Sarkozy et les 100.000 € du Forum Forbes Afrique 2014 !

Le 25 juillet dernier se tenait à Brazzaville au Congo l´Edition 2014 du Forum Forbes Afrique dont le thème était Les défis de la bancarisation: construire le modèle Africain.

Selon l´Express, Nicolas Sarkozy a perçu 100.000 € pour avoir donné son point de vue sur l´Afrique de demain. Cette participation qui n´est pas du tout une première mondiale a fait couler beaucoup d´encre et de salive dans la presse surtout francophone que dans les réseaux sociaux. Chacun y va de son commentaire sur un ton sarcatisque: sacré francophone.

Dans le monde anglophone, cette conférence de Nicolas Sarkozy ancien Président de France n´aurait pas provoqué tout ce levier de bouclier auquel on assiste contre l´homme. Est-ce parce qu´il s´agit de la personne de Sarkozy que la gâchette est à fleur de peau?

Voyons voir comment se comportent les anciens présidents et chefs d´État avec les conférences et conseils:

Tony Blair ( Premier Ministre britannique de 1997-2007 )

Selon la presse britannique, l´ancien locataire du 10 Downing Street a gagné la somme de 13 millions de livres en 2013, soit plus de 15,6 millions d’euros. Une somme accumulée grâce à ses conseils prodigués à la banque américaine JP Morgan, au géant de l’assurance Zurich International et une compagnie pétrolière coréenne. Ses conférences sont payées 300.000 euros en moyenne par apparition.Il a même donné des conseils au gouvernement du Kazakhstan. Pour un discours de 2 heures et demi prononcé aux Philippines en 2013, Tony Blair aurait perçu 450.000 €

Bill Clinton ( Président des Etats-Unis de 1993-2001) Le plus cher des speakers

L´ancien président américain Bill Clinton aurait gagné 580.000 € en réalisant un discours pour l´entreprise de Télecoms Ericsson. La fondation Bill Clinton indique qu´il a prononcé 54 discours rémunérés en 2011, qui lui ont rapporté 10,1 millions d´euros.

Al Gore ( Vice-Président des Etats-Unis de 1993-2001) Mr réchauffement climatique

BIen que ancien Vice-Président, pour un discours de 75 minutes, les honoraires d´Al Gore oscillent entre 100.000 dollars et 175.000 dollars. C´est l´expert du Changement climatique. Il a su dénicher ce créneau. Et depuis, sa fortune personnelle est estimée à plus de 100 millions de dollars.

Gerhard Schröder (Chancellier Allemand 1998-2005)

Sa présence serait payée à 100.000 euros. En plus de ses conférences, Gerhard Schröder est conseiller sur la politique internationale de Ringier ( un groupe de presse suisse) ce qui lui vaut un petit fric. Il a également prodigué quelques bonnes paroles aux banques d’affaires Goldman Sachs et Rothschild.Ce n’est toutefois rien en comparaison de sa poule aux œufs d’or: le géant gazier russe Gazprom. L’ex-chanchelier a été nommé pour diriger le conseil de surveillance du consortium germano-russe, chargé de la construction du gazoduc reliant la Russie à l’Allemagne sous la Baltique. Un projet pharaonique, pour lequel il toucherait au minimum 250.000 euros par an, tout en siégeant au board du pétrolier russo-britannique TNK-BP (200.000 euros par an). Des niveaux que l’on est encore loin d’atteindre pour un ex-président français.

Et chez nos ancêtres les gaulois?

Hormis DSK qui perçoit entre 75.000 et 150.000 € par discours rejoignant le peloton de tête. Les autres sont dans la queue du péloton.

François Fillon: 30.000 à 50.000 € par conférence tout comme Jean-Pierre Raffarin et Michel Rocard. Dominique de Villepin oscillerait entre 15.000 et 30.000 €.

Il y a une belle et bonne vie après la Présidence , la Vice-Presidence ou la Primature d´un État.

Au lieu de ruer dans les brancards ces anciens politiques qui gagnent leur vie en faisant des conférences ou du conseil, c´est le lieu de rappeler à nos hommes politiques qu´il y a une belle et bon vie après le pouvoir d´État. Il ne sert à rien de s´arc-bouter à un pouvoir qu´on a perdu, en voulant tripatouiller la constitution, les résultats d´une élection pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir et en tuant des milliers d´innocents. Et de continuer de vivre aux dépens de nous pauvres contribuables africains. Car toute la somme d´expériences acquises dans l´exercice du pouvoir d´État peut être mise à profit au bénéfice des Ëtats du monde, des entreprises qui en feraient la demande.

Certains anciens présidents africains ( Olusegun Obasanjo) ou africains d´organisations internationales ( Koffi Anan, Bio Tchané) le font d´ailleurs même si leurs honoraires ne sont pas connues. Il appartient à nos hommes politique de savoir préparer leur reconversion post-pouvoir d´Était. Ainsi, ils pourront monnayer leur expertise en matière de résolution de conflits, économie, paix, démocratie, droits de l´Homme à travers le monde et laisser leur pays suivre sa marche par le renouvellement de sa classe politique.

Anciens hommes d´État avec un bon background, si voulez vous faire du fric honnêtement le chemin est tout tracé: conférences et conseils!

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Dépité par nos députés ….

Kouadio Konan Bertin (KKB), député de Port-Bouët à l`Assemblée nationale et ex secrétaire général de la jeunesse du PDCI RDA s´est prononcé au cours d`une conférence sur des points de l`actualité politique ivoirienne: – son opposition à la nouvelle CEI – la visite de François Hollande et, – les élections 2015 Politique-KKB-PDCI-0003 Cette sortie de presse du 16 juillet dernier fait suite à la saisine du Conseil Constitutionnel en juin dernier par KKB et 28 autres députés, après que l´Assemblée Nationale de Côte d´Ivoire ait approuvé la composition de la Commission Électorale Indépendante ( CEI) en juin dernier. Le présent billet est le dépit que j´ai pour certains de nos députés. Nous n´insisterons pas sur la saisine du Conseil Constitutionnel qui est légitime. En effet, la constitution ivoirienne de juillet 2000 dans son article 77 autorise les députés ( le PANCI, un dixième au moins de députés ou un groupe parlementaire) à saisir le Conseil Constitutionnel avant la promulgation d´une loi. Par contre, les propos tenus par KKB extenso « mais dans une sorte d’aveuglement, le conseil a préféré valider la position du gouvernement, laissant toute entière la menace que fait planer sur nos compatriotes l’action future d’une commission à ce point déséquilibrée, structurellement partiale et en mission commandée pour un camp » ne sont pas dignes d´un pseudo démocrate, député de surcroît, qui ferait bien d´exposer à la Nation les raisons de son désaccord à la décision de notre Conseil Constitutionnel que de nous enfariner dans une prophétie malachite d´une autre époque récente de l´histoire de notre pays. Son conseil d´Avocats, s´il en a, pourra lui donner les éléments juridiques pour démonter la décision du Conseil Constitutionnel au lieu de descendre dans la gadoue. Hormis cette mise au point, j´ai été particulièrement impressionné par le paragraphe suivant de son intervention sur la visite du Président François Hollande et je cite  » Loin de ces pratiques d’un autre temps, nous souhaitons attirer l’attention de notre hôte de marque sur les attentes de nos compatriotes et de tous ceux qui vivent dans ce pays et l’aiment profondément. Toutes ces années de crise destinées à nous empêcher de prendre le gouvernail de notre avenir ont jeté nos populations dans une pauvreté sans nom. Les ivoiriens aspirent donc à: – la sécurité pour eux-mêmes et pour leurs familles, – la garantie de leurs libertés fondamentales, manger à leur faim c´est-à-dire trois (3) repas par jour, – se soigner – envoyer leurs enfants à l´école, – avoir un emploi, – avoir un logement. En un mot, satisfaire leurs besoins fondamentaux. Un vrai retour au degré zéro du progrès. C´est à cette Côte d´Ivoire martyrisée, ruinée, appauvrie mais debout et désireuse de se reprendre en main sous le leadership éclairé, imaginatif, volontaire et intègre d´une nouvelle équipe dirigeante que nous appelons clairement de nos vœux qu´il faudra que le Président français s´adresse. OUI, vous avez bien lu la liste des aspirations des Habitants de la Côte d´Ivoire égrenée par l´Honorable député KKB qui siège à l´Assemblée Nationale de Côte d´Ivoire depuis le 16 décembre 2011. Eh bien, le « Bréviaire de KKB » me gêne à plus d´un point et est l´objet de mon dépit car venant d´un député et il n´est pas le seul à claironner à longueur de journée dans les médias sur ces aspirations. Cher Houphouétiste (sic) KKB que peut le Président Hollande pour résoudre ton bréviaire? Il n´est pas député ivoirien, mais toi tu l´es. Dans la pratique que fait réellement KKB depuis trois ans qu´il siège à l´hémicycle? Qu´il ne nous dise pas qu´il vient de recevoir une révélation de « ces besoins fondamentaux » énumérés lors cette conférence de presse. L´article 71 de notre constitution fait cas des domaines de la loi que le député vote. KKB a-t-il pris la peine de parcourir le Règlement Administratif de l´Assemblée Nationale de Côte d´Ivoire depuis qu´il siège au Parlement de Côte d´Ivoire ? Ledit Règlement dans son Livre II Procédure législative, Titre I Procédure ordinaire, Chapitre I Projets et propositions, en son article 52 définit la proposition de loi est un texte introductif auprès du Bureau de l´Assemblée Nationale par un Député ou un groupe de Députés. Je prierais avec bienveillance le PAN SORO Guillaume et son Service de Communication, de bien vouloir rappeler à nos honorables députés qu´en plus de leurs activités politiques, il leur est demandé de faire des propositions de loi aillant dans le sens du Bréviaire de KKB. Dans la troisième partie de sa conférence de presse, KKB et le candidat qu´il soutient aspirent à gouverner la Côte d´Ivoire. Ce qui est légitime. Il s´agit des présidentielles de 2015. Voilà un député qui à ce jour, en ma connaissance, n´a pas été en mesure de faire une proposition de loi à l´Assemblée Nationale qui veut avoir un Candidat aux Présidentielles de 2015. Ton candidat est élu, tu as un poste ministériel, oseras-tu présenter des projets de loi? Ou auras-tu des nègres dans ton cabinet pour le faire? Ton poste actuel de député te donne la possibilité d´apprendre à rédiger des propositions. Que nenni! À nos honorables ( de tous les partis politiques de notre hémicycle) et autres élus politiques ( Maires, Conseillers Régionaux etc…) que nous regardons, entendons et lisons à longueur de journée parler de 2015, l´heure est au travail! Comme le fait quotidiennement le PRADO à travers les différents projets de loi que lui et son équipe gouvernementale déposent régulièrement sur la table des députés. Des projets de loi qui ont pour l´objectif principale l´amélioration du bien-être de la population ivoirienne. ADO a émis le vœu d´avoir un deuxième mandat. Depuis, il s´est remis au travail. Les actes sont visuels! On ne l´entend pas quotidiennement nous le dire comme vous nous qui rabâchez les oreilles à longueur de journée dès lors que vous avez une occasion! Cher Honorable KKB ( et aux autres font de même dans un autre registre), j´ose espérer ( la Côte d´Ivoire avec moi j´espère) qu´avant la fin de votre législature vous ferez des propositions de loi au gouvernement sur des points du Bréviaire de votre Honorable collègue KKB. Si je ne me trompe, depuis 2011, l´ANCI a reçu deux propositions de loi de la part de nos députés. Très peu dirais-je! Certes des lois existent, mais vous pouvez les améliorer avec le POUVOIR que la Constitution vous accorde. Ce n´est qu´ainsi que vous serez crédibles lorsque vous voudriez aspirer à gouverner la Côte d´Ivoire en 2015 ou plus tard. Il viendra le moment de justifier les émoluments que le contribuable vous accorde ainsi que tous les privilèges dû à votre rang: LE VOTE. Alors trêve de « vuvuzela » sur 2015, députés, maires, Présidents de Conseils Régionaux reprenez le travail car vous êtes très très en retard sur le programme que vous avez vendu à vos électeurs. À moins que vous ne nous ayez vendu des illusions. Mais premier gaou n´est pas gaou….

Le chiffre du jour en Côte d´Ivoire: 2.535

2.535: c´est le nombre d´entreprises créées au cours de l´an 2013 par le guichet unique mis en place par le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) . Cette information a été donnée par M. Emmanuel Essis Esmel le Directeur Général du CEPICI rapporte la presse ivoirienne de ce jour.

Comparativement à 2012 où 126 entreprises ont été créées au niveau du guichet unique du CEPICI, le chiffre de 2.535 indique que le gouvernement ivoirien a fait d´énormes efforts afin de faciliter les investisseurs dans la création d´entreprise. Le délai est même passé de 9 jours à moins de 48 heures.

Au-déla du nombre d´entreprises créé et du nombre d´emplois à pourvoir, j´observe une repartition inéquitable de ces richesses en puissance en création.

En effet, une entreprise ayant son siège social dans une ville suppose qu´elle paie des taxes à la collectivité territoriale qui l´abrite. Ses employés y vivent. D´où l´existence de besoin en logement, infrastructures sanitaires, routières, éducatives, loisirs etc… Ce qui par conséquent participe indirectement à la création et au développement de nouvelles activités, de création d´emplois indirects et à la distribution de richesses de la population de ladite ville et par delà au pays.

Abidjan étant une ville saturée, c´est le lieu d´encourager le CEPICI à permettre aux investisseurs de pouvoir créer des entreprises dans les autres villes de la Côte d´Ivoire . Je sais que la voie traditionnelle existe, mais le délai de 24 ou 48 heures est très important en termes de gain de temps pour un investisseur et/ ou entrepreneur. Ce qui permettra, d´une part de désengorger Abidjan et d´autre part, de permettre aux autres villes de se développer.

J´ose espérer que la caravane du CEPICI dénommée « Entreprendre en Côte d’Ivoire » qui sillonnera, du 6 au 11 janvier, les villes de San Pedro, Bouaké et Yamoussoukro vont dans le sens de ma réflexion et d´autres capitales de régions seront visitées. Ainsi, la Côte d´Ivoire pourra tendre lentement mais sûrement vers un équilibre de développement de nos grandes villes. Ce qui évitera la propension de tout jeune à vouloir rejoindre l´Eldorado qu´est Abidjan. Si tant est que toutes nos villes disposent du minimum pour assurer une bonne qualité de vie à nos concitoyens.

Vers la disparition des séries scientifiques? Ma réplique à M. Guillaume Yao

Depuis la proclamation des résultats des examens Brevet d´Etude du Premier Cycle ( BEPC) en Côte d´Ivoire, par la Direction des Examens, Concours et de l´Orientation (DECO), nous avons assisté dès le 1er juillet a une euphorie de joie dans le monde éducatif. Surtout que les résultats de la présente année sont meilleurs à ceux de 2012 qui étaient de 17,14 %. Cette année, nous sommes à 40,17% d´admis.

Quelques jours plus tard, le journal « Notre Voie » écrivait que le ministère « offrait » le BEPC à des « dozos » car pour avoir ce diplôme il fallait avoir au minimum 80 points (sic). Puis une levée de boucliers contre ce minimum qui fait l´apologie de la médiocrité.

Venant d´un journal, je comprends parfaitement cette interprétation. Par contre, lors d´échanges sur les réseaux sociaux j´ai pu constater que le personnel du monde éducatif partageait cet avis avec d´autres arguments.

La contribution de M. Guillaume Yao professeur de Mathématiques appliquées à la gestion et titulaire d’une maitrise en sciences de l’éducation option évaluation apparu ici http://bit.ly/12OoE4i  m´emmène à défendre une position contraire à la sienne et apporter une clarification sur deux concepts clefs: le BEPC et la classe de seconde puis répondre à ses inquiétudes sur une possible disparition des séries scientifiques en Côte d´Ivoire.

1. Le BEPC

Dans la contribution de M. Yao je note une confusion entre l´obtention du BEPC et l´orientation en classe de seconde.

Le Brevet d´Etude du Premier Cycle (BEPC) est le diplôme qui couronne le parcours du premier cycle; c´est-à-dire de la classe de sixième à la classe de troisième.

Cette année le nombre total de points en jeu était de 160 points repartis comme suit:

Disciplines Total de points Coefficient
Composition Française 20 1
Orthographe 20 1
Mathématiques 20 1
Sciences Physique 20 1
Oral d´Anglais 20 1
Anglais Ecrit 20 1
Education Physique Sportive (EPS) 20 1
Discipline tirée au sort 20 1
Total 160 8

Faisons remarquer que la discipline tirée au sort cette année parmi les autres au programme de la classe de 3è ( Science de la Vie et de la Terre, Histoire-Géographie, Education Civique et Morale est la langue vivante 2 ( Allemand ou Espagnol).

Sur la base du tableau ci-dessus, pour avoir le BEPC, le candidat doit obtenir au moins 80 points. Les années antérieures, il fallait avoir 140 points sur 280 possibles pour obtenir le BEPC.

Essayons de comprendre les propos de M. Yao, qui après la joie du succès de son fils, a commencé à avoir des regrets sur la base des deux exemples qu´il nous donne:

  • Notes en maths 03, physique 05, résultat : admis au BEPC avec 81 points
  • Notes en maths 14, physique 12, oral anglais 8, écrit anglais 5, résultat : échec

Ce sont deux exemples parmi tant d’autres qui m’ont amené à cogiter sur l’équité de la mesure de l’unicité des coefficients (mesure Kandia). Et de conclure que cette mesure est simplement un leurre, elle n’est pas appliquée en réalité.

Les deux exemples de M. Yao lui permettent de faire une observation subjective. Parce que 6 notes manquent à son premier exemple tandis qu´il manque 4 notes au deuxième exemple. Bien que n´étant pas mathématicien,  je me suis essayé au calcul pour déterminer le reste.

Le premier élève qui a eu 03/20 en Maths, 05/20 en physique et un total de 81 points a dû « grignoter » 73 points entre les 6 autres disciplines ( Composition Française, Orthographe, Langue Vivante 2, EPS) soit une moyenne de 12,16/20 par discipline pour avoir son BEPC.

Par contre le deuxième élève, avec 14/20 en Maths, 12/20 en Physiques, 08/20 à l´Oral d´Anglais et 05/20 à l´écrit d´Anglais aurait dû chercher les 41 points manquants entre 4 disciplines (Composition Française, Orthographe, Langue Vivante 2, EPS) soit 10,25/20 par discipline.

Avoir un coefficient unique pour toutes les disciplines de l´examen du BEPC est-il un leurre comme le dit si bien M. Yao? Car pour lui, le Français et l´Anglais ont chacune un coefficient 2.

M. Yao refuse de dire que l´évaluation des langues est orale et écrite. Que les compétences écrite et orale en Anglais soient indépendantes est donc objectif.  Ce qui n´est pas le cas des disciplines comme les mathématiques, les sciences physiques. Ou du moins pas pour le moment. M. Yao voudrait-il avoir un titulaire du BEPC qui ne soit pas en mesure de parler l´anglais de niveau 3è? De même que l´on évalue l´orthographe de l´élève et sa capacité à bien rédiger un texte en Français car cela l´aide bien à mieux exprimer sa pensée dans les autres disciplines ( Maths, Sciences Physiques etc..)

Lors de sa cogitation sur l´équité de la mesure de l´unicité des coefficients (mesure Kandia Sic), je m´interroge réellement quel Moi(s) de M. Yao y a/ont participé? Le Moi enseignant, Le Moi parent d´élève, Le Moi syndicaliste, Le Moi politique etc. ? En effet, derrière un texte se cache toujours Un ou plusieurs Moi(s). Pour ma part, il ne s´agit pas d´une contribution du Moi enseignant de M. Yao. Sinon, il devrait savoir que l´obtention du BEPC n´entraîne pas facto l´orientation en seconde.

En somme, disons simplement que le fait d´avoir le BEPC avec 80 points/160 n´est pas un problème en soi. C´est un choix effectué par le Ministère de l´Education de Cote d´Ivoire. D´autres systèmes éducatifs évaluent sur 10 ( Espagne), ou encore avec les A,B,C,D,E,F ( Anglosaxons). Et il n´y a pas raison de s´alarmer parce que le coefficient est le même pour toutes les disciplines. Maintenant que le BEPC est en poche, venons-en aux conditions d´entrée en Seconde qui constitue la deuxième partie de notre réplique à M. Yao.

2. L´orientation en classe de seconde

M. Yao est-il fondé à se demander si les critères d’orientation dans les séries A, B, C, T, G, H seront-elles revues ?», « les séries scientifiques pourront-elles résister à ces nouvelles contraintes ?»

Dans sa contribution, M. Yao ne nous indique nulle part les critères d´orientation en vigueur dans les séries qu´il énumère. Par contre, il se demande si ces critères seront revues. Pour le savoir, M. Yao aurait dû nous monter l´existant.

La première question aurait été pertinente si M. Yao nous disait si un même coefficient pour tous les disciplines au BEPC avait une incidence avérée sur l´orientation en classe de seconde. Et si oui? Comment cela affecterait l´élève candidat à l´orientation en classe de seconde?

De ce que je sais et j´ai pu lire, le mode de calcul des disciplines d´orientation en seconde apparaît  dans le tableau ci-dessous:

Disciplines Moyenne Annuelle/20 Note du BEPC/20 Moyenne Annuelle+ Note du BEPC/40 Coefficient Total avec Coefficient
Maths 2 80
Composition Française 2 80
Sciences Physiques 1 40
Anglais 1 40
Total 240

Du tableau précédent, est-ce objectif de dire comme M. Yao que les matières littéraires (français et anglais) sont les seules matières d’orientation vue l’importance de leur coefficient? Je répondrai par la négative car ce tableau indique clairement que les critères d´orientation en seconde n´ont rien à voir avec l´obtention du BEPC.

En effet, pour l´orientation en seconde, notre système éducatif prend en compte deux types d´évaluation: l´évaluation continue et l´evaluation de l´examen. L´evaluation continue est celle qui a lieu tout au long de l´année scolaire et consignée dans le livret scolaire de l´élève, tandis qu´à l´examen la copie du candidat est anonyme. En plus, on note clairement que les Maths et la Composition Française ont chacune coefficient 2, tandis que les Sciences Physiques et l´Anglais ont coefficient 1 pour l´orientation en classe de seconde.

Dans l´enseignement général jusqu´en 2009, à moins qu´il n´y ait eu changement cette année, les critères d´orientation en 2deA ou en 2de C sont les suivantes:

Disciplines 2deA 2de C
Maths 16/40 22/40
Composition Française 22/40 16/40
Sciences Physiques 16/40 20/40
Anglais 20/40 16/40

M. Yao est-il en droit d´alarmer les parents d´élèves en ces termes « chers parents, vous aviez dès maintenant intérêt à ce que vos enfants soient de très bons littéraires, « condition nécessaire et suffisante », pour les voir passer du 1er cycle au second cycle secondaire ou du moins pour acquérir leur diplôme du 1er cycle ».

Encore une fois, je dirai non, car les parents d´élèves peuvent dès maintenant sur la base des différents tableaux savoir la filière de leur progéniture pour ce qui concerne l´enseignement général. D´ailleurs, le parent d´élève devrait s´y intéresser un peu tôt afin de mieux suivre et orienter le cursus de sa progéniture et non attendre uniquement la période d´orientation pour s´alamer.

Et puis est-ce être « très bons littéraires » que d´avoir 16/40 en Composition Française et 16/40 en Anglais pour être orienté en 2de C? Dans quelles langues sont dispensées sont dispensées les Maths, les Sciences Physiques etc. en Côte d´Ivoire? En français! Combien sont-ils les élèves de séries scientifiques qui minimisent les langues ( Français, Anglais)  au second cycle?

3. Vers la disparition des séries scientifiques en Côte d´Ivoire?

Après avoir démontré dans les deux  points précédents que l´obtention du BEPC n´entraîne pas de facto l´orientation en Seconde régie par des critères, dans cette dernière partie nous tâcherons de rassurer M. Yao sur ces peurs lorsqu´il se demande si « nous pouvons toujours rêver de voir sortir de nos écoles des médecins, des pharmaciens, des vétérinaires, ingénieurs de conception, mécaniciens, pilotes, économistes, techniciens de labo, prof de maths, informaticiens, et si nous assisterons à la fin d’existence du lycée scientifique, de l’INPHB ?

Encore une fois, ma réponse est NON. Rassurez-vous M. Yao nous pouvons toujours rêver de voir sortir de nos écoles des médecins, pharmaciens, vétérinaires, ingénieurs de conception, mécaniciens, pilotes, économistes, techniciens de labo, prof de maths, informaticiens. Nous continuerons d´en avoir tant que notre système éducatif sera performant. Comme ces professions sont citées comme scientifiques, je voudrais rappeler que plus de 50 % de leurs publications sont en Anglais, et le Français viendrait peut-être après le mandarin, l´espagnol et le portugais. Combien parmi nos scientifiques parlent couramment l´Anglais, publient en Anglais? Très peu sont nos scientifiques qui participent à des congrès internationaux et peuvent faire une présentation sans l´aide de traducteurs. Quid de nos étudiants scientifiques qui ne peuvent faire des recherches dans leur disciplines à cause de leur niveau langue très bas en Anglais.

Au lieu d´avoir le complexe des langues, j´invite le monde éducatif à avoir un minimum d´égard pour l´Anglais et les autres langues. À commencer par le Français qui est notre langue d´apprentissage. Nos scientifiques doivent très bien la connaître d´abord. Car c´est la porte d´entrée à d´autres connaissances.

Comme M. Yao a parlé du Lycée Scientifique, de l´INPHB comme la crème des séries scientifiques qui y sont affectées, je pense humblement qu´il y a une injustice à réparer pour nos benjamins de séries littéraires. Qui ont le talent des langues, de la littérature en somme des sciences humaines et sociales et n´ont aucun établissement spécifique qui leur permette de développer leurs aptitudes de créativité. Dans ce cadre, le Lycée Scientifique pourrait accueillir les meilleurs élèves des séries dites littéraires afin de mieux les préparer pour les études supérieures spécifiques. Des écrivains, poètes, artistes, peintres à 18 ans il en existe ailleurs pourquoi pas chez nous en Côte d´Ivoire.

Il en est de même pour l´INPHB au niveau de l´Enseignement Supérieur. Car littératures, sciences humaines, sciences sociales, mathématiques, médecine sont toutes des SCIENCES dont la Côte d´Ivoire a besoin dans sa quête de co-construction.

 

Réflexions liquides sur les élections municipales et régionales en Côte d´Ivoire

Dans sa déclaration du 26 avril dernier, le Président de la CEI (Commission Électorale Indépendante)  a publié le résultat des élections locales ( régionales et municipales) en Côte d´Ivoire.

Si ces locales ferment le cycle des élections  en Côte d´Ivoire, elles nous permettent de faire des réflexions sur les points suivants au vu des résultats des tableaux 1 et 2:

–  l´appel de parti politique à la non-participation de leurs militants et/ou sympathisants  à des élections locales,

– le mode de désignation des candidats dans les partis politiques et/ou groupement de partis politiques,

– la qualité du candidat indépendant sous nos tropiques

– la naissance d´un nouvel électorat ivoirien

Ci-dessous les résultats des élections Régionales et Municipales:

Liste de candidatures élues

Nombre de sièges

%

RDR

10

32,26

RHDP

09

29,03

Indépendants

06

19,35

PDCI-RDA

04

12,90

UDPCI

01

3,23

PDCI-UDPCI

01

3,23

Total

31

100

Tableau 1: Résultats des Conseils Régionaux

Liste de candidatures élues

Nombre de sièges

%

Indépendants

72

37,11

RDR

65

33,5

PDCI-RDA

49

25,26

UDPCI

45

2,58

RHDP

03

1,55

Total

194

100

Tableau 2: Résultats des Conseils Municipaux

1. L´appel de parti politique à la non-participation de leurs militants et/ou sympathisants  à des élections locales

Avant les élections municipales et régionales,  le Front Populaire Ivoirien ( FPI) ainsi que sa section Jeune ( la JFPI) ont appelé leurs militants et leurs sympathisants à ne pas y participer. L´UNG de Stéphane Kipré ( membre de La Majorité Présidentielle) en a fait autant. C´est le lieu de rappeler aux partis politiques ( de quelque bord qu´ils soient)  que le vote est un devoir pour tout citoyen qui jouit de tous ses droits civiques.

Certes, l´objectif de tout parti politique est d´accéder au pouvoir d´État et de le gérer pour une période de 5 ans renouvelable une fois. La manière d´y accéder est par la participation aux élections présidentielles et législatives. On peut donc bien comprendre qu´un parti politique fasse un appel à voter pour son parti ou oriente le choix de ses militants et du sympathisant. Lorsque celui-ci y accède, il appartient au président élu et à son parti et/ ou groupement de partis de désigner les personnes qu´il estime à même de pouvoir mener le programme de gouvernement pour lequel  il a été élu par le vote de lois permettant d´accomplir les objectifs de ce programme.

Cet appel à la non participation aux élections locales est incivique et est à proscrire des formations politiques qui bénéficient du financement des contribuables ivoiriens pour leur fonctionnement. La finalité de ces financements aux partis politiques (nous en parlerons dans un autre billet) est de leur permettre de former des hommes, des femmes et des jeunes à la gestion de la chose publique selon son orientation idéologique dans le strict respect des notions de citoyenneté, civisme et de civilité qui doivent être les mêmes qu´on soit de gauche ou de droite, socialiste ou libéral….

Par ailleurs, il est inacceptable que pour des élections locales ( municipales et régionales) où les électeurs ont le pouvoir de désigner le manager de leur commune/ région, un parti politique appelle ses militants et sympathisants à ne pas y participer quelque soit la raison évoquée.

Les partisans de la non participation de leurs militants aux élections municipales et régionales sont contents du faible taux de participation. Ils (FPI, UNG), quoique LIDER n´ait pas fait cet appel, avancent des taux de participation de 13 ou 15 %, s´en réjouissent et font des interprétations démagogiques; alors que la CEI indique des taux de participation plus de 30%.

Au-delà du taux de participation de ces élections locales, les militants du FPI, UNG devront faire contre mauvaise fortune bon cœur durant 5 ans, car il seront « gérés » au niveau local (commune et  région) par des listes qu´ils n´ont pas choisi. J´ose espérer que ces militants « manipulés » contribueront néanmoins à la réalisation du bien-être et de la qualité de vie de leur espace commun par leur participation active aux activités de la commune et de la Région avec la liste élue dont le mode de désignation sera l´objet du second point.

2. Le mode de désignation des candidats dans les partis politiques et/ou groupement de partis politiques

Le mode de désignation des candidats au niveau des partis politiques et/ ou groupement de partis politiques fut un véritable casse-tête ivoirien (pour ne pas dire chinois) tant pour les militants, les sympathisants et les observateurs de la sphère politique en Côte d´Ivoire.

Pour la plupart des partis politiques ayant pris part à ces élections locales, il n´y a pas eu d´unanimité sur le choix des têtes de liste du candidat du parti dans certaines circonscriptions. Pour toute explication, certains partis politiques ont dit avoir organisé des « primaires » au niveau de la base pour désigner leur candidat, quand d´autres disent avoir utilisé des « critères scientifiques » pour choisir leur champion.

Les résultats de ces élections municipales et régionales nous montrent aisément que ces « primaires » et ces « critères scientifiques » sont clairement discutables au niveau des partis politiques eux-mêmes. Il s´agit plutôt de « méthodes » partiales pour parachuter des candidats imposés par Abidjan (toutes  les Directions de Partis Politiques s´y trouvent) aux militants et aux sympathisants. Ces élections locales doivent pousser nos partis politiques à mener une réflexion pertinente et critique sur leur mode de désignation des candidats aux différentes élections qui ne fasse l´objet de contestation objective.  Auquel cas, nous assisterons à l´émergence des candidats indépendants.

3. La qualité du candidat indépendant sous nos tropiques

Les élections locales d´avril dernier, nous ont permis de distinguer trois qualités de candidats indépendants:

a) Le contestataire du choix du parti politique

Cet indépendant a décidé d´aller contre le choix de son parti politique. Car il estime que le mode de désignation qui ne l´a pas choisi a été injuste. Des partis politiques sont allés jusqu´à exiger un cautionnement aux pré-candidats à la candidature interne. Est-ce pour éviter des candidatures farfelues? Des bases de partis ont élaboré des critères de choix de leur candidat qu´elles ont soumises à leur direction afin de désigner elles-mêmes leur représentant légal mais ceux-ci ont été bottés en touche pour des raisons qu´on ignore.

Pour en revenir à ce contestataire du choix du parti, il a été toujours avec la base au moment des braises, il l´assiste et vit quotidiennement avec elle. Lui et sa base estiment que la direction n´est pas juste en désignant un « inconnu » parachuté depuis Abidjan la Capitale pour représenter le parti.

b) Le réfractaire à l´appel du FPI, UNG, LMP à ne pas participer aux élections locales

Celui-ci a fait fi de l´appel de son parti ( FPI principalement)  à ne pas participer aux élections municipales et locales. Ce candidat a mis en avant sa capacité d´Agent de développement au profit de la commune. Car pour lui, il ne s´agit nullement d´un poste politique. Cet indépendant est à féliciter car il a une haute notion de sa citoyenneté, du civisme et de la démocratie.

D´ailleurs, au lendemain de la publication des listes de candidatures, les candidats de ces deux premières catégories ont été soit sanctionnés, soit exclus de leur parti car ils ont osé défié leur Parti.

c) Le véritable candidat « indépendant »

Et pour terminer avec les indépendants, il y a ces candidats qui ne sont fichés dans les deux catégories précédentes, et qui viennent s´essayer à la politique de développement local. Généralement, ce sont des personnes prospères dans leurs activités professionnelles respectives ( administration publique, secteur privé ou professions libérales). Ils estiment que l´heure est venue d´apporter leur expérience dans la gestion de la Commune et/ ou de la Région. C´est-à-dire manager autrement la commune et/ ou région avec des outils non « politiciens » afin d´améliorer les conditions de vie de la population de la Commune ou de la Région.

Les résultats que nous avons connus lors de ces dernières élections municipales et régionales nous ont permis d´assister à l´émergence d´un nouvel électorat naissant en Côté d´Ivoire.

4. La naissance d´un nouvel électorat ivoirien

L´électorat ivoirien est à féliciter au vu des résultats de ces élections municipales particulièrement. Les candidats indépendants occupent la première place avec 37,11 % des sièges contre 33,5 % pour le RDR, 25,26 % pour le PDCI et 2,58% pour l´UDPCI.

Les partis politiques de Côte d´Ivoire ( RDR, PDCI, UDPCI, FPI, LIDER etc.) doivent comprendre que la période du « bétail électoral » est loin derrière nous. Cette époque où on appelait à voter ou à s´abstenir de voter au nom d´Un tel ou Tel Autre est révolue. Le militant et le sympathisant de partis politiques font librement leur choix en âme et conscience, et savent qui peut soit les représenter dignement soit défendre leurs intérêts et leur apporter le bien-être qu´ils recherchent tant.

Le nouvel électorat ivoirien commence à connaître la place qui est le sien et sait se faire courtiser par sa capacité de réflexion, de pensée et de critique sur les sujets qui concernent la vie de la Nation Ivoire. Et il le fait sans tabou car il sait de quoi il parle.

Le nouvel électorat ivoirien aspire à être ce « faiseur de roi » qui défend l´intérêt commun. Il appartient au « roi » de savoir le lui rendre pour que l´idylle continue.

Pour cela, il appartient maintenant aux élus ( de partis politiques, les indépendants de toutes catégories) de mériter de la confiance de leur électorat ( militants, sympathisants etc.) en les mettant au cœur de leur quinquennat municipal et/ou régional.

De nouvelles « trahisons » de l´électorat sont entrain de pointer du nez au sein des listes: des indépendants après leur victoire veulent retourner à la maison; ou encore, des listes battues sont en pleine tractation pour « acheter » les voix de conseillers de l´adversaire gagnant pour être maire ou président de Conseil Régional (il est bon de rappeler que la constitution de la liste définitive du Conseil Municipal se fait à la proportionnelle des voix obtenues par chaque liste).

Chers conseillers municipaux et régionaux, nous vous avons à l´œil et observons vos faits et gestes. De votre choix qui doit être le prolongement du nôtre ( votre liste a gagné grâce à nous) , dépendra votre continuité politique à un mandat électif dans cinq ans!

À bon entendeur…!

Des promesses de nos candidats aux municipales et aux régionales….

Cela fait pratiquement plus d´une semaine que la campagne pour les élections régionales et municipales ont cours. C´est la course à la voix de l´électorat.

Les candidats (cumulards , non cumulards, novices dans l´arène)  à la Mairie et au Conseil Régional promettent:

– des routes bitumées,

– des écoles, dispensaires et hôpitaux dans chaque quartier,

– de l´eau potable,

– de l´électricité ( pourront-ils contre Délestron?)

– des emplois pour la jeunesse et les femmes,

– des marchés ultra-modernes,

– une commune sans ordures,

– des moyens de transports dignes de la commune et de la région,

– une mensualité aux autorités coutumières (sic),

– leurs carnets d´adresse pour le développement de la commune et de la région,

La liste est encore longue. A y voir de près, c´est tout un programme alléchant qui permettra d´améliorer la qualité de vie de la population.

Ces promesses me font sourire. En effet, combien de candidats savent le budget qui est alloué à la Mairie ou au Conseil Régional qu´il convoite? Quel est l´héritage laissé par le prédecesseur, s´il arrive que celui n´est pas réconduit?

Autant d´interrogations qui doivent amener nos potentiels candidats à être réalistes sur les promesses qu´ils font à leur électorat. Car nous ne voulons pas entendre les propos du genre:

– les caisses sont vides,

– nous devons apurer l´ardoise laissée par l´équipe précédente

– les ordures relèvent du ministère de la salubrité,

– c´est tel autre ministère qui gère les transports et tutti quanti

Souvenez-vous de vos promesses électorales, car si vous les oubliez nous vous les rappelerons.

Bonne semaine de campagne

Us et Abus de Grève chez nous en Côte d´Ivoire!

Dans leur parution du 18 décembre dernier, la presse ivoirienne s´est fait l´écho d´une rencontre  tripartite (Ministère de l´Education Nationale et de l´Enseignement Technique, Chefs religieux et des syndicats de l´éducation- Formation) de quatre heures de médiation afin de:

– convaincre l’intersyndicale du secteur éducation-formation (Isef) à suspendre ou lever le mot d’ordre de sa grève illimitée annoncée pour le 14 janvier 2013 ;

– persuader le Syndicat national des enseignants du second degré (Synesci) à renoncer définitivement à la rétention des notes qui pénalise les élèves et parents d’élève ;

– sensibiliser la Coordination des enseignants du second degré de Côte d’Ivoire, tendance Coulibaly Mahassane, qui annonce également une grève générale le 8 janvier 2013.

Selon le Directeur de Cabinet du Ministère de l´Education Nationale et de l´Enseignement Technique, quatre problèmes font l´objet du mécontentement des enseignants du primaire et du secondaire.

De ses quatre revendications, trois relèvent du l´enseignement primaire :

1. Certificat d´Aptitude Pédagogique (88-92) pour un montant de 6,1 milliards  dont l´échéancier avec les syndicats eux-mêmes,  

2. Indemnités contributives au logement (passe de 30.000 F à 35.000 F depuis 2009) soit un reliquat de 5000 f pour chaque instituteur,

3. Effets financiers produits par la bonification indiciaire des instituteurs (50% payés en 2009),

Pour les enseignants du secondaire, il s´agit également du reclassement indiciaire soit le problème numéro 3 des instituteurs.

Pour ces quatre problèmes, des syndicats du monde de l´éducation menaçaient d´aller en grève en Janvier 2013 si le gouvernement ne procédait au paiement des 50%  restants ainsi que les arriérés de depuis 2009. Alors que la loi de finances de 2013 a été adoptée par notre Parlement en décembre dernier au vu et au su de tout le monde sans aucun syndicat ne dise mot.

C´est le lieu de rappeler que ces problèmes qui dataient de 2007 ont pu trouver un début de solution en 2009 avec le paiement de 50 % sans qu´à cette époque, ni les syndicats, ni le gouvernement d´alors n´aient daigné établir un échéancier pour le paiement des 50% qui auraient pu être payé en 2010 ou 2011.

Le nouveau gouvernement, afin de respecter la continuité de l´État bien qu´il s´agisse de mesures financières énormes pour un pays qui sort de crise, a décidé de respecter les engagements pris par le gouvernement précédent. Aussi a-t-il établi clairement le chronogramme ci-dessous :

1. Certificat d´Aptitude Pédagogique (88-92) pour un montant de 6,1 milliards  Échéancier conclu avec les syndicats eux-mêmes le premier tiers soit 2 Milliards déjà payés  en Juillet 2012, le second tiers payable en 2013 et le solde sera inclus dans le budget de 2014.

2. Indemnités contributives au logement (passe de 30.000 F à 35.000 F depuis 2009) soit un reliquat de 5000 f pour chaque instituteur. Le paiement dès janvier 2013.

3. Effets produits par la bonification indiciaire des instituteurs (50% payés en 2009).  25% payable en mars 2013 avec rappel des mois de janvier à mars 2013 et le solde des 25% restant inclut dans le budget de 2014.

4.Effets produits par la bonification indiciaire des enseignants (50% payés en 2009) : 25% payable en mars 2013 avec rappel des mois de janvier à mars 2013 et le solde des 25% restant inclut dans le budget de 2014.

En somme, l´État va rester devoir aux fonctionnaires la somme de 61,2 milliards au titre du Budget de 2014 car 42,6 milliards seront payés en 2013.

Nous sommes d´avis avec les enseignants que le droit de grève est un droit constitutionnel tel que stipulé en son Article 18 « Le droit syndical et le droit de grève sont reconnus aux travailleurs des secteurs public et privé qui les exercent dans les limites déterminées par la loi. »

Mais là où il m´est difficile de comprendre cette grève c´est lorsqu´un échéancier est bien établi et que la date indiquée pour la grève ne correspond à aucune exécution du premier échéancier.

C´est le lieu également de rappeler à nos enseignants que l´accès à l´éducation est un droit constitutionnel pour les fils et filles de ce pays et donc un devoir pour nos chers formateurs. En effet, l´Article 7 de notre Constitution indique que « Tout être humain a droit au développement et au plein épanouissement de sa personnalité dans ses dimensions matérielle, intellectuelle et spirituelle.  L’État assure à tous les citoyens l’égal accès à la santé, à l’éducation, à la culture, à l’information, à la formation professionnelle et à l’emploi… »

C´est également le lieu de rappeler à tous ceux qui vont en grève d´accepter le droit à la différence (cf. art. 10 de la Constitution) et de permettre à ceux des collègues qui ne veulent pas la soutenir d´exercer leur fonction avec normalité.

Je salue donc la Ministre de l´Éducation Nationale et de l´Enseignement Technique qui ne fait que rappeler ce que les grévistes pourraient encourir. Il ne s´agit nullement d´une menace, mais plutôt d´une Lapalissade. Car il s´agit de l´application de la loi en la matière.

Étant donné que le salaire est la rétribution du travail accompli, j´irai même plus loin pour suggérer un article du code du travail où il serait fait mention d´une ponction du salaire et autres retentions fiscales et sociales au prorata du nombre de jours non travaillé par le gréviste. En 2007, certains corps de la Fonction Publique ont vu leur salaire réduit de 50% pour seulement trois jours de grève.

Toute minute, heure ou journée non travaillée tant au public qu´au privé est une perte énorme pour les caisses de l´État, des entreprises de même que pour les habitants de Côte d´Ivoire qui sont censés recevoir les services des travailleurs et après on s´étonne que ce même État ne soit en mesure de respecter ses engagements sociaux.

Tel est mon COUP DE GUEULE en cette nuit de la NATIVITÉ où je demande à mes concitoyens de faire leur AGGIORNAMENTO car Le TRIOMPHE DE L´ÉLÉPHANT ne va pas se décréter en 2020, mais il s´acquerra par le TRAVAIL de Tous et de TOUTES dans l´UNION et la DISCIPLINE en Côte d´Ivoire!

L´appropriation vue..en Côte d´Ivoire

« Appropriez-vous le Vivre Ensemble du RHDP », « Appropriez-vous les Droits de participer à la vie politique de votre pays », « Appropriez-vous le PND  2012-2015 (Programme National de Développement) », « Appropriez-vous le LMD » (Licence- Master- Doctorat) dans le système d´enseignement supérieur ivoirien et bien d´autres « appropriez-vous »…..que nous entendons à longueur de journée sur les antennes de télé et radio ou encore que nous lisons dans la presse écrite ivoirienne.

De ces phrases que  nous entendons de façon réitérative, un nouveau vocable apparaît dans le jargon de notre société tant au plan politique, social, culturel, économique, éducatif et j´en passe : l´APPROPRIATION. Tout acteur de l´État (politique, syndicaliste, enseignant, fonction publique ou encore ONG)  qui a la possibilité de s´adresser aux populations lui demande de s´approprier quelque chose.

Émetteur et/ou récepteur connaissent-ils le sens et la signification de leur propos ? Autrement dit, ceux qui demandent aux populations de s´approprier leur initiative mesurent-ils la portée de leurs propos. Pour ce qui nous est donné de voir et d´observer, je me hasarderais à répondre par la négative. Car il ne s´agit que d´un discours qui n´a pour espérances de vie que la seconde à laquelle il est émis. Après, plus rien !

Pour qu´il y ait appropriation, il faut qu´il existe un lien fort entre la personne et la chose appropriée. Cependant, nous en sommes à nous demander si les conditions de ce lien fort sont établies entre les personnes et la chose appropriée dans notre pays pour qu´on nous demande de nous « l´approprier ».

La présente réflexion nous permettra de définir ce qu´est l´appropriation dans une approche psychosociale, puis d´indiquer les procédures qui puissent guider à une réelle appropriation de quelque chose. Mais avant une définition générale et l´origine du mot dans la communauté scientifique s´imposent.

Définition et origines

Selon le dictionnaire le Larousse, l´appropriation c´est l´action de s´approprier quelque chose et s´approprier c´est faire sa propriété de quelque chose. Soit par le changement de propriétaire, soit par l´adéquation de quelque chose à une chose. Après cette définition générale, faisons une incursion sur les origines de ce concept dans le domaine scientifique.

L´appropriation trouve son origine dans l´anthropologie de Marx qui l´inscrit dans sa conception du travail puis, plus tard dans la psychologie marxiste avec Lev Vigotski et Aleksei Leontiev. Selon cette approche donc, l´action sur (et l´utilisation de) la nature et la production d´objets, matériels ou non, constituent la réalisation de capacités et de pouvoirs. Confronté à ses actions sur la nature et à des objets produits par lui, l´Homme se les approprie à travers l´intériorisation des savoirs, de savoir-faire et de capacités dont cette production a été l´occasion mais aussi de capacités historiquement formées. En d´autres termes, cette intériorisation constitue le cœur de l´appropriation. C´est donc un processus dont les acquis, l´instabilité et les recherches de nouveaux équilibres correspondent à la dynamique de l´identité individuelle et/ou groupale. L´appropriation est un accomplissement intérieur.

Plus tard, H. Lefebvre en fait une expression indispensable de la vie quotidienne avec l´irruption des mouvements sociaux urbains des années 60 où le citadin veut assumer sa place au sein d´un acteur collectif qui déplace son action du champ du travail vers celui de la ville.

À partir des années 70, le concept d´appropriation de l´espace et de celui de l´appropriation du chez soi bénéficie d´une impulsion majeure à la réflexion sur l´urbain en psychologie environnementale.

Après l´usage qui en est fait dans la communauté scientifique, tentons de voir comment appliquer cela à notre discours sur les sujets d´ordre politique, socio-économique, culturel et éducatif qui généralement sont intangibles et immatériels etc.

A l’exception de quelques décisions particulièrement innovantes, portées par une personnalité de grand charisme ou au leadership fort, capable d’aller à l’encontre de l’opinion publique, ou lors de circonstances particulières, la plupart des décisions (des domaines énoncées ci-dessus) se prennent dans un environnement social où l’adhésion à l’idée même qui fera l’objet de la décision est déjà acquise et/ ou réfractaire. Il est dès lors essentiel de les étendre au maximum des parties prenantes et des citoyens qui seront appelés à soutenir la stratégie mais aussi à la mettre en œuvre. Cet effort devra être mené dès le début de l’exercice car il apparaît plus aisé de créer un consensus sur les valeurs, les finalités et la volonté qui constituent les ingrédients de la vision que sur des axes stratégiques, des actions concrètes, des choix budgétaires ou des opérateurs. C’est en créant l’adhésion sur la prospective que l’on fait s’approprier la stratégie et que l’on permet le passage à l’action par la mise en œuvre du projet.

L’appropriation consiste donc en la compréhension, l’assimilation et le partage des résultats de la démarche. En effet, l’appropriation est un processus qui internalise aussi bien le cheminement que le résultat de la démarche prospective chez chaque partie prenante. Des scientifiques ont d´ailleurs montré que cette appropriation est à la fois intellectuelle et affective. Elle renforce donc la cohésion du groupe impliqué dans l’exercice et sa capacité à faire aboutir la stratégie. L’appropriation de l’exercice transforme donc l’ensemble des parties prenantes et des citoyens en acteurs conscients des enjeux et motivés par les réponses qui y ont été apportées, déterminés à participer à la mise en œuvre du programme d’actions qui a été produit collectivement.

 Comment stimuler l’appropriation ?

Les parties prenantes et les citoyens associés à l’exercice s’approprieront la démarche et ses résultats dans la mesure où ils auront été impliqués de manière active dans l’élaboration de l’exercice. Il ne s’agit donc pas d’une démarche de consultation passive où l’on donne son avis sur des options déjà construites ou encore d´une démarche d´information ; mais plutôt d’une réelle participation à la construction des idées. Cette façon de faire implique la définition de règles du jeu strictes :

‑ un recrutement le plus ouvert possible des parties prenantes en concevant celles-ci au sens le plus large, le citoyen étant la partie prenante première des politiques (sociale, économique, culturelle, éducative et sportive) qui vont être conduites sur l´espace établi ( matériel et immatériel) ;

‑ De réels mécanismes et compétences pour favoriser l’écoute, la prise de parole, la confrontation d’idées, la culture du débat, la démocratie participative ;

‑ Une logique de pédagogie pour clarifier et expliquer les objectifs, finalités et enjeux afin de les mettre à la portée des parties prenantes ;

‑ Une réflexion dans laquelle l’expérience vécue a davantage de place que les théories générales même si l’expertise dans les « sciences » doit constituer une ressource essentielle.

Ces quatre règles du jeu strictes énumérées sont-elles toujours respectées lorsqu´on demande aux citoyens de s´approprier un programme, une loi, un système etc.….?

Dans le cadre du Vivre ensemble, un parti politique (RDR) puis plus tard un groupement de partis politiques (RHDP) a su internaliser les grands axes dudit concept puis le partager avec une partie des militants (des membres de la grande direction des partis politiques). Cependant jusqu´à ce jour, nous ne sommes pas sûrs que tous les militants aient eu une connaissance suffisante dudit programme.

Que dire du LMD dans nos Universités ? Hormis, les « experts » qui ont planché sur le sujet, nous doutons fort que les étudiants et parents d´élèves ou encore des enseignants en sachent davantage.  À part les déclarations verbales, et les comptes-rendus de presse, aucun moyen de se procurer un document écrit qui explique de long en large le système LMD.

De la nouvelle loi anti-tabac dans les espaces publics et des sanctions encourus, idem. Le texte n´est su des citoyens, pour les sanctions il est établi une tranche d´amende (entre 50.000 F CFA et 100.000 FCFA si mes souvenirs sont bons) applicable. Cette amende sera-t-elle faite à la tête du contrevenant ? Ou selon l´humeur de l´Agent de police ? Autant d´interrogations auxquelles nous n´avons pas encore trouvé de réponses.

Au regard de ce qui précède, l´appropriation ne doit donc pas être un mot passe-partout que nous devons employer pour être à la mode ou relever notre niveau de langue. Si nous l´employons, cela devra impliquer une application des quatre règles énoncées antérieurement afin de faciliter l´assimilation et l´intériorisation de l´idée, du projet aux bénéficiaires afin qu´ils en fassent leur propriété avec toute l´affection que cela suppose pour une mise en pratique efficiente afin d´atteindre les objectifs escomptés.

Pour le bonheur donc de l´APPROPRIATION, approprions-nous l´appropriation pour qu´il ne soit pas un VAIN MOT.

MA PART DE VÉRITÉ SUR LES 75% D´ÉCHEC AU BAC ET 85 % AU BEPC

Les résultats du BEPC viennent de fermer le cycle des examens à grand tirage organisés par le Ministère de l´Education Nationale de Côte d´Ivoire.

Alors qu´une presse faisait remarquer une baisse ou une mince progression du nombre d´admis aux examens du BAC et du BEPC, les journaux proches de l´opposition titraient : 75 % d´échec au BAC, 85% d´échec au BEPC et indexent nommément l´inconscience criante des élèves, la démission collective des parents d´élèves et non sans oublier le gouvernement actuel au pouvoir depuis Avril 2011 par ces propos in extenso:

“Le gouvernement est en ce moment dans de beaux draps. Aucune nouvelle université publique n’a encore été construite, comme annoncé depuis 2011 à grands renforts publicitaires. Comment s’arranger pour éviter que les universités publiques existantes, aux effectifs déjà pléthoriques (quatre générations d’étudiants attendent depuis plus d’un an la rentrée universitaire) accueillent dans les années à venir moins de nouveaux bacheliers. Agir en amont pour freiner l’avancée des diplômés du secondaire, ce sont en réalité les non-dits d’une telle débâcle. Selon des sources proches du ministère de l’Education nationale, les résultats, dit-on, positifs de la lutte contre la fraude et de la tricherie aux examens à grand tirage qui a mis à nu le niveau réel des candidats en 2011 et en 2012, est le prétexte tout trouvé pour justifier ces contre-performances des candidats. »

Ma question est de savoir si réellement lesdits journaux ont fait une réflexion sérieuse sur les résultats des examens des dernières années au lieu d´appeler à la démission de Madame La Ministre Kandia Camara ? Je répondrai par la négative.

Ailleurs, une presse responsable et professionnelle aurait fait une réflexion objective de la situation dans laquelle se trouve notre système éducatif et les résultats aussi bas enregistrés ces dernières années où à défaut consulter une personne-ressource. Que nenni ! Chez nous en Côte d´ivoire, une partie de notre presse qui se dit être en quête du professionnalisme voit les problèmes autrement. Quand bien même il s´agit d´un thème aussi sensible comme l´éducation des futures générations de notre pays : c´est le parti au pouvoir qui est indexé, le vouant à la vindicte populaire. Tout est ramené au politique. Pour quel but ? Manipuler la population (cf. mon billet sur la désinformation, la propagande et la manipulation de partis politiques dans la rubrique « ma lucarne citoyenne »).

S´il est bien vrai que depuis avril 2011, c´est le Président Allassane Ouattara qui est au pouvoir, les résultats des examens à grand tirage ne peuvent lui être attribués entièrement.

A contrario de la presse de l´opposition, nous pourrons indiquer des facteurs essentiels de ces résultats : la création ex materia des candidats de Tle et de 3ème, le dysfonctionnement du système éducatif ivoirien, les grèves intempestives, le recrutement du personnel, la fraude et la prolifération des établissements scolaires.

Parcourons ensemble  donc cette énième réflexion liquide qui n´est pas exhaustive.

1.      La création ex materia des candidats de Tle et de 3ème

Les candidats des classes Tle et de 3ème  de cette année scolaire encore moins ceux de l´année dernière ne sont pas une création ex-nihilo. Il ne s´agit de candidats qui ont surgi « à partir de rien » et se présentent sans autre forme de procès aux examens desdites années : il s´agit plutôt d´une création ex materia. En effet, ces candidats proviennent d´un substrat préexistant. Ils ont suivi un cursus normal.

Ainsi, les candidats de Tle de cette année ayant connu un brillant parcours scolaire c´est-à-dire sans avoir redoublé de classe se seraient inscrits au CP1 durant l´année scolaire 1999-2000 et ceux de la 3ème auraient commencé leur cursus en 2002. Je ne m´attarderai pas  sur les candidats ayant fait de longues études primaires et secondaires.

Partant de cette considération objective, on pourrait aisément imaginer le parcours que ces cadets ont suivi. Après un trimestre normal, survient un coup d´état qui met à la tête du pays le Général Guéi et une transition militaire qui dure une année. En 2000, des « élections jugées calamiteuses » avec la victoire de Laurent Gbagbo. Puis la crise de septembre de 2002, et les élections de novembre 2010 qui entraîne un dysfonctionnement dans le système scolaire ivoirien.

2.      Le dysfonctionnement au niveau du système scolaire ivoirien

A la faveur de la crise de Septembre 2002, les fonctionnaires et travailleurs des zones CNO (Centre- Nord- Ouest) en charge de l´éducation de nos élèves se retrouvent dans la zone sud dite « la Côte d´Ivoire utile ».

Le système scolaire au Nord du pays est totalement inexistant faute de personnels enseignants. Malgré les négociations afin de permettre le redéploiement de cet effectif, les efforts sont restés vains. Les Forces Nouvelles lancent un appel aux volontaires (des étudiants et enseignants du privé restés sur place dans leur majorité) afin de pouvoir encadrer les élèves dans ladite zone, les mettre à niveau et pouvoir leur permettre de se présenter aux évaluations nationales.

Au Sud, on assiste à un engorgement dans les établissements scolaires.  Les élèves du nord doivent poursuivre leur cursus scolaire. A défaut de pouvoir accueillir tout cet effectif dans les établissements scolaires, la double vacation est créée afin de pouvoir contenir les effectifs et résorber les difficultés suscitées. De sorte que le volume horaire requis pour l´achèvement du programme scolaire n´est jamais atteint. Sans compter, la mauvaise utilisation du personnel enseignant momentanément « délocalisé » au Sud, de même que les mouvements de grèves répétées dans le secteur.

3.      Les grèves dans le monde de l´éducation

Il serait prétentieux pour ma part de compter le nombre de grèves qu´il y a eu dans le monde de  l´Éducation Nationale de 2002 jusqu´en 2010 en Côte d´Ivoire.

Les jours pairs, ce sont les enseignants du public qui réclament une revalorisation de leur grade à la fonction publique, des primes d´installation, de logement etc. ou les enseignants du secteur privé qui réclament le paiement régulier de leurs émoluments à défaut d´un salaire digne.

Les jours impairs, ce sont les apprenants avec le principal mouvement syndical la FESCI qui prennent le relais en se mettant en vacances un peu plus tôt que la date officielle (veille des congés scolaires surtout Noel), veulent la gestion des COGES, de bonnes conditions d´études, et durant leur mouvement empêchent les élèves du privé de suivre ou y entraînent les plus petits du primaire. Nous passons sous silence la défiance à l´autorité formatrice avec la violence faite au corps enseignant.

Pour boucler la boucle, ce sont les fondateurs des établissements scolaires privés qui expulsent les élèves affectés de l´État pour non-paiement de la subvention qui leur est due.

Ainsi s´installent de longues semaines de fermeture des établissements pendant lesquels les élèves sont livrés à eux-mêmes, si les parents n´ont pas les moyens de leur prendre un répétiteur à la maison. Ces répétiteurs sont souvent constitués d´étudiants ou d´enseignants qui veulent arrondir leur fin de mois. Cela nous emmène à parler des recrutements de nos enseignants.

4.      Le recrutement de notre personnel enseignant.

Même s´il ne s´agit pas de jeter l´anathème sur ce corps de métier mien, force est de reconnaître que nous avons maintenant des « collègues » qui ne sont pas du tout à la hauteur de ce sacerdoce. Ils y sont arrivés par des voies diverses : népotisme, copinage et autres bases subjectives ; en effet, on veut caser un parent du village ou encore un militant pour « service rendu » au parti. Si cela se faisait sur la base du mérite, en prenant au moins en compte les critères requis, bien que non éthique l´on l´aurait néanmoins compris. Mais hélas, à la faveur de ses concours de recrutement, notre système éducatif (surtout au primaire) a accueilli en son sein « tout le monde ». Des instituteurs et/ou instituteurs adjoints titulaires du BEPC (Brevet d´Etudes du Premier Cycle) pour ceux qui en ont ou de niveau 1ère vendeuses de beignet, gérants de cabine téléphonique ou encore paysans qui ont cessé d´aller à l´école depuis des années et qui soudain retrouvent le monde de l´éducation. Des enseignants du secondaire également présentant les mêmes insuffisances de parler correctement encore moins d´écrire une phrase correcte ou la maîtrise de la discipline qu´ils enseignent. Ce ne sont pas les enseignants du CAFOP encore moins les Inspecteurs qui me mettront en minorité. Leur moyen d´accès à ce corps doit être « amorti » rapidement car pour certains l´investissement est lourd.

5.      Fraude

L´un des moyens pour amortir rapidement cet « investissement » est de procéder à la vente de matériels d´apprentissage (photocopie) qu´on vend aux élèves en lieu et place des ouvrages officiels. Celui qui ne les achète est passible de sanction. En plus, bien qu´interdits par la tutelle, des cours de renforcement sont exigés aux élèves. Il faut bien payer pour cela. Arrivent les examens de fin d´année où également il faut payer pour tricher et/ou recevoir la réponse aux questions. Ou encore les « opérations hiboux » organisées dans des centres de correction. D´ailleurs, cette année des enseignants ont été appréhendés et mis à la disposition de la justice afin qu´ils puissent répondre de leurs actes.

En plus des facteurs suscités, un autre non moins important qui assez souvent n´est pas pris en compte dans le niveau de réussite est à signaler : les infrastructures scolaires.

6.      La prolifération des établissements scolaires

Force est de constater que le nombre d´établissements scolaires autorisé à exercer a augmenté de manière exponentielle pendant cette décennie. Des autorisations sont délivrés à tour de bras, sans une inspection préalable sur la moralité du demandant encore moins sur l´espace où l´activité va s´exercer. Des « affairistes véreux » à la recherche du gain facile ouvrent des écoles afin de s´enrichir rapidement avec des « publicités mensongères » qui n´ont rien à voir avec leurs établissements au détriment des élèves qui y sont affectés et des parents. La qualité du personnel recruté est à désirer.

Ainsi naquirent écoles-boutiques situées près d´espaces de loisirs, de maquis et autres restaurants, de marchés et voiries où le bruit est un facteur nuisible à l´apprentissage et cause de maladie psychiques et sensorielles.

Je vous épargne le fait que le pouvoir était aux mains des « professeurs » qui nous avaient promis une refondation de la Côte d´Ivoire. Ce qui présumait d´emblée une bonne politique en matière d´éducation surtout par l´exemple. Mais hélas et mille fois hélas, ce ne fut qu´une gageure. Et les résultats de cette gestion sont là : tristes et révoltants.

Cependant, il est à espérer que cette décennie soit loin derrière nous. Car des perspectives meilleures se présentent à nous avec une bonne visibilité. Il n´y a qu´à lire le Programme National de Développement et se faire un idée. Pour les plus sceptiques, je les ramène aux actes que le nouveau gouvernement pose chaque jour en matière d´éducation par la réhabilitation, la construction de nouvelles infrastructures éducatives.

La nouvelle Université renaîtra sous peu afin d´accueillir les admis de cette année également. A cet effet, j´aimerais relever un abus de langage qui est généralement fait sur les étudiants bacheliers qui jusque-là n´ont pas encore pris de cours à l´université. On parle de « quatre générations qui attendent depuis plus d´un an la rentrée universitaire ». Il n´est pas exact de le dire. Selon le dictionnaire Le Larousse, une génération c´est l´espace de temps qui sépare chacun des degrés de filiation. Il y a environ 3 générations dans un siècle. Autrement dit, il serait exact de dire quatre promotions car il s´agit de l´ensemble de personnes entrées la même année à l´école.  

Les facteurs de ce faible niveau de réussite dans notre système éducatif étant répertoriés, il appartient à l´autorité de tutelle, au gouvernement, au secteur privé et à tous les acteurs de la société d´entrevoir des réflexions co-constructives débouchant sur des solutions durables pour le TRIOMPHE DE L´ÉLÉPHANT.

En mode liquide,

La Civilité

Dans les précédents billets introductifs de Ma lucarne citoyenne, je me suis attelé à définir de façon succincte les concepts de citoyenneté et de civisme. L´un des éléments distinctifs du civisme était la civilité. Troisième concept objet du présent billet

Du latin civilitas, sociabilité, courtoisie, lui-même issu du latin civis, citoyen, le terme civilité désigne donc l´ensemble des règles et des comportements de la vie en communauté tels que la politesse, la courtoisie, le savoir-vivre et le savoir-être. La civilité, c´est le caractère pacifique qu´une personne adopte dans ses relations avec autrui, notamment dans la façon d´entrer en contact, et du respect que l´on a pour son interlocuteur. Elle montre également l´appartenance à une même communauté, communauté humaine au minimum. Le mot civilité est cependant peu utilisé, tandis que son contraire, incivilité, est de nos jours beaucoup usité.

Au pluriel, les civilités sont les actes et les paroles qui sont considérés comme des témoignages de politesse : faire des civilités. Elles sont fondées sur le respect et la reconnaissance d´autrui et sont appropriées aux différentes situations sociales. D´ailleurs, le monde de la politique et de la diplomatie font beaucoup usage de cette expression. Le président d´une institution qui va faire ses civilités au Président de la République avant un voyage hors du pays, ou un Ambassadeur (à son arrivée et/ ou avant son départ) va faire ses civilités au Président de la République.

Un autre concept important lorsqu´on parle de civilité est l´incivilité qui comme nous l´indiquions précédemment est beaucoup plus connue. Il apparaît dans les années 90 en Afrique avec le vent de démocratie qui souffle sur le continent et la quête de multipartisme dans nos pays. L´incivilité a un rôle dans le sentiment d´insécurité et de rupture de lien social ainsi que dans les dégradations des biens publics et privés.

Autrement dit, l´incivilité est le manque et/ ou la négation de civilité.

C´est donc un comportement qui ne respecte pas les règles de la vie en société comme la politesse, le respect d’autrui, la courtoisie, l’ordre public, c’est-à-dire ce qu’on attend d’un individu « normalement civilisé ». Autrement dit, une incivilité est une action ou une parole contraire à la civilité.

A la faveur de la crise postélectorale et jusqu´à ce jour, des actes d´incivilités sont constatés quotidiennement en Côte d´Ivoire.

Cette lucarne citoyenne est donc le lieu de rencontre et d´échanges  d´idées de tous ceux qui voudraient désapprendre. Oui désapprendre ! Car il s´agit de tourner définitivement le dos à tout ce qui n´est pas de la citoyenneté, du civisme et de la civilité. Certes, c´est une tâche ardue pour l´être humain de se départir de certaines habitudes ancrées en soi. Mais il nous appartient dans nos actes de tous les jours de remettre au goût du jour ces concepts qui ont une fois fait la fierté de notre pays et qui, si nous nous engageons nous permettrait d´être comptable des nouvelles pages de l´histoire de notre pays qui sont en train de s´écrire de façon durable. C´est également l´occasion de démontrer à nous mêmes que nous sommes en mesure de savoir vivre en symbiose dans la communauté à laquelle nous appartenons et accepter les lois qui la régissent.

Car comme le dit si bien la devise de Saint- Xandre (petite ville française) entre le XIVe et le XVIe siècle, « les hommes passent, la nation demeure »

Civilement,