Autochtones, allochtones, allogènes… les vieux démons sont de retour!

« Le maire, c’est le chef de terre, donc seuls les autochtones devraient y avoir droit ». C´est l´une des perles de l´Honorable (sic!) Kouadio Konan Bertin (communément appelé) KKB Député de Port-Bouët à l´Assemblée Nationale de Côte d´Ivoire lors de la Campagne pour les élections locales à Diégonefla le 7 avril dernier.

Dans sa parution du 13 avril 2013, l´Intelligent d´Abidjan  rapporte les explications du Ministre Guikahué qui tente de dédouaner les propos de KKB mais s´enfonce avec lui dans ce bourbier ethnocentriste:

…. Il a dit que toutes les communautés se retrouvaient dans ce que Houphouët faisait. Il a évoqué la géopolitique. Et il est allé plus loin pour dire que les postes de députés étant une représentation nationale, que des communautés qui ont émigré vers d’autres cieux, si on dit de partager les postes de députés, lui n’y voit pas d’inconvénient. Cependant, il trouve que le maire étant le nom européen du chef du village. Alors il aurait souhaité, pour qu’il y ait la cohésion et l’harmonie dans la cité, que dans chaque zone, ce soit des propriétaires terriens qui gèrent la mairie pour éviter des frustrations. Il a dit que pour la libation, chaque peuple a sa façon de faire. Chez les Gouro, les Bété, les Baoulé, les Malinké etc. chacun a sa façon et sa période de libation. Et il a ajouté que “nous les Baoulé, nous avons beaucoup bougé à travers le pays. Nous sommes partout. Ce n’est pas parce que nous sommes nombreux à Oumé que nous allons revendiquer le poste du maire d’Oumé. Si nous prenons tous les postes, les Gouro ne vont pas vouloir faire la libation. Ils risquent même d’invoquer les mânes contre vous et tout ce que vous aller entreprendre va échouer”. Ce qui signifie pour lui que pour qu’il ait la cohésion sociale et le développement, il faut que ce soit un fils de la région qui soit maire, par contre pour les députations, tout le monde peut être député, parce qu’on n’est pas député d’une circonscription, mais de la Nation….

Pour rappel, KKB est militant du PDCI (Parti Démocratique de Côte d´Ivoire). Fils d´un couple mixte originaire de l´Ouest et du Centre de la Côte d´Ivoire.  Il est député de Port-Bouët ( Quartier d´Abidjan au Sud de la Côte d´Ivoire) élu sous la bannière RHDP ( Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix)  afin de favoriser la mise en oeuvre du Programme Vivre Ensemble du Président Alassane Ouattara.  Et l´écouter tenir de tels propos, m´écoeure et me révolte. C´est à croire, qu´il oublie le martyr que le Peuple de Côte d´ivoire  a  souffert durant ces dernières décennies. Si notre Honorable est à court d´arguments pour son candidat et/ ou son parti, qu´il arrête de tourner le couteau dans la plaie. Trop c´est trop!

On ne peut aspirer à Vivre Ensemble pour un construire une Nation émergente en tenant de tels propos.

Il n´ y a pas d´explication qui vaille à ces déclarations très graves qui émanent en plus d´un représentant du Peuple.

Une excuse publique de KKB et Guikahué s´imposent dans leur tentative d´expliquer l´inexplicable.

À  KKB, à Guikahué et tous ceux qui pensent ainsi de se référer aux articles 30 et 33 de la Constitution de Côte d´Ivoire:

Article 30

La République de Côte d’Ivoire est une et indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure à tous l’égalité devant la loi, sans distinction d’origine, de race, d’ethnie, de sexe et de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son principe est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.

Article 33

Le suffrage est universel, libre, égal et secret. Sont électeurs dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux ivoiriens des deux sexes âgés d’au moins dix huit ans et jouissant de leurs droits civiques et politiques.

Nulle part dans notre constitution, encore moins dans le Code Électoral Ivoirien , il n´est dit que les collectivités locales doivent appartenir à de soi-disant autochtones.

Ces replis sectariste et nanoidentitaire ( autochtone, allochtone, allogène) doivent être bannis de nos habitudes  si nous voulons réellement bâtir UNE NATION avec UNE IDENTITÉ.

Tel est mon coup de gueule sur cette campagne pour les élections locales où des candidats pataugent dans la gadoue.

 

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Des interdictions de manifester en Côte d´Ivoire

Lors du Journal Télévisé de 20 heures de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne du vendredi 15 février, le journaliste David Mobio a lu un communiqué émanant du Ministre d ‘Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité portant interdiction de trois manifestations prévues pour le samedi 16 février 2013 et sur le même site afin de faire respecter l’arrêté du Maire de la commune de Yopougon qui les interdisait.
Les 3 manifestations concernées étaient:
1. le rassemblement des démobilisés ayant appartenu à des forces belligérantes pendant la crise postélectorale pour interpeller le Gouvernement sur leur situation socio professionnelle;
2. un meeting de la Jeunesse du Front Populaire Ivoirien ( JFPI) pour réclamer la libération de M. Laurent Gbagbo et
3. un regroupement de parents des victimes de la cris postélectorale pour réclamer justice en rappelant à la mémoire collective le sort injustement subi par leurs parents défunts.
Selon la Mairie de Yopougon, les raisons qui justifient l´interdiction desdites manifestations sur le même espace sont:
– les risques de graves débordements avec morts d´hommes comme ce fut le cas le 06 avril 2012 à la Place FICGAYO dans la même commune;
– les réactions hostiles d´une importante frange de la population relayées par la presse;
– le contexte préélectoral de grande sensibilité à quelques semaines du scrutin des Conseillers Régionaux et Municipaux.

Le communiqué termine en ces termes  » le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité en appelle au sens civique des initiateurs de ces manifestations pour s’en tenir scrupuleusement au respect de la décision du Maire de Yopougon bien conforme à la réglementation en vigueur relative au maintien de l’ordre et de la tranquillité publics ».
Suite à cette mesure d´interdiction, les avis sont diversement partagés sur cette décision de la mairie de Yopougon, entérinée par le Ministère de tutelle chargé du maintien de l´ordre public, les uns parlent de déni de la liberté de manifester dans un état démocratique quand d´autres soutiennent la décision de la tutelle d´éviter des risques graves de débordements.
Je me ferai l´économie de plancher sur le bien-fondé de l´objet des manifestations qui voulaient être organisées à la Place CP1; cependant je m´appesantirai sur le rôle de la municipalité dans la gestion des évènements sur les espaces publics des collectivités.
S´il est juste que la Mairie veuille bien éviter des risques graves de débordements, il n´en demeure pas que des trois organisations demanderesses du sésame d´organiser une manifestation, il y a une qui a vu ses droits de s´exprimer bafoués. En effet, l´organisation d´une manifestation publique dans une commune fait l´objet d´une procédure auprès de la municipalité.
S´il est vrai que les trois organisateurs ont correctement suivi la procédure pour une demande d´autorisation de manifester, le bon sens aurait voulu que l´autorisation soit accordée au premier demandeur en appliquant le « first-come, first -served » comme le disent si bien les Anglais et le faire savoir aux autres organisateurs; de sorte qu´ils puissent prendre leur disposition afin de trouver un autre espace à même d´accueillir leur manifestation ou trouver une autre date qui leur conviendrait au cas où ils voudraient le même espace. Au lieu de cela, le Ministère de l´Intérieur a suivi la Mairie de Yopougon d´interdire la manifestation aux trois organisations suscitées.
Le Ministère de l´Intérieur en interdisant la manifestation aux trois organisateurs a refusé la liberté de manifester à l´une des trois organisations qui était dans son plein droit alors que les deux autres organisations auraient dû voir leur demande refusée pour la date du 16 février.
Toute mairie disposant d´un registre où sont mentionnées toutes les demandes de manifester dans l´ordre chronologique avec numéro d´enregistrement, date et heure de réception etc…
À partir du moment où une organisation reçoit une autorisation de manifester, il lui appartient de respecter la règle des 3 C dans un État: Citoyenneté- Civisme et Civilité. Il en est de même pour l´Autorité Policière qui tous pris dans leur individualités sont des citoyens et/ou résidents.
Ce n´est qu´ainsi que l´État démocratique que nous appelons de tous nos vœux sera une réalité pour Toutes et pour Tous.

Qu´est-ce qu´un citoyen qui doit faire la preuve, à chaque instant de sa citoyenneté?

Qu´est-ce qu´un Citoyen qui doit faire la preuve, à chaque instant de sa citoyenneté? s´interrogeait le sociologue français Pierre Bourdieu.

Il y a quelques jours, j´initiais une nouvelle rubrique dans mon blog intitulée « Ma Lucarne Citoyenne » avec trois billets introductifs de concepts clefs qui faisait de quelqu´un citoyen/ citoyenne d´un pays ou d´une Nation. Ces trois concepts clefs (pour une définition succincte, vous pourrez accéder avant de revenir à cet article ci) qui donnent le statut de citoyen sont:

– la citoyenneté,

– le civisme et

– la civilité

Ces dernières  semaines, l´actualité de notre chère patrie est en grande partie composée d´attaques lâches perpétrées de part et d´autre de nos frontières Est-Ouest de même qu´en interne ( les attaques de Duekoué, Abengourou et Agboville). Cependant, l´attaque la plus médiatisée est celle des postes de contrôle du Camp Militaire d´Akouédo à Abidjan ( le plus grand camp de la Côte d´Ivoire).

Alors que le pays devait recevoir la compassion de son peuple et venir à son chevet pour tenter de résoudre ce problème, des personnes et/ou de groupes de personnes régulièrement constituées y ont trouvé un moyen de s´adonner à leur pratique favorite: la danse de sorciers dont elles sont seules détentricent de la chorégraphie et de la partition.

D´une part, celles-ci s´adonnent à coeur joie dans la narration de ces attaques comme s´ils s´agissaient de journalistes de guerre. En mon humble connaissance, la Côte d´Ivoire ne compte pas de journalistes de guerre. D´où vient-il donc que ces personnes décrivent habilement les attaques et la supposée progressions des troupes ennemies dans la prise des différentes villes cibles. Ils s´en jactent même en vantant le mérite de ceux qui ont pris les armes contre leur pays.

D´autre part, une illustre personnalité qui se définirait comme une autre alternative politique et qui a antérieurement joué un rôle de premier plan a eu l´ »audace » de trouver une justification à la fragile situation sécuritaire de la Côte d´Ivoire en catégorisant les éventuels fauteurs de troubles en trois groupes:

– le premier groupe serait des EX-FRCI déçus et frustrés, 

– le second groupe identifié comme dangereuse est constituée supplétifs issus des jeunes combattants recrutés à tout va au moment où il a fallu que les FN se préparent à la bataille d’Abidjan et,

– le dernier groupe à risque est composé personnes issues des groupes d’autodéfense et autres miliciens de l’ancien régime.

Il est à noter que dans cette classification subjective en aucun moment apparaît la liste des militaires et autres partisans politiques de l´ex président qui se sont retrouvés hors du pays,et/ ou qui résident en Côte d´Ivoire et ne perdent aucune occasion pour dire que le pouvoir actuel « va chuter à tout moment ». D´ailleurs, des « prophéties » ont été abondamment relayées annonçant le déluge sur la Côte d´Ivoire au grand bonheur des partisans du président déchu.

À l´opposé de ce groupe non citoyen, incivique et incivil, il y a un autre groupe de citoyens qui fait la preuve à chaque instant de leur citoyenneté. En essayant, selon les moyens dont ils disposent, de rétablir la quiétude et la sécurité dans notre pays. Ces moyens sont essentiellements leurs écrits et leurs convictions qu´ils communiquent sur les réseaux sociaux, principalement twitter. C´est le lieu de leur adresser la reconnaissance de l´État dans leur élan quotidien de réduire les manipulations, les désinformations, le lavage de cerveau et autres rumeurs qui y sont véhiculés par les non citoyens, inciviques manquants de civilités.

Notre PAN, Guillaume Kigbafori Soro, par ses actions quotidiennes, son engagement au côté du PR , du Haut Commandement militaire et du gouvernement, tente d´apporter son expérience et son expertise dans le cadre d´un règlement définitif et durable de la sécurité sur le territoire ivoirien. Nous l´avons vu suite à l´attaque des postes de contrôle d´Akouédo. Puis plus tard, l´audience qu´il a accordé au Ministère de l´Intérieur Hamed Bakayoko.

Il ne pouvait en être autrement car il s´agit de la deuxième personnalité du pays et, qui plus est, élu du peuple et Président de l´Institution qui légifère, vote les lois de la Côte d´Ivoire. Et veuille donc à son application. Quoi de plus normal que ce citoyen civique et de civilité par l´exemple soit à la manoeuvre avec les moyens que lui confère la loi afin de tranquiliser ceux qu´il représentent à la tête du Parlement: la population ivoirienne sans exclusive.

Ses actions, au lieu de bénéficier du soutien unanime et sans équivoque de tous, sont entrain d´être remises en question par des motivations dont seuls les initiateurs connaitraient les tenants et aboutissements desdites manoeuvres.

C´est le lieu d´interpeller chacun et chacune de nous. Certes, l´un des rôles régaliens de l´Etat est d´assurer la sécurité des biens et des personnes (citoyens et résidents) de la Côte d´Ivoire, mais il est aussi du devoir du citoyen de permettre l´applicabilité de ce rôle régalien dans la stricte application de l´article 9 de notre Constitution qui stipule que:

« la liberté de pensée et d´expression, notamment la liberté de conscience, d´opinion religieuses ou philosophique sont garanties à tous, sous la réserve du respect de la loi, des droits d´autrui, de la sécurité nationale et de l´ordre public.

Autrement dit, si cette liberté de pensée et d´expression s´est muée en libertinage de pensée et d´expression pour ces personnes et groupes de personnes qui attaquent notre pays et ses institutions, alors le respect de la loi, des droits d´autrui, de la sécurité nationale et de l´ordre public s´appliqueront,  n´en déplaisent aux donneurs de leçons ou autres organisations dites civiles qui en ce moment sont muettes comme des carpes et observent une loi d´omerta sur les agissements de ces personnes. Mais après feront ressortir le refrain de « justice des vainqueurs »

Si tu penses être citoyen (e), rappelle-toi que tu ne l´es pas à cause de celui ou celle qui est au pouvoir, mais plutôt citoyen(e) de Côte d´Ivoire : pays qui a des lois envers lesquelles nous avons des devoirs et des droits, que nous devons respecter, et avoir du respect envers l´autre selon les lois, les normes et les coutumes qui régissent notre pays.

Citoyennement,

La Civilité

Dans les précédents billets introductifs de Ma lucarne citoyenne, je me suis attelé à définir de façon succincte les concepts de citoyenneté et de civisme. L´un des éléments distinctifs du civisme était la civilité. Troisième concept objet du présent billet

Du latin civilitas, sociabilité, courtoisie, lui-même issu du latin civis, citoyen, le terme civilité désigne donc l´ensemble des règles et des comportements de la vie en communauté tels que la politesse, la courtoisie, le savoir-vivre et le savoir-être. La civilité, c´est le caractère pacifique qu´une personne adopte dans ses relations avec autrui, notamment dans la façon d´entrer en contact, et du respect que l´on a pour son interlocuteur. Elle montre également l´appartenance à une même communauté, communauté humaine au minimum. Le mot civilité est cependant peu utilisé, tandis que son contraire, incivilité, est de nos jours beaucoup usité.

Au pluriel, les civilités sont les actes et les paroles qui sont considérés comme des témoignages de politesse : faire des civilités. Elles sont fondées sur le respect et la reconnaissance d´autrui et sont appropriées aux différentes situations sociales. D´ailleurs, le monde de la politique et de la diplomatie font beaucoup usage de cette expression. Le président d´une institution qui va faire ses civilités au Président de la République avant un voyage hors du pays, ou un Ambassadeur (à son arrivée et/ ou avant son départ) va faire ses civilités au Président de la République.

Un autre concept important lorsqu´on parle de civilité est l´incivilité qui comme nous l´indiquions précédemment est beaucoup plus connue. Il apparaît dans les années 90 en Afrique avec le vent de démocratie qui souffle sur le continent et la quête de multipartisme dans nos pays. L´incivilité a un rôle dans le sentiment d´insécurité et de rupture de lien social ainsi que dans les dégradations des biens publics et privés.

Autrement dit, l´incivilité est le manque et/ ou la négation de civilité.

C´est donc un comportement qui ne respecte pas les règles de la vie en société comme la politesse, le respect d’autrui, la courtoisie, l’ordre public, c’est-à-dire ce qu’on attend d’un individu « normalement civilisé ». Autrement dit, une incivilité est une action ou une parole contraire à la civilité.

A la faveur de la crise postélectorale et jusqu´à ce jour, des actes d´incivilités sont constatés quotidiennement en Côte d´Ivoire.

Cette lucarne citoyenne est donc le lieu de rencontre et d´échanges  d´idées de tous ceux qui voudraient désapprendre. Oui désapprendre ! Car il s´agit de tourner définitivement le dos à tout ce qui n´est pas de la citoyenneté, du civisme et de la civilité. Certes, c´est une tâche ardue pour l´être humain de se départir de certaines habitudes ancrées en soi. Mais il nous appartient dans nos actes de tous les jours de remettre au goût du jour ces concepts qui ont une fois fait la fierté de notre pays et qui, si nous nous engageons nous permettrait d´être comptable des nouvelles pages de l´histoire de notre pays qui sont en train de s´écrire de façon durable. C´est également l´occasion de démontrer à nous mêmes que nous sommes en mesure de savoir vivre en symbiose dans la communauté à laquelle nous appartenons et accepter les lois qui la régissent.

Car comme le dit si bien la devise de Saint- Xandre (petite ville française) entre le XIVe et le XVIe siècle, « les hommes passent, la nation demeure »

Civilement,