Des promesses de nos candidats aux municipales et aux régionales….

Cela fait pratiquement plus d´une semaine que la campagne pour les élections régionales et municipales ont cours. C´est la course à la voix de l´électorat.

Les candidats (cumulards , non cumulards, novices dans l´arène)  à la Mairie et au Conseil Régional promettent:

– des routes bitumées,

– des écoles, dispensaires et hôpitaux dans chaque quartier,

– de l´eau potable,

– de l´électricité ( pourront-ils contre Délestron?)

– des emplois pour la jeunesse et les femmes,

– des marchés ultra-modernes,

– une commune sans ordures,

– des moyens de transports dignes de la commune et de la région,

– une mensualité aux autorités coutumières (sic),

– leurs carnets d´adresse pour le développement de la commune et de la région,

La liste est encore longue. A y voir de près, c´est tout un programme alléchant qui permettra d´améliorer la qualité de vie de la population.

Ces promesses me font sourire. En effet, combien de candidats savent le budget qui est alloué à la Mairie ou au Conseil Régional qu´il convoite? Quel est l´héritage laissé par le prédecesseur, s´il arrive que celui n´est pas réconduit?

Autant d´interrogations qui doivent amener nos potentiels candidats à être réalistes sur les promesses qu´ils font à leur électorat. Car nous ne voulons pas entendre les propos du genre:

– les caisses sont vides,

– nous devons apurer l´ardoise laissée par l´équipe précédente

– les ordures relèvent du ministère de la salubrité,

– c´est tel autre ministère qui gère les transports et tutti quanti

Souvenez-vous de vos promesses électorales, car si vous les oubliez nous vous les rappelerons.

Bonne semaine de campagne

MA PART DE VÉRITÉ SUR LES 75% D´ÉCHEC AU BAC ET 85 % AU BEPC

Les résultats du BEPC viennent de fermer le cycle des examens à grand tirage organisés par le Ministère de l´Education Nationale de Côte d´Ivoire.

Alors qu´une presse faisait remarquer une baisse ou une mince progression du nombre d´admis aux examens du BAC et du BEPC, les journaux proches de l´opposition titraient : 75 % d´échec au BAC, 85% d´échec au BEPC et indexent nommément l´inconscience criante des élèves, la démission collective des parents d´élèves et non sans oublier le gouvernement actuel au pouvoir depuis Avril 2011 par ces propos in extenso:

“Le gouvernement est en ce moment dans de beaux draps. Aucune nouvelle université publique n’a encore été construite, comme annoncé depuis 2011 à grands renforts publicitaires. Comment s’arranger pour éviter que les universités publiques existantes, aux effectifs déjà pléthoriques (quatre générations d’étudiants attendent depuis plus d’un an la rentrée universitaire) accueillent dans les années à venir moins de nouveaux bacheliers. Agir en amont pour freiner l’avancée des diplômés du secondaire, ce sont en réalité les non-dits d’une telle débâcle. Selon des sources proches du ministère de l’Education nationale, les résultats, dit-on, positifs de la lutte contre la fraude et de la tricherie aux examens à grand tirage qui a mis à nu le niveau réel des candidats en 2011 et en 2012, est le prétexte tout trouvé pour justifier ces contre-performances des candidats. »

Ma question est de savoir si réellement lesdits journaux ont fait une réflexion sérieuse sur les résultats des examens des dernières années au lieu d´appeler à la démission de Madame La Ministre Kandia Camara ? Je répondrai par la négative.

Ailleurs, une presse responsable et professionnelle aurait fait une réflexion objective de la situation dans laquelle se trouve notre système éducatif et les résultats aussi bas enregistrés ces dernières années où à défaut consulter une personne-ressource. Que nenni ! Chez nous en Côte d´ivoire, une partie de notre presse qui se dit être en quête du professionnalisme voit les problèmes autrement. Quand bien même il s´agit d´un thème aussi sensible comme l´éducation des futures générations de notre pays : c´est le parti au pouvoir qui est indexé, le vouant à la vindicte populaire. Tout est ramené au politique. Pour quel but ? Manipuler la population (cf. mon billet sur la désinformation, la propagande et la manipulation de partis politiques dans la rubrique « ma lucarne citoyenne »).

S´il est bien vrai que depuis avril 2011, c´est le Président Allassane Ouattara qui est au pouvoir, les résultats des examens à grand tirage ne peuvent lui être attribués entièrement.

A contrario de la presse de l´opposition, nous pourrons indiquer des facteurs essentiels de ces résultats : la création ex materia des candidats de Tle et de 3ème, le dysfonctionnement du système éducatif ivoirien, les grèves intempestives, le recrutement du personnel, la fraude et la prolifération des établissements scolaires.

Parcourons ensemble  donc cette énième réflexion liquide qui n´est pas exhaustive.

1.      La création ex materia des candidats de Tle et de 3ème

Les candidats des classes Tle et de 3ème  de cette année scolaire encore moins ceux de l´année dernière ne sont pas une création ex-nihilo. Il ne s´agit de candidats qui ont surgi « à partir de rien » et se présentent sans autre forme de procès aux examens desdites années : il s´agit plutôt d´une création ex materia. En effet, ces candidats proviennent d´un substrat préexistant. Ils ont suivi un cursus normal.

Ainsi, les candidats de Tle de cette année ayant connu un brillant parcours scolaire c´est-à-dire sans avoir redoublé de classe se seraient inscrits au CP1 durant l´année scolaire 1999-2000 et ceux de la 3ème auraient commencé leur cursus en 2002. Je ne m´attarderai pas  sur les candidats ayant fait de longues études primaires et secondaires.

Partant de cette considération objective, on pourrait aisément imaginer le parcours que ces cadets ont suivi. Après un trimestre normal, survient un coup d´état qui met à la tête du pays le Général Guéi et une transition militaire qui dure une année. En 2000, des « élections jugées calamiteuses » avec la victoire de Laurent Gbagbo. Puis la crise de septembre de 2002, et les élections de novembre 2010 qui entraîne un dysfonctionnement dans le système scolaire ivoirien.

2.      Le dysfonctionnement au niveau du système scolaire ivoirien

A la faveur de la crise de Septembre 2002, les fonctionnaires et travailleurs des zones CNO (Centre- Nord- Ouest) en charge de l´éducation de nos élèves se retrouvent dans la zone sud dite « la Côte d´Ivoire utile ».

Le système scolaire au Nord du pays est totalement inexistant faute de personnels enseignants. Malgré les négociations afin de permettre le redéploiement de cet effectif, les efforts sont restés vains. Les Forces Nouvelles lancent un appel aux volontaires (des étudiants et enseignants du privé restés sur place dans leur majorité) afin de pouvoir encadrer les élèves dans ladite zone, les mettre à niveau et pouvoir leur permettre de se présenter aux évaluations nationales.

Au Sud, on assiste à un engorgement dans les établissements scolaires.  Les élèves du nord doivent poursuivre leur cursus scolaire. A défaut de pouvoir accueillir tout cet effectif dans les établissements scolaires, la double vacation est créée afin de pouvoir contenir les effectifs et résorber les difficultés suscitées. De sorte que le volume horaire requis pour l´achèvement du programme scolaire n´est jamais atteint. Sans compter, la mauvaise utilisation du personnel enseignant momentanément « délocalisé » au Sud, de même que les mouvements de grèves répétées dans le secteur.

3.      Les grèves dans le monde de l´éducation

Il serait prétentieux pour ma part de compter le nombre de grèves qu´il y a eu dans le monde de  l´Éducation Nationale de 2002 jusqu´en 2010 en Côte d´Ivoire.

Les jours pairs, ce sont les enseignants du public qui réclament une revalorisation de leur grade à la fonction publique, des primes d´installation, de logement etc. ou les enseignants du secteur privé qui réclament le paiement régulier de leurs émoluments à défaut d´un salaire digne.

Les jours impairs, ce sont les apprenants avec le principal mouvement syndical la FESCI qui prennent le relais en se mettant en vacances un peu plus tôt que la date officielle (veille des congés scolaires surtout Noel), veulent la gestion des COGES, de bonnes conditions d´études, et durant leur mouvement empêchent les élèves du privé de suivre ou y entraînent les plus petits du primaire. Nous passons sous silence la défiance à l´autorité formatrice avec la violence faite au corps enseignant.

Pour boucler la boucle, ce sont les fondateurs des établissements scolaires privés qui expulsent les élèves affectés de l´État pour non-paiement de la subvention qui leur est due.

Ainsi s´installent de longues semaines de fermeture des établissements pendant lesquels les élèves sont livrés à eux-mêmes, si les parents n´ont pas les moyens de leur prendre un répétiteur à la maison. Ces répétiteurs sont souvent constitués d´étudiants ou d´enseignants qui veulent arrondir leur fin de mois. Cela nous emmène à parler des recrutements de nos enseignants.

4.      Le recrutement de notre personnel enseignant.

Même s´il ne s´agit pas de jeter l´anathème sur ce corps de métier mien, force est de reconnaître que nous avons maintenant des « collègues » qui ne sont pas du tout à la hauteur de ce sacerdoce. Ils y sont arrivés par des voies diverses : népotisme, copinage et autres bases subjectives ; en effet, on veut caser un parent du village ou encore un militant pour « service rendu » au parti. Si cela se faisait sur la base du mérite, en prenant au moins en compte les critères requis, bien que non éthique l´on l´aurait néanmoins compris. Mais hélas, à la faveur de ses concours de recrutement, notre système éducatif (surtout au primaire) a accueilli en son sein « tout le monde ». Des instituteurs et/ou instituteurs adjoints titulaires du BEPC (Brevet d´Etudes du Premier Cycle) pour ceux qui en ont ou de niveau 1ère vendeuses de beignet, gérants de cabine téléphonique ou encore paysans qui ont cessé d´aller à l´école depuis des années et qui soudain retrouvent le monde de l´éducation. Des enseignants du secondaire également présentant les mêmes insuffisances de parler correctement encore moins d´écrire une phrase correcte ou la maîtrise de la discipline qu´ils enseignent. Ce ne sont pas les enseignants du CAFOP encore moins les Inspecteurs qui me mettront en minorité. Leur moyen d´accès à ce corps doit être « amorti » rapidement car pour certains l´investissement est lourd.

5.      Fraude

L´un des moyens pour amortir rapidement cet « investissement » est de procéder à la vente de matériels d´apprentissage (photocopie) qu´on vend aux élèves en lieu et place des ouvrages officiels. Celui qui ne les achète est passible de sanction. En plus, bien qu´interdits par la tutelle, des cours de renforcement sont exigés aux élèves. Il faut bien payer pour cela. Arrivent les examens de fin d´année où également il faut payer pour tricher et/ou recevoir la réponse aux questions. Ou encore les « opérations hiboux » organisées dans des centres de correction. D´ailleurs, cette année des enseignants ont été appréhendés et mis à la disposition de la justice afin qu´ils puissent répondre de leurs actes.

En plus des facteurs suscités, un autre non moins important qui assez souvent n´est pas pris en compte dans le niveau de réussite est à signaler : les infrastructures scolaires.

6.      La prolifération des établissements scolaires

Force est de constater que le nombre d´établissements scolaires autorisé à exercer a augmenté de manière exponentielle pendant cette décennie. Des autorisations sont délivrés à tour de bras, sans une inspection préalable sur la moralité du demandant encore moins sur l´espace où l´activité va s´exercer. Des « affairistes véreux » à la recherche du gain facile ouvrent des écoles afin de s´enrichir rapidement avec des « publicités mensongères » qui n´ont rien à voir avec leurs établissements au détriment des élèves qui y sont affectés et des parents. La qualité du personnel recruté est à désirer.

Ainsi naquirent écoles-boutiques situées près d´espaces de loisirs, de maquis et autres restaurants, de marchés et voiries où le bruit est un facteur nuisible à l´apprentissage et cause de maladie psychiques et sensorielles.

Je vous épargne le fait que le pouvoir était aux mains des « professeurs » qui nous avaient promis une refondation de la Côte d´Ivoire. Ce qui présumait d´emblée une bonne politique en matière d´éducation surtout par l´exemple. Mais hélas et mille fois hélas, ce ne fut qu´une gageure. Et les résultats de cette gestion sont là : tristes et révoltants.

Cependant, il est à espérer que cette décennie soit loin derrière nous. Car des perspectives meilleures se présentent à nous avec une bonne visibilité. Il n´y a qu´à lire le Programme National de Développement et se faire un idée. Pour les plus sceptiques, je les ramène aux actes que le nouveau gouvernement pose chaque jour en matière d´éducation par la réhabilitation, la construction de nouvelles infrastructures éducatives.

La nouvelle Université renaîtra sous peu afin d´accueillir les admis de cette année également. A cet effet, j´aimerais relever un abus de langage qui est généralement fait sur les étudiants bacheliers qui jusque-là n´ont pas encore pris de cours à l´université. On parle de « quatre générations qui attendent depuis plus d´un an la rentrée universitaire ». Il n´est pas exact de le dire. Selon le dictionnaire Le Larousse, une génération c´est l´espace de temps qui sépare chacun des degrés de filiation. Il y a environ 3 générations dans un siècle. Autrement dit, il serait exact de dire quatre promotions car il s´agit de l´ensemble de personnes entrées la même année à l´école.  

Les facteurs de ce faible niveau de réussite dans notre système éducatif étant répertoriés, il appartient à l´autorité de tutelle, au gouvernement, au secteur privé et à tous les acteurs de la société d´entrevoir des réflexions co-constructives débouchant sur des solutions durables pour le TRIOMPHE DE L´ÉLÉPHANT.

En mode liquide,

La Civilité

Dans les précédents billets introductifs de Ma lucarne citoyenne, je me suis attelé à définir de façon succincte les concepts de citoyenneté et de civisme. L´un des éléments distinctifs du civisme était la civilité. Troisième concept objet du présent billet

Du latin civilitas, sociabilité, courtoisie, lui-même issu du latin civis, citoyen, le terme civilité désigne donc l´ensemble des règles et des comportements de la vie en communauté tels que la politesse, la courtoisie, le savoir-vivre et le savoir-être. La civilité, c´est le caractère pacifique qu´une personne adopte dans ses relations avec autrui, notamment dans la façon d´entrer en contact, et du respect que l´on a pour son interlocuteur. Elle montre également l´appartenance à une même communauté, communauté humaine au minimum. Le mot civilité est cependant peu utilisé, tandis que son contraire, incivilité, est de nos jours beaucoup usité.

Au pluriel, les civilités sont les actes et les paroles qui sont considérés comme des témoignages de politesse : faire des civilités. Elles sont fondées sur le respect et la reconnaissance d´autrui et sont appropriées aux différentes situations sociales. D´ailleurs, le monde de la politique et de la diplomatie font beaucoup usage de cette expression. Le président d´une institution qui va faire ses civilités au Président de la République avant un voyage hors du pays, ou un Ambassadeur (à son arrivée et/ ou avant son départ) va faire ses civilités au Président de la République.

Un autre concept important lorsqu´on parle de civilité est l´incivilité qui comme nous l´indiquions précédemment est beaucoup plus connue. Il apparaît dans les années 90 en Afrique avec le vent de démocratie qui souffle sur le continent et la quête de multipartisme dans nos pays. L´incivilité a un rôle dans le sentiment d´insécurité et de rupture de lien social ainsi que dans les dégradations des biens publics et privés.

Autrement dit, l´incivilité est le manque et/ ou la négation de civilité.

C´est donc un comportement qui ne respecte pas les règles de la vie en société comme la politesse, le respect d’autrui, la courtoisie, l’ordre public, c’est-à-dire ce qu’on attend d’un individu « normalement civilisé ». Autrement dit, une incivilité est une action ou une parole contraire à la civilité.

A la faveur de la crise postélectorale et jusqu´à ce jour, des actes d´incivilités sont constatés quotidiennement en Côte d´Ivoire.

Cette lucarne citoyenne est donc le lieu de rencontre et d´échanges  d´idées de tous ceux qui voudraient désapprendre. Oui désapprendre ! Car il s´agit de tourner définitivement le dos à tout ce qui n´est pas de la citoyenneté, du civisme et de la civilité. Certes, c´est une tâche ardue pour l´être humain de se départir de certaines habitudes ancrées en soi. Mais il nous appartient dans nos actes de tous les jours de remettre au goût du jour ces concepts qui ont une fois fait la fierté de notre pays et qui, si nous nous engageons nous permettrait d´être comptable des nouvelles pages de l´histoire de notre pays qui sont en train de s´écrire de façon durable. C´est également l´occasion de démontrer à nous mêmes que nous sommes en mesure de savoir vivre en symbiose dans la communauté à laquelle nous appartenons et accepter les lois qui la régissent.

Car comme le dit si bien la devise de Saint- Xandre (petite ville française) entre le XIVe et le XVIe siècle, « les hommes passent, la nation demeure »

Civilement,

Vous avez dit civisme!

Ah le civisme, voici un autre concept élémentaire de la vie en société qui est plus que galvaudé sous nos tropiques. Chez nous en Côte d´Ivoire, nous disposons d´un ministère dont l´une des attributions est le Service Civique. Probablement, parce que notre peuple manque de civisme. Eh bien, une étude empirique nous situerait sur notre niveau de civisme. Et entrevoir la co-construction d´une société plus civique que celle de nos jours.

Etymologiquement, le civisme provient du latin civis qui signifie celui qui a droit de cité, citoyen.

Selon le Larousse (j´aurais bien voulu cité l´un des Petits K….. et/ou L……. comme Le Petit Robert que @JusticeJFK et moi sommes entrain de mettre en page mais il est encore en préparation), le civisme est :

– l´attitude d’attachement à la communauté nationale et à ses institutions et de participation régulière à ses activités, notamment par l’exercice du droit de vote (un exemple parmi tant d´autres).

– la priorité donnée par le citoyen aux intérêts de la nation sur ses intérêts particuliers.

Autrement dit, le civisme désigne le respect, l´attachement et le dévouement du citoyen pour son pays ou pour la collectivité dans laquelle il vit. Cela s´applique particulièrement à l´institution qui représente cette collectivité, à ses conventions et à ses lois.

Dans le jargon populaire, on dirait donc le civisme c´est lorsque quelqu´un est dévoué pour l´intérêt public, pour la « chose publique ».

Pour que cela soit, le civisme nécessite une « conscience politique » et implique la connaissance de ses droits en tant que citoyen ainsi que de ses devoirs vis-à-vis de la collectivité.

En somme,  le civisme, qui est l´état du citoyen respectueux de ses devoirs et des principes collectifs, se distingue :

– de la citoyenneté qui n´est que la condition de citoyen (cf. article précédent sur la citoyenneté)

– de la civilité qui relève du respect des autres dans les rapports privés.

La civilité sera l´objet de notre prochain billet introductif pour boucler la boucle de ma lucarne citoyenne avant d´engager des débats sur des sujets qui ont alimenté la vie sociale de notre politique ces dernières semaines (frais d´inscription à l´Université, débarquement d´un cadre d´une haute fonction publique).

Civiquement,

Citoyenneté

Enjeux

 Même si les Grecs ont prouvé que le sentiment d’appartenance à une cité était non seulement compatible avec le sens de l’universel, mais qu’il en était même la condition, les cités, et avec elles l’idée de citoyenneté, sont tombées en discrédit au IVe siècle, ce qui laissa le champ libre à l’impérialisme d’ Alexandre le Grand et ses conquêtes ainsi que celui des Romains. Le civisme, l’attachement à la polis, fut alors remplacé par le cosmopolitisme, mot qui désigne un sentiment d’appartenance consistant à reporter sur le monde (et l’ humanité) un attachement dont la cité est l’objet premier.

 Au cours des temps modernes, les  nations se sont imposées comme premier lieu d’appartenance et comme cadres de la citoyenneté. Le discrédit dans lequel elles sont tombées au cours du XXe siècle semble s’accentuer au début du XXI e. D’où l’inquiétude que suscite cette nouvelle forme de cosmopolitisme appelée  mondialisation.

L´essentiel

 «Dans le Protagoras, où l’on s’interroge, entre autres, sur l’art de gouverner,  Platon fait dire tour à tour aux deux principaux protagonistes de son dialogue que cet art s’enseigne, qu’il est intransmissible, qu’il faut, en vue de la survie même de la cité, que tous ceux qui participent aux délibérations publiques puissent apprendre à l’exercer, qu’on ne sait pas au juste en quoi il consiste, bien qu’il s’agisse là de la plus nécessaire des sciences qui soient. De cette avalanche de contradictions, il ressort, à tout le moins, que l’exercice éclairé du métier de citoyen est rigoureusement impossible sans une certaine connaissance.»

De cette brève incursion dans l´histoire de la Grèce, on pourrait dire que la citoyenneté désigne au moins trois dimensions du lien social et politique :

1- Un statut juridique: par opposition au simple résident, le citoyen est porteur de certains droits et responsabilités ( qu´il doit s´atteler à connaître au maximum).

2- Un certain nombre de pratiques: est citoyen celui qui participe à la vie des institutions politiques et à la réalisation et/ou transformation du bien commun ( nous reviendrons sur le concept de « participation »).

3- Un pôle identitaire: cette dimension se réalise pleinement lorsque le statut de citoyen a une importance subjective pour l´individu. 

En tant qu´individu appartenant à un pays ( nos pays sous les tropiques n´ont pas encore acquis le statut de Nation) combien parmi nous connaissons nos droits et responsabilités? Participons-nous à la vie des institutions politiques de nos pays respectifs et à la réalisation du bien commun, pensons-nous avoir une identité?

Comment ce concept de citoyenneté est vécu dans mon pays par le citoyen lambda, l´agent de l´administration publique?

Tel est l´effort quotidien que chacun, à son humble niveau,  doit faire afin d´y arriver. De même que l´Autre doit nous accompagner dans cette quête si tant est que nous partageons cette même identité.

Notre prochain article traitera du Civisme.

Citoyennement,