Certains anciens présidents africains ( Olusegun Obasanjo) ou africains d´organisations internationales ( Koffi Anan, Bio Tchané) le font d´ailleurs même si leurs honoraires ne sont pas connues. Il appartient à nos hommes politique de savoir préparer leur reconversion post-pouvoir d´Était. Ainsi, ils pourront monnayer leur expertise en matière de résolution de conflits, économie, paix, démocratie, droits de l´Homme à travers le monde et laisser leur pays suivre sa marche par le renouvellement de sa classe politique.

Anciens hommes d´État avec un bon background, si voulez vous faire du fric honnêtement le chemin est tout tracé: conférences et conseils!

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La route, notre route!

La route en Côte d´Ivoire

En octobre dernier, le gouvernement ivoirien a pris un décret portant interdiction du l´usage du téléphone portable et du kit mains-libres au volant.

Le 17 novembre dernier, marquant la journée africaine de la sécurité routière, le Ministre des Transports a fait une déclaration télévisée au nom du gouvernement concernant la sécurité routière en Côte d´Ivoire.

Ces deux occasions étaient le prétexte trouvé pour partager ma préoccupation sur la sécurité routière en Côte d´Ivoire. Les décès constatés en ce début de mois sur l´Autoroute du Nord me permettent de lancer un coup de gueule à l´encontre des acteurs du monde du transport en Côte d´Ivoire.

Selon le ministre des transports, la Cote d´ivoire enregistre 600 décès par an dûs aux accidents dont 94% relèvent de facteurs humains ( conducteurs et/ou usagers) et 6% imputables aux autres facteurs tels le mauvais état des véhicules, le réseau routier etc.

Ces données ne sont que le reflet miniature de la sécurité routière de notre continent comme l´atteste un étude comparative  effectuée par la section Sécurité Routière de l´OMS ( Organisation Mondiale de la Santé) mettant en exergue les pourcentages par région de la population, des décès et des véhicules  dans la figure ci-dessous.

ETUDE COMPARATIVE PAR REGIONS

Cette étude de 2013 montre clairement qu´avec 2% de véhicules circulant en Afrique, le continent africain « contribue » pour  16% dans les décès dans le monde à cause des accidents alors que l´Afrique a 16% de la population mondiale. Ces chiffres sont réellement alarmants en comparaison avec l´Europe. En fait, l´Europe qui détient 27% de véhicules et 12% de la population mondiale a un taux de décès de 8% dans les accidents.

Comme l´a si bien dit le Ministre Gaoussou Touré: « les accidents de la route ne sont pas une fatalité. Ils peuvent bien être évités ou tout au moins considérablement réduits si nous respectons les règles de sécurité routière ». Nous en convenons, nous pouvons tenter de nous rapprocher des chiffres européens en termes de décès. Comment cela pourrait-il être possible?

La sécurité routière dépend de l´harmonie entre les éléments qui la composent à savoir la personne ( en tant que conducteur ou piéton), le véhicule et la voie et son environnement.

S´il est reconnu que 94% des accidents relèvent du facteur humain, la source du problème est donc connu: le permis de conduire.

En effet, le permis de conduire est un document qui atteste qu´une personne est apte à conduire un véhicule après évaluation. Cette évaluation est faite sur la base des acquis de connaissance. Or il se trouve qu´en Côte d´Ivoire, pour ce que je sais, il n´existe pas de manuel officiel dont le contenu permet à l´apprenant d´assimiler toute la thématique d´apprendre à conduire.  Cependant, si ce manuel d´apprendre à conduire, il est temps qu´un exemplaire soit mis à la disposition de tout apprenant, dans les auto-écoles afin que celui-ci en prenne connaissance. S´il n´existe pas, cela devrait être le premier chantier du Ministère des Transports. Ce manuel devra être régulièrement mis à jour chaque fois que de nouvelles dispositions de sécurité routière sont prises par l´État de Côte d´Ivoire dans le cadre de signature d´accords et de traités internationaux. Cela permettrait ainsi d´éviter la prise de décret, à tout bout de champ, comme ce fut le cas du décret portant interdiction de l´utilisation du téléphone mobile et du kit main libres au volant, dont l´application est souvent arbitraire.

En somme, ce manuel d´apprendre à conduire, permettra au conducteur de connaitre ses droits et devoirs vis-à-vis des autres usagers, de son véhicule et de la route.

Le manuel  acquis, il va falloir assainir le secteur des auto-écoles, car il y a certains centres qui ne méritent pas d´exercer du fait de la piètre qualité des enseignements théoriques qui y sont donnés sans compter  des cours pratiques qui n´en sont pas réellement. faire un petit tour avec un véhicule et se présenter à l´examen.  Le réussir après avoir donné des « bakchichs » aux examinateurs. Lorsque cette procédure n´est pas rigoureusement suivie au lieu d´avoir un conducteur conscient de ses obligations, c´est un « homicidaire » en puissance qui est mis dans la circulation. Aucun respect pour les autres usagers de la route que sont les autres conducteurs et les piétons ( personnes âgées, personnes à mobilité réduite, enfants, etc.), des panneaux de signalisation, la vitesse etc…

Une fois que cette révolution est faite sur le conducteur, il faudra aussi songer à éduquer le piéton! Oui, une éducation du piéton s´impose. Qu´il sache que la route a un code que tous les utilisateurs doivent savoir pour le bien de tous. Pour que le piéton puisse également respecter ce code, il faut bien qu´il existe sur les routes à travers les signalisations ( panneaux et/ou bandes sur la route). Ce qui n´est pas le cas, sur des routes que j´ai pu emprunter  dans certaines communes d´Abidjan notamment à Cocody Riviera Palmeraie. Dans la zone du Quartier Ministre, il y a un rond point qui ne dispose d´aucun passage pour piétons encore moins de panneaux Stop ou de feux tricolores qui pourraient y réguler le passage des piétons. Le piéton doit avoir la baraka pour pouvoir passer car il ne peut compter sur la courtoisie du conducteur. Ce n´est qu´un exemple parmi tant d´autres surtout en zone urbaine et périurbaine où très peu de signalisation sont indiquées sur nos routes afin d´assurer la sécurité des usagers de la route. Autrement dit, une meilleure signalisation de nos routes pourrait réduire le nombre de décès, de même que les mesures de sécurité préventives dans toutes les catégories de véhicules, depuis les voitures communément appelées « personnelles » à celles de transport public et de transport de marchandise.

Si la route précède le développement comme nous avons l´habitude de le dire chez nous, il faut donc que des mesures appropriées soient prises ( manuel officiel de conduite, qualité des routes et des véhicules grâce à une législation plus rigoureuse en matière de sécurité) afin que tous les habitants de ce pays puissent participer de façon active  à ce développement . Car des habitants diminués physiquement par les séquelles d’ accident deviennent plus une charge pour la famille, la communauté et l’ Etat qu’ acteurs de développement. Lire la suite