Vers la disparition des séries scientifiques? Ma réplique à M. Guillaume Yao

Depuis la proclamation des résultats des examens Brevet d´Etude du Premier Cycle ( BEPC) en Côte d´Ivoire, par la Direction des Examens, Concours et de l´Orientation (DECO), nous avons assisté dès le 1er juillet a une euphorie de joie dans le monde éducatif. Surtout que les résultats de la présente année sont meilleurs à ceux de 2012 qui étaient de 17,14 %. Cette année, nous sommes à 40,17% d´admis.

Quelques jours plus tard, le journal « Notre Voie » écrivait que le ministère « offrait » le BEPC à des « dozos » car pour avoir ce diplôme il fallait avoir au minimum 80 points (sic). Puis une levée de boucliers contre ce minimum qui fait l´apologie de la médiocrité.

Venant d´un journal, je comprends parfaitement cette interprétation. Par contre, lors d´échanges sur les réseaux sociaux j´ai pu constater que le personnel du monde éducatif partageait cet avis avec d´autres arguments.

La contribution de M. Guillaume Yao professeur de Mathématiques appliquées à la gestion et titulaire d’une maitrise en sciences de l’éducation option évaluation apparu ici http://bit.ly/12OoE4i  m´emmène à défendre une position contraire à la sienne et apporter une clarification sur deux concepts clefs: le BEPC et la classe de seconde puis répondre à ses inquiétudes sur une possible disparition des séries scientifiques en Côte d´Ivoire.

1. Le BEPC

Dans la contribution de M. Yao je note une confusion entre l´obtention du BEPC et l´orientation en classe de seconde.

Le Brevet d´Etude du Premier Cycle (BEPC) est le diplôme qui couronne le parcours du premier cycle; c´est-à-dire de la classe de sixième à la classe de troisième.

Cette année le nombre total de points en jeu était de 160 points repartis comme suit:

Disciplines Total de points Coefficient
Composition Française 20 1
Orthographe 20 1
Mathématiques 20 1
Sciences Physique 20 1
Oral d´Anglais 20 1
Anglais Ecrit 20 1
Education Physique Sportive (EPS) 20 1
Discipline tirée au sort 20 1
Total 160 8

Faisons remarquer que la discipline tirée au sort cette année parmi les autres au programme de la classe de 3è ( Science de la Vie et de la Terre, Histoire-Géographie, Education Civique et Morale est la langue vivante 2 ( Allemand ou Espagnol).

Sur la base du tableau ci-dessus, pour avoir le BEPC, le candidat doit obtenir au moins 80 points. Les années antérieures, il fallait avoir 140 points sur 280 possibles pour obtenir le BEPC.

Essayons de comprendre les propos de M. Yao, qui après la joie du succès de son fils, a commencé à avoir des regrets sur la base des deux exemples qu´il nous donne:

  • Notes en maths 03, physique 05, résultat : admis au BEPC avec 81 points
  • Notes en maths 14, physique 12, oral anglais 8, écrit anglais 5, résultat : échec

Ce sont deux exemples parmi tant d’autres qui m’ont amené à cogiter sur l’équité de la mesure de l’unicité des coefficients (mesure Kandia). Et de conclure que cette mesure est simplement un leurre, elle n’est pas appliquée en réalité.

Les deux exemples de M. Yao lui permettent de faire une observation subjective. Parce que 6 notes manquent à son premier exemple tandis qu´il manque 4 notes au deuxième exemple. Bien que n´étant pas mathématicien,  je me suis essayé au calcul pour déterminer le reste.

Le premier élève qui a eu 03/20 en Maths, 05/20 en physique et un total de 81 points a dû « grignoter » 73 points entre les 6 autres disciplines ( Composition Française, Orthographe, Langue Vivante 2, EPS) soit une moyenne de 12,16/20 par discipline pour avoir son BEPC.

Par contre le deuxième élève, avec 14/20 en Maths, 12/20 en Physiques, 08/20 à l´Oral d´Anglais et 05/20 à l´écrit d´Anglais aurait dû chercher les 41 points manquants entre 4 disciplines (Composition Française, Orthographe, Langue Vivante 2, EPS) soit 10,25/20 par discipline.

Avoir un coefficient unique pour toutes les disciplines de l´examen du BEPC est-il un leurre comme le dit si bien M. Yao? Car pour lui, le Français et l´Anglais ont chacune un coefficient 2.

M. Yao refuse de dire que l´évaluation des langues est orale et écrite. Que les compétences écrite et orale en Anglais soient indépendantes est donc objectif.  Ce qui n´est pas le cas des disciplines comme les mathématiques, les sciences physiques. Ou du moins pas pour le moment. M. Yao voudrait-il avoir un titulaire du BEPC qui ne soit pas en mesure de parler l´anglais de niveau 3è? De même que l´on évalue l´orthographe de l´élève et sa capacité à bien rédiger un texte en Français car cela l´aide bien à mieux exprimer sa pensée dans les autres disciplines ( Maths, Sciences Physiques etc..)

Lors de sa cogitation sur l´équité de la mesure de l´unicité des coefficients (mesure Kandia Sic), je m´interroge réellement quel Moi(s) de M. Yao y a/ont participé? Le Moi enseignant, Le Moi parent d´élève, Le Moi syndicaliste, Le Moi politique etc. ? En effet, derrière un texte se cache toujours Un ou plusieurs Moi(s). Pour ma part, il ne s´agit pas d´une contribution du Moi enseignant de M. Yao. Sinon, il devrait savoir que l´obtention du BEPC n´entraîne pas facto l´orientation en seconde.

En somme, disons simplement que le fait d´avoir le BEPC avec 80 points/160 n´est pas un problème en soi. C´est un choix effectué par le Ministère de l´Education de Cote d´Ivoire. D´autres systèmes éducatifs évaluent sur 10 ( Espagne), ou encore avec les A,B,C,D,E,F ( Anglosaxons). Et il n´y a pas raison de s´alarmer parce que le coefficient est le même pour toutes les disciplines. Maintenant que le BEPC est en poche, venons-en aux conditions d´entrée en Seconde qui constitue la deuxième partie de notre réplique à M. Yao.

2. L´orientation en classe de seconde

M. Yao est-il fondé à se demander si les critères d’orientation dans les séries A, B, C, T, G, H seront-elles revues ?», « les séries scientifiques pourront-elles résister à ces nouvelles contraintes ?»

Dans sa contribution, M. Yao ne nous indique nulle part les critères d´orientation en vigueur dans les séries qu´il énumère. Par contre, il se demande si ces critères seront revues. Pour le savoir, M. Yao aurait dû nous monter l´existant.

La première question aurait été pertinente si M. Yao nous disait si un même coefficient pour tous les disciplines au BEPC avait une incidence avérée sur l´orientation en classe de seconde. Et si oui? Comment cela affecterait l´élève candidat à l´orientation en classe de seconde?

De ce que je sais et j´ai pu lire, le mode de calcul des disciplines d´orientation en seconde apparaît  dans le tableau ci-dessous:

Disciplines Moyenne Annuelle/20 Note du BEPC/20 Moyenne Annuelle+ Note du BEPC/40 Coefficient Total avec Coefficient
Maths 2 80
Composition Française 2 80
Sciences Physiques 1 40
Anglais 1 40
Total 240

Du tableau précédent, est-ce objectif de dire comme M. Yao que les matières littéraires (français et anglais) sont les seules matières d’orientation vue l’importance de leur coefficient? Je répondrai par la négative car ce tableau indique clairement que les critères d´orientation en seconde n´ont rien à voir avec l´obtention du BEPC.

En effet, pour l´orientation en seconde, notre système éducatif prend en compte deux types d´évaluation: l´évaluation continue et l´evaluation de l´examen. L´evaluation continue est celle qui a lieu tout au long de l´année scolaire et consignée dans le livret scolaire de l´élève, tandis qu´à l´examen la copie du candidat est anonyme. En plus, on note clairement que les Maths et la Composition Française ont chacune coefficient 2, tandis que les Sciences Physiques et l´Anglais ont coefficient 1 pour l´orientation en classe de seconde.

Dans l´enseignement général jusqu´en 2009, à moins qu´il n´y ait eu changement cette année, les critères d´orientation en 2deA ou en 2de C sont les suivantes:

Disciplines 2deA 2de C
Maths 16/40 22/40
Composition Française 22/40 16/40
Sciences Physiques 16/40 20/40
Anglais 20/40 16/40

M. Yao est-il en droit d´alarmer les parents d´élèves en ces termes « chers parents, vous aviez dès maintenant intérêt à ce que vos enfants soient de très bons littéraires, « condition nécessaire et suffisante », pour les voir passer du 1er cycle au second cycle secondaire ou du moins pour acquérir leur diplôme du 1er cycle ».

Encore une fois, je dirai non, car les parents d´élèves peuvent dès maintenant sur la base des différents tableaux savoir la filière de leur progéniture pour ce qui concerne l´enseignement général. D´ailleurs, le parent d´élève devrait s´y intéresser un peu tôt afin de mieux suivre et orienter le cursus de sa progéniture et non attendre uniquement la période d´orientation pour s´alamer.

Et puis est-ce être « très bons littéraires » que d´avoir 16/40 en Composition Française et 16/40 en Anglais pour être orienté en 2de C? Dans quelles langues sont dispensées sont dispensées les Maths, les Sciences Physiques etc. en Côte d´Ivoire? En français! Combien sont-ils les élèves de séries scientifiques qui minimisent les langues ( Français, Anglais)  au second cycle?

3. Vers la disparition des séries scientifiques en Côte d´Ivoire?

Après avoir démontré dans les deux  points précédents que l´obtention du BEPC n´entraîne pas de facto l´orientation en Seconde régie par des critères, dans cette dernière partie nous tâcherons de rassurer M. Yao sur ces peurs lorsqu´il se demande si « nous pouvons toujours rêver de voir sortir de nos écoles des médecins, des pharmaciens, des vétérinaires, ingénieurs de conception, mécaniciens, pilotes, économistes, techniciens de labo, prof de maths, informaticiens, et si nous assisterons à la fin d’existence du lycée scientifique, de l’INPHB ?

Encore une fois, ma réponse est NON. Rassurez-vous M. Yao nous pouvons toujours rêver de voir sortir de nos écoles des médecins, pharmaciens, vétérinaires, ingénieurs de conception, mécaniciens, pilotes, économistes, techniciens de labo, prof de maths, informaticiens. Nous continuerons d´en avoir tant que notre système éducatif sera performant. Comme ces professions sont citées comme scientifiques, je voudrais rappeler que plus de 50 % de leurs publications sont en Anglais, et le Français viendrait peut-être après le mandarin, l´espagnol et le portugais. Combien parmi nos scientifiques parlent couramment l´Anglais, publient en Anglais? Très peu sont nos scientifiques qui participent à des congrès internationaux et peuvent faire une présentation sans l´aide de traducteurs. Quid de nos étudiants scientifiques qui ne peuvent faire des recherches dans leur disciplines à cause de leur niveau langue très bas en Anglais.

Au lieu d´avoir le complexe des langues, j´invite le monde éducatif à avoir un minimum d´égard pour l´Anglais et les autres langues. À commencer par le Français qui est notre langue d´apprentissage. Nos scientifiques doivent très bien la connaître d´abord. Car c´est la porte d´entrée à d´autres connaissances.

Comme M. Yao a parlé du Lycée Scientifique, de l´INPHB comme la crème des séries scientifiques qui y sont affectées, je pense humblement qu´il y a une injustice à réparer pour nos benjamins de séries littéraires. Qui ont le talent des langues, de la littérature en somme des sciences humaines et sociales et n´ont aucun établissement spécifique qui leur permette de développer leurs aptitudes de créativité. Dans ce cadre, le Lycée Scientifique pourrait accueillir les meilleurs élèves des séries dites littéraires afin de mieux les préparer pour les études supérieures spécifiques. Des écrivains, poètes, artistes, peintres à 18 ans il en existe ailleurs pourquoi pas chez nous en Côte d´Ivoire.

Il en est de même pour l´INPHB au niveau de l´Enseignement Supérieur. Car littératures, sciences humaines, sciences sociales, mathématiques, médecine sont toutes des SCIENCES dont la Côte d´Ivoire a besoin dans sa quête de co-construction.

 

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Drame au Plateau et Responsabilités

C´est avec stupeur que nous avons été informé du Drame survenu au Plateau à la fin du lancement des feux d´artifice.

Alors que le communiqué du Ministre de l´Intérieur indique que « les circonstances précises de cet évènement tragique font l’objet d’enquête par les services de sécurité », le profane a déjà situé les coupables.

Certains accusent déjà le Ministre de l´Intérieur, d´autres le Gouverneur du District.

En ces moments de consternation et de tristesse, ivoiriens et habitants de Côte d´Ivoire devrions d´abord être au recueillement, au reconfort et à la solidarité envers la famille des défunts et au soutien des blessés .

Que nenni! C´est à croire que les voeux formulés pour 2013 il y a tout juste quelques heures ont déjà été mis aux calendes grecques et les vieilles habitudes ont remis le couvert.

À quand ce véritable changement que nous proclamons tous les jours?

Sur ce drame,  nous parlerons des responsabilités lorsque nous aurons de plus amples informations sur les circonstances. À cet effet, les vidéos de surveillance présentent dans tout le périmètre nous permettrons d´en savoir davantage.

 

Bonne Année 2013!

2012 vient de s´achever il y a quelques heures, et chacun (e) a pu faire son bilan introspectif en toute sincérité. Cette nouvelle année constitue la prise de nouvelles résolutions qui constitueront notre feuille route pour les 12 prochains mois. J´ose espérer que le Tout-Puissant nous accorde la santé et la sagesse nécessaire pour pouvoir les atteindre en toute humilité selon qu´elles nous soient bénéfiques en puisant de nos expériences antérieures.

Faisant partie d´une société, il nous appartient de jouer sincèrement nos différents rôles de père, mère, époux, épouse, élève, étudiant(e), employeur, employeuse, politique  selon le moment. Car c´est dans ce jeu de rôle sociétale que nous pourrons nous affirmer et participer à notre développement personnel et professionnel afin d´atteindre la prospérité et le bonheur que nous recherchons quotidiennement par les actes que nous posons.

À notre très chère Nation, nous lui souhaitons une paix durable pour un développement et une meilleure distribution de ses richesses à venir dans l´équité, la justice et par le travail!

À toutes et à Tous, Bonne Année 2013 ! Et En Avant pour de nouveaux challenges!

Didier Drogba: Après la FIFA dit Niet, maintenant à la Juve?

Après nous avoir désinformés sur le refus de la FIFA d´accorder à notre icône Didier Drogba une dérogation spéciale afin de pouvoir évoluer dans un championnat européen, nos journalistes remettent encore une fois le couvert. Didier Drogba est annoncé à la Juve.

Maintenant, le Nouveau Réveil annonce que Didier Drogba  » discuterait actuellement avec la Juventus, déterminée à obtenir son accord. Le club turinois aurait proposé à l’entourage de Drogba un contrat jusqu’en 2014. Ce dernier préfèrerait un bail d’un an supplémentaire, soit jusqu’en 2015″.

C´est le lieu de rappeler à nos journalistes qui ont relayé l´information que celle-ci n´a pas été et n´est pas juste.

En effet, le Règlement de la FIFA sur les transferts de joueurs en son article 6 alinéas 2 et 3 indique :

2. La première période d’enregistrement commence à la fin de la saison et s’achève, en principe, avant le début de la nouvelle saison. Cette période ne doit pas excéder douze semaines. En principe, la deuxième période d’enregistrement doit se situer au milieu de la saison et ne doit pas excéder quatre semaines. Les deux périodes d’enregistrement pour la saison doivent être communiquées à la FIFA au moins 12 mois  avant leur entrée en vigueur. La FIFA détermine les dates lorsque les  associations ne les communiquent pas à temps.

3. Un joueur ne peut être enregistré – hormis l’exception prévue à l’art. 6, al. 1 – que si le club soumet valablement une requête à l’association concernée au cours de la période d’enregistrement.

Autrement dit, la dérogation demandée par notre DD ne pouvait lui être accordée car ne correspondant à aucune période d´enregistrement.

Thierry Henry, David Bekham ont bien pu bénéficier des enregistrements pour pouvoir jouer en Angleterre et en Italie pour le second alors qu´ils évoluaient dans la Major League Soccer des États Unis.

Aujourd´hui c´est Seydou Keita qui a rejoint le FC Barcelone après la fin de saison en Chine comme Didier Drogba.

C´est le lieu de rappeler à nos sportifs professionnels de prendre en compte l´aspect des compétitions internationales avec leur sélection lorsqu´ils éprouvent le besoin de monnayer leur talent dans des championnats ayant un calendrier qui ne concorde avec celui de leur sélection afin de pouvoir être bien physiquement lors desdits rendez-vous.

Par ailleurs, Le Nouveau Réveil indique qu´il serait en pourparlers avec les dirigeants de la Juventus pour un contrat courant jusqu´en 2015? Cela indique-t-il qu´il restreint son contrat avec son employeur chinois? Ou intégrer la Juve uniquement pour la période de vacances en Chine? Motus et bouche cousue.

De là, on nous rappelle les compétitions de la CAN 2013.

Sportivement,

 

Mes observations sur les « extraits » de la Politique Nationale du Sport en Côte d´Ivoire

Hier, le journaliste sportif ivoirien, Fernand Dedeh, sur son blog, nous faisait l´écho du séminaire organisé par le Ministère de la Promotion de la jeunesse, des sports et loisirs afin d´élaborer une loi du sport en Côte d´Ivoire. Ma réflexion portera sur les extraits de ce qu´il a pu noter de la première journée dudit séminaire. Comme vous comprendrez, il s´agit d´observations subjectives sur la base des extraits qui apparaissent en italique dans le texte ci-dessous.

1. État des lieux

Le sport en Côte d’Ivoire reste peu développé. Environ 27% de la population ivoirienne pratiquent une activité sportive. Toutefois, seulement 10% de cette proportion détient une licence. La discipline dominante est le football avec plus de 80 000 licenciés.

Ce constat s’explique par quatre raisons essentielles:

–        Insuffisance de textes régissant la pratique des activités physiques et sportives

–        déficit de l’offre d’infrastructures adaptées

–        inégale répartition des pratiques sportives sur toute l’étendue du territoire national

–        faiblesse des moyens des structures d’encadrement du secteur des Sports

À mon humble avis, l´état des lieux devait d´abord s´atteler à définir comment la Côte d´Ivoire percevait le Sport avant 2012. Cette définition baliserait les travaux à venir.

De façon générale, le sport était la pratique d´une activité physique liée à une discipline sportive concrète. La finalité était la recherche du bien-être et/ ou une activité ludique qui permettait au pratiquant de s´occuper. De nos jours, au-delà des finalités suscités, le sport est devenu une profession autour de laquelle plusieurs activités rémunératrices se sont greffées et/ou créées.

On ne fait plus de sport pour participer mais plutôt pour gagner. Une fois cette définition faite, nous pourrons faire un inventaire de tout ce qui est en rapport avec le Sport en Côte d´Ivoire.

Autrement dit, il serait judicieux de faire la différence entre le sport d´élite, le sport en milieu scolaire et universitaire et le sport de loisirs.

2. Au plan des textes réglementaires

La gestion du Sport en Côte d’Ivoire repose sur des textes réglementaires qui méritent d’être actualisés pour mieux répondre aux nouvelles missions assignées au département en charge des Sports.

Les textes réglementaires sont le fondement de toutes les actions passées et futures. Il appartient à ce niveau de relever les points faibles des textes existants et les améliorer à travers l´introduction de concepts nouveaux de la pratique sportive tant au niveau de la pratique du sport d´élites, non professionnel comme de la pratique du sport de loisirs.

3. Au plan des infrastructures

Les infrastructures de l’Etat sont constituées par un ensemble de 19 ouvrages dont 17 stades gérés par l’office national des Sports. Ces infrastructures dont l’âge varie de 16 à 36 ans, sont dans un état de délabrement avancé et n’offrent plus de bonnes conditions de pratique et de sécurité.

Hormis les infrastructures de l´État gérées par l´Office National des Sports, il me semble judicieux de faire l´inventaire de toutes les infrastructures sportives existantes sur toute l´étendue de la Côte d´ivoire (collectivités territoriales, Établissements Publics Nationaux, entreprises privées, établissements scolaires, FRCI, quartiers issus de promotions immobilières etc.…)

4. Recherche de financement et partenariat

Le financement du Sport devrait être un maillon essentiel de la Politique Nationale de Sport dans notre pays. La pratique du Sport de haut niveau est liée à de fortes exigences dont la disponibilité de toutes les contingences qui sont des déterminants de la performance. Ces exigences impliquent une option conforme à la réalité socio-économique…. La réalité de notre société voudrait que l’Etat continue d’apporter son appui réglementé à partir de deux axes définis d’un commun accord avec les partenaires du mouvement sportif.

a) les ressources issues des initiatives privées (la famille du sportif, les cotisations et autres recettes propres des associations)

b) les subventions provenant des institutions publiques ou privées (Etat, collectivités locales, les confédérations sportives, les fédérations internationales et comité international olympique)

Il est à noter que le point 4 consacré à la recherche de financement et de partenariat se focalise uniquement sur le sport d´élite. Alors que le financement du sport de loisirs ou encore le sport au niveau scolaire et universitaire devrait être la sève nourricière de notre sport d´élite.

D´autres observations plus approfondies interviendront lorsque nous aurons pris connaissance du document final.

Sportivement,

 

OBSERVATIONS SUR LE NON DE L´HONORABLE YASMINA OUÉGNIN GUESSEND aux modifications de la loi sur le mariage

S’il est vrai que la jeunesse soit un défaut, on s’en corrige bien vite.

Johann Wolfgang Von Goethe

 

 

J´ai été de ceux qui s´interrogeaient sur les raisons du vote  de l´Honorable Yasmina Ouégnin Guessend (je reviendrai sur cette signature) l´une des jeunes députés de la présente législature en Côte d´Ivoire. Le 21 novembre dernier, notre jeune député a voté NON lors de la séance plénière sur  la loi portant abrogation de l’article 53 et modifiant les articles 58, 59, 60 et 67 de la loi n°64-375 du 07 octobre 1964 relative au mariage, telle que modifiée par la loi n°83-800 du 02 août 1983.

Le samedi 24, le site d´information abidjan.net a repris la publication provenant de l´Assemblée Nationale  intitulée L`honorable Yasmina Ouégnin, à propos de la Loi relative au mariage: « Pourquoi j’ai voté Non ».

Je salue l´initiative de cette déclaration qui pourra clarifier l´opinion nationale en général et la jeunesse en particulier sur vote qui a surpris plus d´un surtout sur les réseaux sociaux.

Après lecture des raisons évoquées pour voter contre les modifications proposées par le gouvernement sur la loi du mariage, j´aimerais humblement par ce canal faire les observations suivantes: l´amalgame sur le concept de civilisation et une réflexion personnelle sur la fonction de député ainsi que son appartenance à un parti politique.

Cependant, afin de permettre une meilleure compréhension de cette contribution, il convient aux lecteurs de faire une incursion sur mon article précédent publié le 17 novembre dernier à travers ce lien[1] où je tente de répondre à trois interrogations sur quatre du Groupe Parlementaire du PDCI:

1. L’absence de chef de la famille ne va-t-elle pas entraîner la désintégration de la cellule familiale ?

3. L’absence de chef de la famille ne pose-t-elle pas de problèmes avec nos valeurs sociétales inscrites dans la Bible, le Coran, nos religions traditionnelles qui prévoient explicitement un chef ?

4. Enfin, l’absence de chef de la famille apporte-t-elle un réel avantage à la société, comme est censée le faire toute loi ?

Venons-en maintenant aux raisons de l´Honorable Yasmina Ouégnin Guessend.

En effet, notre Honorable indique d´une part que « Notre civilisation toute entière s’est construite autour de la notion de chef : Chef de famille, Chef de communauté ou de quartier, Chef de village, Chef d’entreprise,… Chef d’Etat et d´autre part qu´il lui « parait donc plus important et urgent de commencer par donner du sens à ces acquis en invitant l’exécutif à appliquer rigoureusement les lois déjà adoptées, avant de s’engager dans des combats futuristes pour des droits que les populations concernées n’ont pas encore revendiqués ».

Les dictionnaires que j´ai pu consulter et contraster (Le Larousse, le Petit Robert, Toupictionnaire (en ligne) etc.) donne deux sens au substantif « civilisation ».

Etymologiquement, civilisation provient du latin « civis » qui signifie citoyen.

Dans sa première assertion, une civilisation est l´ensemble des caractéristiques spécifiques à une société, une région, un peuple, une nation, dans tous les domaines: sociaux, religieux, moraux, politiques, artistiques, intellectuelles, techniques, scientifiques … les composantes de la civilisation sont transmises de génération en génération par l´éducation. Dans cette approche de l´histoire, il n´est pas porté de jugements de valeurs. Ce sens est alors proche de culture qui est l’ensemble des connaissances, des savoir-faire, des traditions, des coutumes, propres à un groupe humain, à une civilisation. On pourrait citer comme  exemples de civilisation la maya, la grecque, la romaine, l´arabe, l´égyptienne, et plus près de nous la civilisation mandingue, l´akan…

Cette définition se rapproche plus de « Notre civilisation toute entière s’est construite autour de la notion de chef : Chef de famille, Chef de communauté ou de quartier, Chef de village, Chef d’entreprise,… Chef d’Etat.

Or il me revient que toutes les civilisations ne se sont pas construites autour de la notion de chef. En effet, il convient donc de faire remarquer qu´il existe dans l´histoire des civilisations, des peuples qui ne se sont pas construits autour de cette notion (celle de chef). Ces peuples ont une organisation acéphale c´est-à-dire « sans tête » ou sans chef. Le peuple Lobi (de Côte d´Ivoire, du Burkina Faso et du Ghana) est un exemple d´ organisation acéphale. Les publications de Madeleine Père sur le peuple Lobi vous édifieront sur le sujet (bref, là n´est pas notre propos).

À partir du moment où les composantes de la civilisation, dans sa première définition, sont transmises de génération en génération par l´éducation, notre Honorable ne peut se soustraire du fait que notre civilisation (dans toutes ses composantes) à laquelle elle se réfère n´est constituée que des us et coutumes de la soixantaine d´ethnies qui peuplent la Côte d´Ivoire. La vie en couple de deux personnes de la même ethnie n´a pas toujours aisée du fait de plusieurs paramètres (personnalité des parties, éducation, vie sociale etc.); si à cela, il faut ajouter les mariages mixtes établis d´une part entre ivoiriens ( de groupes ethniques différents) et d´autre part entre un(e) ivoirien(ne) et une autre personne de culture différente (ethnie, pays, continent) la tâche n´est pas toujours aisée. Ce qui nous emmène à parler du deuxième sens de la civilisation.

Dans sa deuxième assertion, la civilisation désigne l’état d’avancement des conditions de vie, des savoirs et des normes de comportements ou mœurs (dits civilisés) d’une société. La civilisation qui, dans cette signification, s’emploie au singulier, introduit les notions de progrès et d’amélioration vers un idéal universel engendrés, entre autres, par les connaissances, la science, la technologie. La civilisation est la situation atteinte par une société considérée, ou qui se considère, comme « évoluée ». Cette deuxième définition sied le mieux aux propos ci-dessous de notre Honorable qui invite « l’exécutif à appliquer rigoureusement les lois déjà adoptées,avant de s’engager dans des combats futuristes pour des droits que les populations concernées n’ont pas encore revendiqués ».

D´ailleurs, la société ivoirienne actuelle est une société où le mariage a permis d´avoir des citoyens « riches » de par le mariage. En effet, il est aujourd´hui très courant de rencontrer en Côte d´Ivoire des familles mixtes (une étude statistique des mariages en Côte d´Ivoire pourrait corroborer mes propos à moins de faire une incursion au sein de soi-même sa famille).

Les normes de comportements (nous ne parlons plus d´us et de coutumes) c´est-à-dire les lois sont celles qui permettront à notre cher pays d´aspirer à l´égalité entre Toutes et Tous comme le PEUPLE SOUVERAIN DE COTE D´IVOIRE dans sa grande majorité en 2000 a décidé lors du référendum pour la révision de la CONSTITUTION en son article 2: Tous les êtres humains naissent libres et égaux devant la loi. Autrement dit en 2000 déjà, les populations concernées c´est-à-dire les femmes ainsi que les hommes et les jeunes des deux sexes ont voté pour l´égalité devant la loi. Les modifications proposées à la loi sur le mariage n´aspirent qu´au progrès et à l´idéal universel. Car, nous sommes maintenant dans une société où la femme comme vous d´ailleurs travaille, et apporte sa contribution à la gestion et à la vie de la famille. Et cette loi n´est qu´une reconnaissance écrite. Les femmes juristes ont d´ailleurs fait une déclaration sur les retombées positives de cette proposition de loi sur le mariage.

Le dernier point qui n´est qu´une réflexion personnelle porte sur la fonction du député et son appartenance à un parti politique.

Pour l´Honorable Yasmina Ouégnin Guessend « une part du travail législatif consiste à analyser les projets émanant de l’exécutif et à y apporter les correctifs que les élus du peuple jugent utiles et nécessaires à la satisfaction de l’intérêt de la nation qu’ils représentent. La fonction parlementaire serait ainsi vide de tout contenu si les députés se contentaient d’enregistrer, sans critiques et sans propositions, les projets du gouvernement ».

Quelles analyses avez vous faites de ce projet de loi sur le mariage, avant de voter NON? Savez-vous que cette proposition de loi sur le mariage résulte de la ratification le 18 décembre 1995 par l´État de Côte d´Ivoire (gouverné à cette époque par le PDCI) de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF)? Où la Côte d’Ivoire s’est engagée à mettre les dispositions contraires de sa législation nationale en conformité avec les principes défendus par cette Convention?

Vous indiquez par ailleurs certains députés issus du PDCI et de l´UDPCI sur la base de leur expérience et de leur connaissance de la Nation Ivoirienne, ils ont estimé que l’article 58, sur les rôles et responsabilités des conjoints devait être amendé. De quelles expériences et de connaissances de la Nation Ivoirienne parlons-nous? La connaissance des Civilisations de la Côte d´Ivoire (cf. la première définition de Civilisation) ou la connaissance de la Civilisation de la Nation Ivoirienne (cf. deuxième définition de Civilisation)?

Sauf erreur ou omission de ma part, la déclaration du 13 novembre dernier, que le Groupe Parlementaire PDCI auquel vous appartenez a publié, s´interrogeait sur le sens numéro 1 de Civilisation c´est-à-dire nos cultures en Côte d´Ivoire alors que le projet de Loi sur le mariage ne parle que de loi c´est-à-dire la recherche du progrès et de notre idéal d´égalité entre êtres humains autrement dit le sens 2 de la définition que nous avons expliquée antérieurement.

Si la fonction du Député est la défense des intérêts du citoyen par le vote des lois, l´écoute de celui-ci à des moments importants de la vie de la Nation, lui permettrait de contraster les avis et faire un choix juste. Nous encourageons nos hommes politiques à nous lire de temps en temps sur les réseaux sociaux, un moyen facile d´accès au citoyen, afin d´être en phase avec ceux qu´ils représentent. Le président de notre Assemblée Nationale (cf. Guillaume Soro) ne nous dira pas le contraire. Encore moins, certains ministres présents sur la toile (cf. Ministre Lobognon). Ou à tout le moins, écouter des sachants de leur parti politique respectif.

L´Honorable député dit avoir « été bien entendu élue sous la bannière d’un parti politique, avec lequel je partage des aspirations et une vision communes pour le développement de notre société, mais mon mandat relève du Pouvoir Législatif et c’est dans ce cadre que mon action s’inscrit ».

Et continue en indiquant que « Je ne saurai, et ne pourrai, donc me soustraire à mon engagement, en reniant mes propres valeurs et convictions »

Il est bon de rappeler que le PDCI est membre du RHDP, la coalition de partis politiques qui est au pouvoir en ce moment et dont le programme de gouvernement est en application jusqu´en 2015. Ce programme « Vivre ensemble » a été actualisé avant le deuxième tour des élections présidentielles en Côte d´Ivoire. Appartenir donc à un groupe c´est partager cette vision et cet engagement.

Aussi est-il bon de rappeler que vous devez ici et maintenant mettre votre rôle d´élue du peuple à profit pour, « nuit et jour » et en « âme et conscience », veiller au respect des lois déjà existantes (en faveur de la protection de la femme et de l’enfant notamment sur les violences conjugales, les mutilations génitales, le droit à l’éducation et à la santé, le travail et l’exploitation des enfants, le trafic d’enfants et les enfants soldats) en rapport avec la femme et l´enfant et participer activement à l´éducation de ces couches de concert avec les ONG spécialisées.

Pour terminer, je relève un élément anecdotique mais qui me paraît pertinent: la signature Yasmina Ouégnin Guessend. En effet, cette signature va contre l´article 57 de la LOI N° 64-375 DU 7 OCTOBRE 1964,RELATIVE AU MARIAGE, MODIFIEE PAR LA LOI N° 83-800 DU 2 AOUT 1983. En effet, l´article 57 stipule que la femme a l’usage du nom du mari. Autrement dit notre Honorable aurait dû signer Yasmina Guessend.

Les cas de porter deux noms sont propres à l´Espagne et certains pays d´Amérique Latine où le premier nom est celui du père, et le second celui de la mère. Un hispanique qui lit votre identité dira que vous être Yasmina fille de père Ouégnin et de mère Guessend.

Votre signature serait-elle un pas vers le progrès en permettant à nos enfants d´avoir le nom des deux parents comme les pays hispaniques? Ce serait une avancée à laquelle je souscrirais.

Chère Honorable et cadette, telle était ma réponse aux motivations de votre NON car comme Paul Valéry disait « L’histoire, je le crains, ne nous permet guère de prévoir, mais, associée à l’indépendance d’esprit, elle peut nous aider à mieux voir. » (cf. Variété IV page 139)

Citoyennement,

Dissolution du Gouvernement en Côte d´Ivoire: Us et Abus de quelques parlementaires

Alors que le débat sur le non cumul des mandats électifs et nominatifs suivait sa troisième journée consécutives sur les réseaux sociaux, nous avons dû mettre en berne ledit débat, pour commencer à spéculer sur le scoop du jour: la dissolution du gouvernement du Premier Ministre Jeannot Ahoussou Kouadio formé le 13 mars 2012 juste après la publication des résultats des législatives en Côte d´Ivoire.

En effet, ce gouvernement a été formé en prenant en compte la représentativité des partis politiques présents à l´hémicycle.  D´où vient-il donc qu´alors nous ne nous y attendions le moins, le Président de la République annonce la dissolution du gouvernement?

Nous reprenons in extenso les propos rapportés par  l´AFP:

Le secrétaire général de la présidence, Amadou Gon Coulibaly, a ensuite expliqué devant la presse que cette dissolution faisait suite à des dissensions au sein de la majorité, qui réunit principalement le Rassemblement des républicains (RDR) de M. Ouattara et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président Henri Konan Bédié.

Durant l’examen d’un projet de loi sur le mariage, mardi en commission à l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire PDCI et celui d’un petit parti allié, l’UDPCI, ont voté contre le texte du gouvernement.
« Cela pose donc un problème au niveau de la solidarité à l’intérieur de l’alliance et du soutien de l’alliance » au gouvernement, a souligné M. Coulibaly.

Les raisons de la dissolution du Gouvernement sont-elles recevables pour le citoyen lambda? N´est-ce pas un coup d´épée dans l´eau?

Chacun aura à apprécier de la décision. En tant que simple citoyen, non expert de la politique, j´estime que les raisons évoquées sont plus qu´anodines et le Président de la République a bien fait de dissoudre ce gouvernement.

En effet, comme je l´indiquais plus haut, le gouvernement du Premier Ministre Jeannot Ahoussou Kouadio est la résultante des sièges que chaque parti politique a obtenu lors des législatives. En tant qu´homme de parole, le Président de la République qui lors du deuxième tour des Presidentielles avait promis au PDCI que si le groupement politique qu´il représentait, c´est-à-dire le RHDP l´emportait, la primature reviendrait au PDCI. Rappelons que durant l´entre deux tours le programme du Gouvernement du candidat Alassane Ouattara a été revu par le RHDP. Autrement dit, le RHDP s´appropriait ce programme de gouvernement et s´engageait à le mettre en oeuvre.

Bien entendu,  la mise en oeuvre de son programme de gouvernement nécessitant la révision de certaines lois, les ministres sont donc tenus de se présenter devant la nation à travers ses représentants à l´hémicycle pour présenter les projets de loi, faire des amendements si possible et les voter. Fort donc de cela, la Commission des Affaires Générales et Institutionnelles (CAGI) présidée par Mme Affousy Bamba a reçu la Ministre déléguée à la Justice, Mme Matto Loma Cissé accompagnée de la Ministre de la Famille, de la Femme et de l’Enfant (issue du PDCI) le 13 novembre dernier pour présenter le projet de loi portant abrogation de l’article 53 et modifiant les articles 58, 59,60 et 67 de la loi N° 64-375 du 07 octobre 1964 relative au mariage, telle que modifiée par la loi N°-800 du 02 août 1983.
Sur les 34 membres présents, 16 députés votent pour l’amendement, quand 17 autres s’insurgent contre et 1 abstention a été enregistrée.

Dans le paysage politique ivoirien, si l´un a été surnommé « Le BOULANGER » pour sa roublardise et son non-respect de la parole donnée,  le résultat de ce vote vient marquer définitivement un nouveau groupe de politiques qui pratiquent l´« INCESTE POLITIQUE« . Inceste parce que métaphoriquement parlant, il s´agit d´une  relation mal venue entre entités très proches. En effet, ce sont en partie des membres du PDCI qui votent contre un projet de loi présenté par des ministres issus de leur rang ( surtout la Ministre de la Famille issue du PDCI, alors que M. Loma Cissé est déléguée du Premier Ministre PDCI). Et également de députés UDPCI membres du RHDP. Autrement dit, ils ont osé faire ça à leur parti et aux électeurs qui leur ont fait confiance.

J´aurais compris ce refus d´amendement du projet de loi s´il s´agissait de députés non issus du RHDP.

C´est le lieu d´interpeller nos honorables députés du RHDP sur la nécessité de bien lire ou relire (c´est selon) le programme de gouvernement ( il doit même être leur livre de chevet) pour lequel les électeurs les ont désignés afin de les représenter à l´hémicycle et de faciliter l´application du « Vivre ensemble » du Président de la République qui est la vision de la Côte d´Ivoire jusqu´en 2015 pour le moment.  Cette vision doit être celle de la majorité qui doit nous permettre d´atteindre l´émergence à l´horizon 2020. Et cette émergence passe par l´égalité des genres. Si notre pays a ratifié les traités internationaux sur le genre comme l´a rappelée la Ministre de la Famille, ce n´est pas certains honorables qui vont nous empêcher de mettre à jour notre législation.

Par extension, nos hommes politiques doivent apprendre à respecter la parole donnée. Sinon à cette allure, nous ne sommes pas encore sortis de l´auberge après toutes les critiques qui ont plu sur l´ancien pouvoir.

En passant, je n´oublie de rappeler que notre caravane du #nonaucumul des mandats électifs et/ou nominatifs suivra son cours.

C´était mon coup de gueule citoyen,

Affaire de cumul en Côte d´Ivoire

J´ai été accueilli en cette mi-journée sur twitter avec le hashtag #nonaucumul en Côte d´Ivoire. Si hier, les réseaux sociaux faisaient le combat pour l´instauration de la démocratie par l´application du verdict des urnes en Côte d´Ivoire, eh bien, aujourd´hui c´est un appel à renoncer au cumul des mandats en Cote d´Ivoire.

Une définition du terme « cumul » nous permettrait d´assimiler les contours de ce concept à la Une.  Selon le dictionnaire Larousse, le cumul c´est le fait, pour une même personne, d´exercer simultanément plusieurs activités (professions, fonctions publiques, mandats électifs, etc.) et qui est réglementé.

Pour le cas qui nous concerne, nous allons nous appesantir deux types de cumuls: le cumul électif et le cumul nominatif.

Le cumul électif, c´est lorsqu´une personne se fait élire après une élection au poste de parlementaire, maire ou conseiller général.

Autrement dit, une même personne se présente simultanément aux postes de député, maire et conseiller général. Et si tout se passe bien pour lui et son staff, il n´est pas étrange de le retrouver député-maire et conseiller général. Car aucune disposition légale, n´interdit à aucun citoyen de cumuler des postes électifs. Si à cela, l´on ajoute qu´il avait été nommé ministre. On se demande bien comment ce ministre serviteur de la République est à même d´être efficient au Parlement, à la mairie de sa localité et le Conseil de la Région qu´il dirige. Disposons-nous de Ministre-Député-Maire- Conseiller Général qui a eu un mandat ayant satisfait son électorat en accomplissant toutes ses promesses de campagne?  J´en douterais fort bien tant en Côte d´Ivoire qu´ailleurs. Malgré cela, s´il se présente à nouveau, l´électorat souvent n´hésite pas à l´élire encore.

Parlons maintenant du mandat nominatif. En effet, il s´agit de fonctions publiques pour lesquelles une personne est cooptée soit pour sa compétence, son expertise ou son appartenance à un parti politique. Eh bien, cela pourrait se comprendre si on ne s´en tenait qu´à un seul poste. Mais lorsque la même personne est membre de Conseils d´Administration, Directeur Général ou encore Conseiller Spécial, il faut bien s´interroger. Le pays ou le parti politique ne dispose-t-il pas suffisamment de talents? Même si les réunions de Conseil d´Administration ou de Conseiller Spécial ne sont pas régulières, il faut faire noter que le pays dispose de bien de capital et /ou ressources humains qui soit en mesure d´apporter et de partager son expérience et/ ou d´en acquérir de nouvelles pour son propre développement et celui de la structure qui l´emploie.

Pour ma part, j´estime que pour le cumul de mandats électifs il appartient à l´électeur de savoir réellement ce qu´il veut pour lui, pour sa circonscription, sa commune,  sa Région et son pays. L´initiative de dire non au cumul des mandats est louable, cependant, le dernier mot revient à l´électeur de faire comprendre au « cumulard » et/ ou au « cumulard en puissance » que le cumul ne profite pas toujours aux deux parties; et les arguments ne font pas défaut:

– plusieurs des mandats exercés sont réputés demander un travail important avec par exemple la gestion de collectivités publiques de taille non négligeable (Commune, Conseil Général ou prochainement Conseil Régional)

– des risques de conflits d’intérêts entre les différentes fonctions exercées (mandat exécutif d’un côté, mandat législatif de l’autre) ;

– difficile répartition de la responsabilité et des fonctions entre davantage de mains ;

– de fortes tendances à l’absentéisme au sein des instances élues et une dégradation de la qualité du suivi des politiques publiques. Nous osons espérer que la suppléance au sein de notre Parlement va nous éviter le fort d´absentéisme de nos ministres-députés des législatures précédentes.

– la composition et le renouvellement de la classe politique en sont affectés du fait de l’appauvrissement de la compétition politique : les candidats en place, qui exercent plusieurs mandats et ont accès à des ressources diversifiées, sont avantagés vis à vis de leurs concurrents « outsiders » et ou «tocards».

Les partisans du cumul diront que celui-ci permet un meilleur ancrage des parlementaires sur le terrain, une meilleure connaissance des problèmes locaux, et une plus grande proximité avec les citoyens.

Dans les deux cas, c´est le citoyen qui est la cible du mandat à exercer. C´est lui qui connaît les retombées des choix qu´il fait lorsqu´il se rend à l´isoloir. Autrement dit, il lui appartient de déterminer le type de mandants dont il a besoin.

Pour conclure, je dirai que la décision du cumul de mandats électifs est entre les mains du citoyen-électeur. Quand aux cumuls de mandats nominatifs, il appartient au(x) parti(s) politique(s) au pouvoir de veiller au non -cumul desdits postes et permettre une répartition équitable des postes à responsabilité aux citoyens capables de contribuer au développement de la nation et au bien-être de ses concitoyens.

Une étude de 2011 indiquait la proportion de députés ayant au moins un mandat local dans les pays suivants:

Etats-Unis (Fédéral) Royaume-Uni Italie Espagne Allemagne Suède France
0% 3% 7% 20% 24% 35% 83%

Quel sera le pourcentage en Côte d´Ivoire après les prochaines élections groupées (municipales, conseils régionaux). Tenterons-nous de nous rapprocher des pays à faible pourcentage ou allons-nous suivre l´exemple des pays à plus de 30 % de députés ayant au moins un mandat local?

En tant que citoyen et électeur, cette décision de cumul de mandats électifs t´appartient, en attendant le vote d´une loi.

Titre foncier en Côte d´Ivoire: Entre FOI ET RAISON

Le 8 novembre dernier, 4 quotidiens ivoiriens nous faisaient l´écho d´un litige opposant le Ministère de l´Enseignement Supérieur de Côte d´Ivoire et l´Eglise des Assemblées de Dieu de Côte d´Ivoire:

L´objet de ce litige est un espace de 31.000 mètres carrés que ces deux entités se disputent.

Bien que n´étant pas expert en matière d´urbanisme ou de topograhie, j´estime que la raison nous permettra de démêler le puzzle qui oppose l´État de Côte d´Ivoire à l´Eglise des Assemblées de Dieu de Côte d´Ivoire. Nous osons compter sur la bonne foi des journaux ( Le Nouveau Réveil, Le Mandat, L´Intelligent d´Abidjan et Notre Voie) qui ont apporté les éléments qui vont étayer nos propos.

D´une part, aux dires du directeur de la décentralisation des universités, Dr N’guessan Kouamé, cette Eglise est bel et bien sur le site de l’université. «Le domaine de l’université est constitué de trois (03) titres fonciers. Celui qui fait aujourd’hui l’actualité est le titre foncier numéro 14668 du 2 janvier 1969. Il y a 16500 m2 du site de l’université qui sont occupés par l’Eglise(…) Le ministre a reçu les responsables pour leur signifier cela. Il a demandé à la direction de la topographie et de cartographie de faire des simulations pour leur épargner une partie du terrain qui traverse l’Eglise. Et ces simulations ont été faites de sorte que sur les 16500 m2 appartenant à l’université donc à l’Etat, 8262m2 ont été concédés à l’Eglise et 8262 autres à l’université. Le titre foncier, selon lui, a été obtenu le 2 janvier 1969 et le certificat de propriété le 11 juin 2004 ( in le Nouveau Réveil).

D´autre part, installé près de la résidence de Mme Thérèse Félix Houphouêt Boigny depuis 1993, le temple des Assemblées de Dieu de Cocody détient un certificat de propriété depuis le 5septembre 2012 après avoir obtenu la lettre d’attribution en 1996 ( in Notre Voie).

Après des échanges entre les deux parties, il a été convenu le principe de concession de 8250 m2 à l’Eglise des Assemblées de Dieu. Soit une partie de la superficie au centre du contentieux foncier (in l´Intelligent d´Abidjan). D´où vient-il donc qu´elle se mette à menacer et à manipuler ces fidèles pour un espace qui juridiquement ne lui appartient pas?

Selon la date d´acquisition desdits titres, la raison aurait voulu que le propriétaire du terrain soit l´Université. Que nenni! La structure religieuse brandit un Titre Foncier acquis 27 ans plus tard. Il est à noter le caractère particulier des deux entités en conflit: l´Université ( temple du savoir et de la raison) et l´Eglise (temple de la foi).

C´est le lieu de rappeler à toute personne physique ou morale, indépendamment de son statut spirituel, qu´elle doit se conformer aux lois de l´État dans lequel elle s´établit. La Côte d´Ivoire est un État laïc, et tous devons nous conformer aux lois qui le régissent. D´ailleurs, nos religions nous enseignent à respecter le bien d´autrui, la loi. Alors, il nous paraît incongru toute cette victimisation, tous ces appels tendancieux contre le ministère de l´Enseignement Supérieur qui ne fait que réclamer ce qui lui appartient de plein droit. L´entité religieuse aurait dû faire profil bas, car si les titres fonciers mentionnés par les journaux, sont exacts, elle aurait fait du faux et aurait abusé de ces fidèles qui trouvent en elle, celle qui enseigne le bien et reprouve le mal. Et cette caution morale serait durement entâchée.

Il est également fait écho, dans un tweet du Ministre @ALAINLOBOGNON, qu´à Treichville, un site de son ministère (Promotion de la Jeunesse et du Service Civique) est occupé par une Église depuis 1994. Celle-ci refuse de partir arguant y avoir beaucoup investi. Quid des projets dudit ministère sur ledit site? En plus, le Ministre Lobognon ajoute qu´après le décès du Président Felix Houphouet Boigny  de nombreux terrains et biens immobiliers appartenant à l´État de Côte d´Ivoire ont été « vendus » à des tiers. Le nouveau gouvernement est entrain de faire des mains et des pieds pour récuperer tous ses biens qui ont été spoliés à l´État.

Par ailleurs, nous osons espérer que de nouveaux cas ne puissent être signaler durant cette mandature.

C´est le lieu d´interpeller toutes ces personnes morales, qui en plus ont une fonction SPIRITUELLE sur nous leurs fidèles en particulier et la population en général, sur leur devoir de modèle vis-à-vis de la Société. Elles doivent être le modèle, l´exemple de civisme et de citoyenneté. dans leur pratique quotidienne tant dans l´acquisition des espaces domaniaux comme dans bien d´autres domaines. Car nos États sont en construction, et si ces personnes morales ne peuvent nous aider qu´elles ne nous empêchent pas non plus de le construire en brandissant le spectre religieux pour acquérir ce qu´ils désirent même lorsqu´elles sont dans le faux. De même que les personnes physiques doivent également respecter la loi dans l´acquisition de terrains.

À nos chers journalistes ou rédactions de revoir les titres des sujets qu´ils abordent dans le contenu du journal. Certes il faut vendre son journal, mais la mission première d´un journal est de bien informer ses lecteurs, car c´est ce qu´enseigne l´éthique et la déontologie de leur corporation. Sinon, pour les titrologues (lire la couverture des journaux sans l´article), cela incite à la révolte ou à la violence. Surtout en cette période réconciliation nationale, car hier twitter certaines personnes ont fait des amalgames fâcheux entre la foi et la raison, appelant à la formation d´un bouclier humain car l´Eglise des Assemblées de Dieu, qui est un lieu saint, était entrain d´être détruite par le Ministre de l´Enseignement Supérieur, alors qu´il s´agissait d´un pan de la clôture de l´Eglise qui a été démolie.

À ces personnes là, nous leur concédons le fait que l´Église est un lieu Saint. Cependant, est-ce une raison pour occuper sans foi ni loi la terre qui par principe juridique appartient à l´Etat? Et qui plus est détient un Titre Foncier légalement délivré?

Dans l´application de la loi, nous avons plus besoin de raison que de foi.

MA PART DE VÉRITÉ SUR LES 75% D´ÉCHEC AU BAC ET 85 % AU BEPC

Les résultats du BEPC viennent de fermer le cycle des examens à grand tirage organisés par le Ministère de l´Education Nationale de Côte d´Ivoire.

Alors qu´une presse faisait remarquer une baisse ou une mince progression du nombre d´admis aux examens du BAC et du BEPC, les journaux proches de l´opposition titraient : 75 % d´échec au BAC, 85% d´échec au BEPC et indexent nommément l´inconscience criante des élèves, la démission collective des parents d´élèves et non sans oublier le gouvernement actuel au pouvoir depuis Avril 2011 par ces propos in extenso:

“Le gouvernement est en ce moment dans de beaux draps. Aucune nouvelle université publique n’a encore été construite, comme annoncé depuis 2011 à grands renforts publicitaires. Comment s’arranger pour éviter que les universités publiques existantes, aux effectifs déjà pléthoriques (quatre générations d’étudiants attendent depuis plus d’un an la rentrée universitaire) accueillent dans les années à venir moins de nouveaux bacheliers. Agir en amont pour freiner l’avancée des diplômés du secondaire, ce sont en réalité les non-dits d’une telle débâcle. Selon des sources proches du ministère de l’Education nationale, les résultats, dit-on, positifs de la lutte contre la fraude et de la tricherie aux examens à grand tirage qui a mis à nu le niveau réel des candidats en 2011 et en 2012, est le prétexte tout trouvé pour justifier ces contre-performances des candidats. »

Ma question est de savoir si réellement lesdits journaux ont fait une réflexion sérieuse sur les résultats des examens des dernières années au lieu d´appeler à la démission de Madame La Ministre Kandia Camara ? Je répondrai par la négative.

Ailleurs, une presse responsable et professionnelle aurait fait une réflexion objective de la situation dans laquelle se trouve notre système éducatif et les résultats aussi bas enregistrés ces dernières années où à défaut consulter une personne-ressource. Que nenni ! Chez nous en Côte d´ivoire, une partie de notre presse qui se dit être en quête du professionnalisme voit les problèmes autrement. Quand bien même il s´agit d´un thème aussi sensible comme l´éducation des futures générations de notre pays : c´est le parti au pouvoir qui est indexé, le vouant à la vindicte populaire. Tout est ramené au politique. Pour quel but ? Manipuler la population (cf. mon billet sur la désinformation, la propagande et la manipulation de partis politiques dans la rubrique « ma lucarne citoyenne »).

S´il est bien vrai que depuis avril 2011, c´est le Président Allassane Ouattara qui est au pouvoir, les résultats des examens à grand tirage ne peuvent lui être attribués entièrement.

A contrario de la presse de l´opposition, nous pourrons indiquer des facteurs essentiels de ces résultats : la création ex materia des candidats de Tle et de 3ème, le dysfonctionnement du système éducatif ivoirien, les grèves intempestives, le recrutement du personnel, la fraude et la prolifération des établissements scolaires.

Parcourons ensemble  donc cette énième réflexion liquide qui n´est pas exhaustive.

1.      La création ex materia des candidats de Tle et de 3ème

Les candidats des classes Tle et de 3ème  de cette année scolaire encore moins ceux de l´année dernière ne sont pas une création ex-nihilo. Il ne s´agit de candidats qui ont surgi « à partir de rien » et se présentent sans autre forme de procès aux examens desdites années : il s´agit plutôt d´une création ex materia. En effet, ces candidats proviennent d´un substrat préexistant. Ils ont suivi un cursus normal.

Ainsi, les candidats de Tle de cette année ayant connu un brillant parcours scolaire c´est-à-dire sans avoir redoublé de classe se seraient inscrits au CP1 durant l´année scolaire 1999-2000 et ceux de la 3ème auraient commencé leur cursus en 2002. Je ne m´attarderai pas  sur les candidats ayant fait de longues études primaires et secondaires.

Partant de cette considération objective, on pourrait aisément imaginer le parcours que ces cadets ont suivi. Après un trimestre normal, survient un coup d´état qui met à la tête du pays le Général Guéi et une transition militaire qui dure une année. En 2000, des « élections jugées calamiteuses » avec la victoire de Laurent Gbagbo. Puis la crise de septembre de 2002, et les élections de novembre 2010 qui entraîne un dysfonctionnement dans le système scolaire ivoirien.

2.      Le dysfonctionnement au niveau du système scolaire ivoirien

A la faveur de la crise de Septembre 2002, les fonctionnaires et travailleurs des zones CNO (Centre- Nord- Ouest) en charge de l´éducation de nos élèves se retrouvent dans la zone sud dite « la Côte d´Ivoire utile ».

Le système scolaire au Nord du pays est totalement inexistant faute de personnels enseignants. Malgré les négociations afin de permettre le redéploiement de cet effectif, les efforts sont restés vains. Les Forces Nouvelles lancent un appel aux volontaires (des étudiants et enseignants du privé restés sur place dans leur majorité) afin de pouvoir encadrer les élèves dans ladite zone, les mettre à niveau et pouvoir leur permettre de se présenter aux évaluations nationales.

Au Sud, on assiste à un engorgement dans les établissements scolaires.  Les élèves du nord doivent poursuivre leur cursus scolaire. A défaut de pouvoir accueillir tout cet effectif dans les établissements scolaires, la double vacation est créée afin de pouvoir contenir les effectifs et résorber les difficultés suscitées. De sorte que le volume horaire requis pour l´achèvement du programme scolaire n´est jamais atteint. Sans compter, la mauvaise utilisation du personnel enseignant momentanément « délocalisé » au Sud, de même que les mouvements de grèves répétées dans le secteur.

3.      Les grèves dans le monde de l´éducation

Il serait prétentieux pour ma part de compter le nombre de grèves qu´il y a eu dans le monde de  l´Éducation Nationale de 2002 jusqu´en 2010 en Côte d´Ivoire.

Les jours pairs, ce sont les enseignants du public qui réclament une revalorisation de leur grade à la fonction publique, des primes d´installation, de logement etc. ou les enseignants du secteur privé qui réclament le paiement régulier de leurs émoluments à défaut d´un salaire digne.

Les jours impairs, ce sont les apprenants avec le principal mouvement syndical la FESCI qui prennent le relais en se mettant en vacances un peu plus tôt que la date officielle (veille des congés scolaires surtout Noel), veulent la gestion des COGES, de bonnes conditions d´études, et durant leur mouvement empêchent les élèves du privé de suivre ou y entraînent les plus petits du primaire. Nous passons sous silence la défiance à l´autorité formatrice avec la violence faite au corps enseignant.

Pour boucler la boucle, ce sont les fondateurs des établissements scolaires privés qui expulsent les élèves affectés de l´État pour non-paiement de la subvention qui leur est due.

Ainsi s´installent de longues semaines de fermeture des établissements pendant lesquels les élèves sont livrés à eux-mêmes, si les parents n´ont pas les moyens de leur prendre un répétiteur à la maison. Ces répétiteurs sont souvent constitués d´étudiants ou d´enseignants qui veulent arrondir leur fin de mois. Cela nous emmène à parler des recrutements de nos enseignants.

4.      Le recrutement de notre personnel enseignant.

Même s´il ne s´agit pas de jeter l´anathème sur ce corps de métier mien, force est de reconnaître que nous avons maintenant des « collègues » qui ne sont pas du tout à la hauteur de ce sacerdoce. Ils y sont arrivés par des voies diverses : népotisme, copinage et autres bases subjectives ; en effet, on veut caser un parent du village ou encore un militant pour « service rendu » au parti. Si cela se faisait sur la base du mérite, en prenant au moins en compte les critères requis, bien que non éthique l´on l´aurait néanmoins compris. Mais hélas, à la faveur de ses concours de recrutement, notre système éducatif (surtout au primaire) a accueilli en son sein « tout le monde ». Des instituteurs et/ou instituteurs adjoints titulaires du BEPC (Brevet d´Etudes du Premier Cycle) pour ceux qui en ont ou de niveau 1ère vendeuses de beignet, gérants de cabine téléphonique ou encore paysans qui ont cessé d´aller à l´école depuis des années et qui soudain retrouvent le monde de l´éducation. Des enseignants du secondaire également présentant les mêmes insuffisances de parler correctement encore moins d´écrire une phrase correcte ou la maîtrise de la discipline qu´ils enseignent. Ce ne sont pas les enseignants du CAFOP encore moins les Inspecteurs qui me mettront en minorité. Leur moyen d´accès à ce corps doit être « amorti » rapidement car pour certains l´investissement est lourd.

5.      Fraude

L´un des moyens pour amortir rapidement cet « investissement » est de procéder à la vente de matériels d´apprentissage (photocopie) qu´on vend aux élèves en lieu et place des ouvrages officiels. Celui qui ne les achète est passible de sanction. En plus, bien qu´interdits par la tutelle, des cours de renforcement sont exigés aux élèves. Il faut bien payer pour cela. Arrivent les examens de fin d´année où également il faut payer pour tricher et/ou recevoir la réponse aux questions. Ou encore les « opérations hiboux » organisées dans des centres de correction. D´ailleurs, cette année des enseignants ont été appréhendés et mis à la disposition de la justice afin qu´ils puissent répondre de leurs actes.

En plus des facteurs suscités, un autre non moins important qui assez souvent n´est pas pris en compte dans le niveau de réussite est à signaler : les infrastructures scolaires.

6.      La prolifération des établissements scolaires

Force est de constater que le nombre d´établissements scolaires autorisé à exercer a augmenté de manière exponentielle pendant cette décennie. Des autorisations sont délivrés à tour de bras, sans une inspection préalable sur la moralité du demandant encore moins sur l´espace où l´activité va s´exercer. Des « affairistes véreux » à la recherche du gain facile ouvrent des écoles afin de s´enrichir rapidement avec des « publicités mensongères » qui n´ont rien à voir avec leurs établissements au détriment des élèves qui y sont affectés et des parents. La qualité du personnel recruté est à désirer.

Ainsi naquirent écoles-boutiques situées près d´espaces de loisirs, de maquis et autres restaurants, de marchés et voiries où le bruit est un facteur nuisible à l´apprentissage et cause de maladie psychiques et sensorielles.

Je vous épargne le fait que le pouvoir était aux mains des « professeurs » qui nous avaient promis une refondation de la Côte d´Ivoire. Ce qui présumait d´emblée une bonne politique en matière d´éducation surtout par l´exemple. Mais hélas et mille fois hélas, ce ne fut qu´une gageure. Et les résultats de cette gestion sont là : tristes et révoltants.

Cependant, il est à espérer que cette décennie soit loin derrière nous. Car des perspectives meilleures se présentent à nous avec une bonne visibilité. Il n´y a qu´à lire le Programme National de Développement et se faire un idée. Pour les plus sceptiques, je les ramène aux actes que le nouveau gouvernement pose chaque jour en matière d´éducation par la réhabilitation, la construction de nouvelles infrastructures éducatives.

La nouvelle Université renaîtra sous peu afin d´accueillir les admis de cette année également. A cet effet, j´aimerais relever un abus de langage qui est généralement fait sur les étudiants bacheliers qui jusque-là n´ont pas encore pris de cours à l´université. On parle de « quatre générations qui attendent depuis plus d´un an la rentrée universitaire ». Il n´est pas exact de le dire. Selon le dictionnaire Le Larousse, une génération c´est l´espace de temps qui sépare chacun des degrés de filiation. Il y a environ 3 générations dans un siècle. Autrement dit, il serait exact de dire quatre promotions car il s´agit de l´ensemble de personnes entrées la même année à l´école.  

Les facteurs de ce faible niveau de réussite dans notre système éducatif étant répertoriés, il appartient à l´autorité de tutelle, au gouvernement, au secteur privé et à tous les acteurs de la société d´entrevoir des réflexions co-constructives débouchant sur des solutions durables pour le TRIOMPHE DE L´ÉLÉPHANT.

En mode liquide,