Mondial 2014: Sidy, où sont passés les 4, 750 milliards de la FIFA ?

ASD

Le 31 juillet dernier, le président de la Fédération Ivoirienne de Football avait convié la presse sportive à une conférence de presse pour , selon lui, faire le bilan de notre participation à ce rendez-vous du gotha mondial du football au Brésil. En lieu et place d´une conférence de presse, j´ai plutôt assisté à une causerie entre Sidy et ses copains journalistes. Les points évoqués ( bilan moral, financier, résultats) n´ont pas fait l´objet d´une préparation sérieuse. C´est tout comme Sidy Diallo et l´équipe dirigeante de la FIF voulaient rapidement s´en défaire et passer à autre chose. Et il l´aura réussi en profitant de cette conférence de presse pour donner le nom du nouveau sélectionneur des Éléphants. Ce qui a pour finalité de détourner l´attention des journalistes présents de l´essentiel: le bilan financier de notre participation au Mondial de Brésil 2014.

Le bilan financier de Brésil 2014 n´a pas duré plus de trois minutes. Et les chiffres qui ont été avancés ne sont pas du tout corrects. En somme, un ostracisme total sur les montants que la FIF a reçus d´une part de l´État de Côte d´Ivoire et de ses sponsors et d´autre part de la FIFA.

En tout état de cause, Sidy Diallo s´est doublement moqué des ivoiriens. Une première fois, en n´écoutant personne malgré les mauvais choix et les mauvaises décisions qui se sont cumulés jusqu´au mondial. Ce qui a eu pour conséquence, la piètre prestation de de notre sélection au Brésil alors que notre poule était jouable. Et la deuxième fois, c´est l´utilisation qu´il a fait de l´argent des contribuables ivoiriens . Et notre presse, que l´on considère comme le quatrième pouvoir, a participé à cette forfaiture contre le peuple.

Mon coup de gueule s´articulera principalement autour de trois points: des concepts de dépenses en double de la FIF, le silence sur la dotation de la FIFA à la FIF pour sa participation au mondial et enfin la duplicité de nos journalistes présents lors de cette causerie.

1. Les concepts de dépenses en double de la FIF

Sidy Diallo a relevé que l´État de Côte d´Ivoire a remis à la Fédération Ivoirienne de Football une enveloppe de 2,113 milliards de Francs CFA afin de préparer la participation de nos pachydermes au rendez-vous de Brésil 2014. Ce montant a été dépensé comme suit:

Primes de qualification : 1,700 milliards

Frais de transport aériens et terrestres lors de la préparation : 200 millions

Autres Frais: 200 millions

Soit un total de 2,100 milliards. Silence total sur les 13 millions restants.

Le bilan financier de Sidy Diallo et de la FIF, tel que présenté n´est pas celui du Brésil 2014 qui a commencé le 12 juin et a pris fin le 13 juillet 2014. La Côte d´Ivoire a-t-elle participé aux phases éliminatoires sans avoir eu à débourser un seul kopeck pour les primes aux joueurs, le transport, l´hébergement etc…..? Ce que je doute fortement. Ou toutes ses charges étaient-elles à crédit? Le point 24 intitulé Dispositions Financières du Règlement de Brésil 2014 devrait permettre à Sidy et à la FIF de clarifier l´opinion sur ce sujet. Car ce point explique les modalités de participation des équipes nationales aux compétitions préliminaires en vue de l´obtention du sésame pour Brésil 2014. Ce point traite particulièrement de la repartition de la billeterie des matchs, les charges pour le transport, l´hébergement des équipes etc…. Mais là n´est pas l´objet de ce coup de gueule.

  1. De la dotation de la FIFA aux équipes participantes au Mondial de Brésil 2014

Dans l´Annexe B du Rapport Financier 2013 présenté lors de son 64è Congrès tenu à Sao Paolo ( Brésil) les 10 et 11 juin 2014, la FIFA clarifie la dotation qui revient aux équipes participantes au Mondial de Brésil 2014.

Dans cet annexe, on apprend que toutes les équipes partent sur une base unique de 8 millions de dollars US (environ 4 milliards F CFA). En termes plus simples, la Côte d´Ivoire a une dotation d’environ 4 milliards F CFA pour sa participation au premier tour du Mondial brésilien. A cette somme s’ajoute 1,5 million de dollars US (750 millions F CFA) à titre de contribution de la FIFA aux frais de préparation des équipes qualifiées. Soit un total de 4,750 milliards F CFA. Ce montant aurait pu augmenter si nos Éléphants avaient les tours suivants.

Les clubs ne sont pas en reste. Une enveloppe de 70 millions de dollars est allouée aux associations membres qui devront la repartir entre les clubs qui auront contribué au succès de la compétition. Sur la liste des 23 de la Côte d´ivoire,  un seul club ivoirien pourra bénéficier de cette indemnité. Les 22 autres joueurs évoluant tous dans les championnats européens. Le Séwé Sport de San Pédro, disais-je,  du gardien de but Sylvain Gbohouo pourrait percevoir une indemnité de 2800 dollars US par jour. Le Séwé percevra cette somme qui pourrait aider sa trésorerie par ces temps de vaches maigres pour notre football local.

Si l´ex-sélectionneur ivoirien avait sélectionné d´autres joueurs de notre championnat local, cette indemnité pourrait aider lesdits clubs. C´est le lieu d´interpeller nos clubs et joueurs locaux à bien travailler et frapper à la porte de la sélection nationale.

In extenso les dispositions financières ( page 48) du Règlement de Brésil 2014 ( cf. http://fr.fifa.com/worldcup/organisation/documents/index.html) sur la part des charges qui revient aux différentes parties:

  1. Les associations membres participant à la compétition doivent prendre en charge les frais suivants :

a) assurance adéquate contre tous les risques, y compris les blessures, accidents, maladies et voyages (liste non exhaustive) et ce au vu de la réglementation de la FIFA applicable afin de couvrir tous les membres de la délégation de leur équipe et toute personne chargée d’exécuter une mission en leur nom (cf. en particulier l’art. 2, al. 3 de l’annexe 1 du Règlement du Statut et du Transfert des Joueurs) ;

b) pension et hébergement durant la compétition finale (en plus des montants payés par la FIFA), dont la location de salles de réunions et d’équipement audiovisuel ;

c) frais induits par les membres supplémentaires des délégations (au-delà de 50 personnes).

  1. Conformément à l’AO, l’association organisatrice gèrera et prendra en charge tous les déplacements (terrestres, ferroviaires ou aériens) dans le pays hôte de chaque association membre participante (maximum de 50 personnes par association membre participante), y compris le transport de l’équipement et les frais qui s’y rapportent.
  2. La FIFA prendra en charge les frais suivants :

a) contribution aux frais de préparation des associations membres participantes conformément à un tarif fixe que la commission d’organisation de la FIFA déterminera en temps utile ;

b) frais de voyage en avion en classe affaires pour 50 personnes par association membre participante entre une ville à désigner par la commission d’organisation de la FIFA et l’aéroport international le plus proche du camp de base de l’équipe de l’association membre participante au Brésil. La FIFA peut demander que chaque association membre participante utilise pour se rendre dans le pays hôte de la Coupe du Monde de la FIFA 2014™ soit (i) la compagnie aérienne notifiée à l’association membre participante comme le transporteur désigné de la FIFA, soit (ii) un partenaire approprié de l’alliance du transporteur désigné (si le transporteur désigné ne dessert pas les aéroports internationaux du pays de l’association membre participante). Si, contrairement à une telle requête de la FIFA, une association membre participante choisit de ne pas utiliser le transporteur désigné par la FIFA ou un partenaire de l’alliance dudit transporteur ou si une association membre participante choisit d’affréter un avion privé pour le transport de sa délégation, l’obligation de la FIFA sera limitée au montant que la FIFA aurait déboursé si la délégation avait été transportée par le transporteur désigné par elle ;

c) contribution aux frais d’hébergement et de pension pour 50 personnes par association membre participante selon un tarif fixe à déterminer en temps utile. Le séjour commence cinq nuits avant le premier match de chaque équipe et prend fin deux nuits après son dernier match. La commission d’organisation de la FIFA déterminera ces tarifs sur la base d’une moyenne des prix pratiqués dans les hôtels officiels des équipes sur site pendant la Coupe du Monde de la FIFA™ ;

d) dotation pour les associations membres participantes, dont les montants seront déterminés par la commission d’organisation de la FIFA ;

e) frais occasionnés par les officiels de match, inspecteurs d’arbitres, commissaires de matches et autres membres de la délégation de la FIFA ;

f) frais des contrôles de dopage ;

g) frais de l’assurance contractée par la FIFA pour couvrir ses propres risques.

  1. Les risques restants – notamment ceux de l’association organisatrice – devront être couverts par des assurances complémentaires dont les primes seront à la charge de l’association organisatrice. Pour éviter des cumuls d’assurance et des lacunes dans la couverture, les polices et leur étendue seront définies conjointement par la FIFA et l’association organisatrice. La FIFA fixera la date limite de présentation et de ratification des contrats susmentionnés en temps utile.
  2. Toute autre dépense que celles mentionnées dans le présent règlement sera prise en charge par les associations membres participantes concernées (cf. art. 4).
  3. Les conditions générales financières pour les associations participantes seront fixées en temps utile dans une annexe ou une circulaire.

De tout ce pactole reçu de la FIFA, l´opinion ne sait comment cette somme a été / est gérée. Le transport, l´hébergement, les déplacements au Brésil, les frais d´assurances pour 50 membres de chaque pays ont été pris en charge par la FIFA au regard de des articles cités plus haut.

Notre miroir, nos ancêtres les gaulois, à travers la Fédération Française de Football avait annoncé avant la Coupe du monde que les 23 joueurs, le sélectionneur et le staff de l’Equipe de France se partageront 30% de la prime FIFA, et ce quel que soit le stade atteint dans la compétition. Etant donné que les Bleus ont été éliminés en quarts de finale, la F.F.F. a obtenu une prime de 10,2 millions d’Euros, soit 3,06 millions d’Euros à se partager. Les joueurs ont donc reçu 93.000 Euros chacun guise de lot de consolation. À ce lot de consolation de la FIFA, il faudra ajouter la part provenant des sponsors des bleus.

Chez nous en Côte d´ivoire, c´est la black out total sur cette dotation de la FIFA, de même que l´apport d´au moins 15 sponsors des éléphants qui apparaissent sur le site de la FIF http://www.fif-ci.com. Nous ignorons tout de leur contribution financière à notre sélection nationale.

En somme aucune transparence!

Voulant faire bien les choses, Sidy d´enfoncer le clou en confirmant mes doutes par ses propos sur  » La Génération Drogba »  à qui nous demandions la retraite après services rendus : « Je rends  hommage à cette génération. Elle n’a certes rien gagné comme trophée mais elle a rapporté près de 14 milliards de francs CFA à la Côte d’Ivoire« . Oui, cette génération a rapporté 14 milliards de francs CFA à la Côte d´Ivoire en trois participations au Mondial en Allemagne ( 2006), en Afrique du Sud (2010) et au Brésil (2014). La Côte d´Ivoire entière n´a pas su comment les 9,3 milliards ( dotations 2006 et 2010) ont été gérés par l´ancienne équipe dirigeante. Par contre, c´est toujours la FIF qui tend la main aux contribuables ivoiriens pour financer ses participations aux compétitions internationales. Il en est de même pour certaines fédérations.

Aucun bien immobilier acquis depuis 2006 malgré toute cette somme que la Côte d´Ivoire a perçue à travers la FIF. Au compte n´a été rendu au peuple de Côte d´Ivoire. Le dernier rapport d´activité qui apparaît sur le site de la FIF date de 2006. Toujours avec très peu de chiffres. C´est à penser que notre FIF n´est pas en de bon termes avec les chiffres.

Malgré les efforts financiers que les contribuables consentent pour que la FIF participe à ces compétitions, en retour nous sommes payés en monnaie de singe à l´heure du bilan. Dès que la bourse est pleine, et que le ministère des sports veut y voir clair, on crie à l´ingérence. Et même , on va jusqu´à défier l´autorité de la tutelle en se cachant derrière l´immunité FIFA . Pour enfin ressortir de sa tanière à l´approche de l´évènement sportif pour appeler à l´UNION autour de la sélection et demander la bénédiction du Peuple de Côte d´Ivoire.

Dans les autres pays, les fédérations sportives et leur ministère de tutelle font UN dans l´élaboration de la politique sportive du pays. Chez nous, c´est la défiance à outrance de la tutelle.

Moi Président de la FIF, je ne quémanderais plus rien aux contribuables ivoiriens qui ont d´autres priorités telles l´éducation, la santé, le logement et le bien-être. Je tâcherais de bien gérer les 4,7 milliards de 2014 de la meilleure des manières possibles: marchés financiers, biens immobiliers etc….Des cours en management d´entreprise  sportive, en gestion de patrimoine seraient profitables à nos dirigeants. Heureusement que toutes les fédérations ne sont pas ainsi. Et puis un stage en immersion auprès du Prix d´Excellence du meilleur dirigeant sportif 2014, Me Bamba Cheick Daniel de la fédération ivoirienne de Taekwondo, aiderait énormement nos présidents de fédération sportive à acquérir les valeurs comme l´humilité, l´union, le travail et la discipline. La Fédération Ivoirienne de Tae-Kwondo est l´une des rares fédérations sportives de  Côte d´Ivoire qui ne fait pas de tapage pour des subventions mais qui  glaner des lauriers à chaque compétition internationale à laquelle elle participe.

3. De la duplicité des journalistes

Il se dit que la presse et les médias sont le quatrième pouvoir qui peuvent servir de contre-pouvoir face aux trois pouvoirs qui incarnent l´État ( Exécutif, législatif et le judiciaire). Est-ce réellement le cas dans notre chère Côte d´Ivoire?  À la pratique, je répondrais par la négative; à cause de ce qui m´a été donné d´apercevoir le 31 juillet dernier, lors de la causerie entre Sidy Diallo et ses copains. Une presse d´un facile accommodement. Voici un président de fédération qui fait un bilan financier d´une participation à une coupe du Monde et aucun journaliste n´a fait l´effort de se préparer en recoupant les informations au moins sur le site de la FIFA avant de prendre part à cette « conférence ». Que non! Ils se sont présentés, ont posé juste des questions sur l´ancien entraîneur, le brassard de capitaines etc. et ont omis volontairement de parler des sommes reçues par la FIF. Et ils ont même applaudi lorsque Sidy a donné le nom du nouvel entraîneur. Pays là quoi!

Face à cette duplicité de ce quatrième pouvoir qui ne joue pas pleinement son rôle mais sert plutôt de relais de Sidy et de la FIF ( dans ce cas précis) , la presse sportive ivoirienne ne sera que complice que la décadence de notre sport-roi.

Attendaient-ils impatiemment ce moment pour n´avoir pas pausé les questions qui fâchent à Sidy au risque de se voir éconduire des canapés servis?

 

JOURNALISTES CIV

 

En tout état de cause, Sidy a encore beaucoup de choses à nous dire, et j´ose espérer qu´il aura maintenant tout le temps nécessaire de convoquer une Assemblée Générale couplée ( 2013 et 2014) au cours de laquelle il pourra faire un point clair, cohérent et concis. Les dirigeants ne feront-ils pas autant que nos journalistes?

L´argument de la Coupe du Monde 2014 étant terminé depuis notre sortie après le premier tour , j´ose espérer que Sidy n´aura pas comme nouvel alibi septembre 2014 qui marque le début des éliminatoires de la CAN 2015.

Sportivement,

 

La FIF de Sidy Diallo et ses bilans qui n´arrivent jamais!

FIF_NewCrest

Éliminée en quart de finale par le Nigéria lors de la Coupe d´Afrique des Nations 2013 en Afrique du Sud, la Fédération Ivoirienne de Football dirigée par Sidy Diallo assumait sa responsabilité et promettait tirer les leçons de cette contre-performance. La FIF est même allée plus loin en promettant à la Côte d´Ivoire et à son gouvernement à travers son ministre des sports M Alain LOBOGNON des séances de travail afin de mener une réflexion sur le football ivoirien. Ce fut en février 2013!

Depuis plus rien, Sidy et son équipe ont continué jusqu´au mondial de Brésil 2014 avec son flambant et nouveau titulaire du parchemin d´entraîneur. Et rebelote!

Un extrait du communiqué de juillet dernier du Président Sidy: « La FIF assume la responsabilité de cette contre-performance, rassure les Ivoiriens sur sa détermination à tirer les leçons de cette non-qualification et à prendre toutes les dispositions nécessaires pour les futures échéances. Notamment, les éliminatoires de la CAN 2015 qui débutent dès septembre 2014. Elle entend, dans les prochains jours, faire au Gouvernement, aux Dirigeants de club et à l’opinion sportive nationale, le bilan complet de la participation des Eléphants au Mondial 2014″.

Si les dirigeants de club ont pu être « informé » ( selon les comptes rendus de la presse ivoirienne), le gouvernement et l´opinion sportive nationale sont toujours dans l´attente de ce fameux bilan complet de la participation des Éléphants au Mondial 2014. Nous avons même appris que l´émission télé à la RTI a même été annulée à la dernière minute. Dribble digne de Garrincha.

En lieu et place des bilans ( CAN 2013 et Mondial 2014) promis par Sidy et la FIF, c´est à une course de vitesse digne d´Usain Bolt ou de Cristiano Ronaldo que nous sommes entrain d´assister en ce moment pour récruter un sélectionneur/ entraîneur pour notre équipe nationale. Après un appel à candidature qui frise un amateurisme total. Même une PME aurait fait mieux dans l´annonce de l´offre en détaillant les critères. Au lieu de cela, tout est plus que flou comme la gestion actuelle du football ivoirien .

Côte d´Ivoire, voilà pays! Comme dirait l´acteur ivoirien Magnéto!

Sous Jean Brizoua-Bi, la Côte d´Ivoire a organisé sa première Coupe d´Afrique des Nations en 1984 et la FIF s´est dotée d´un siège moderne.

Sous Dieng Ousseynou, la Côte d´Ivoire a remporté sa première Coupe d´Afrique des Nations en 1992.

Sous Jacques Anouma, la Côte d´Ivoire participe consécutivement en 2006 et 2010 à la Coupe du Monde de Football en Allemagne et en Afrique du Sud .

Quel legs nous réserve Sidy Diallo à la fin de son passage à la tête de la FIF? Pour le moment, sa gestion et les résultats qui en découlent nous laissent entrevoir la mort certaine de notre foot.

Vivement un aggiornamento de notre football qui se meurt!

 

Dépité par nos députés ….

Kouadio Konan Bertin (KKB), député de Port-Bouët à l`Assemblée nationale et ex secrétaire général de la jeunesse du PDCI RDA s´est prononcé au cours d`une conférence sur des points de l`actualité politique ivoirienne: – son opposition à la nouvelle CEI – la visite de François Hollande et, – les élections 2015 Politique-KKB-PDCI-0003 Cette sortie de presse du 16 juillet dernier fait suite à la saisine du Conseil Constitutionnel en juin dernier par KKB et 28 autres députés, après que l´Assemblée Nationale de Côte d´Ivoire ait approuvé la composition de la Commission Électorale Indépendante ( CEI) en juin dernier. Le présent billet est le dépit que j´ai pour certains de nos députés. Nous n´insisterons pas sur la saisine du Conseil Constitutionnel qui est légitime. En effet, la constitution ivoirienne de juillet 2000 dans son article 77 autorise les députés ( le PANCI, un dixième au moins de députés ou un groupe parlementaire) à saisir le Conseil Constitutionnel avant la promulgation d´une loi. Par contre, les propos tenus par KKB extenso « mais dans une sorte d’aveuglement, le conseil a préféré valider la position du gouvernement, laissant toute entière la menace que fait planer sur nos compatriotes l’action future d’une commission à ce point déséquilibrée, structurellement partiale et en mission commandée pour un camp » ne sont pas dignes d´un pseudo démocrate, député de surcroît, qui ferait bien d´exposer à la Nation les raisons de son désaccord à la décision de notre Conseil Constitutionnel que de nous enfariner dans une prophétie malachite d´une autre époque récente de l´histoire de notre pays. Son conseil d´Avocats, s´il en a, pourra lui donner les éléments juridiques pour démonter la décision du Conseil Constitutionnel au lieu de descendre dans la gadoue. Hormis cette mise au point, j´ai été particulièrement impressionné par le paragraphe suivant de son intervention sur la visite du Président François Hollande et je cite  » Loin de ces pratiques d’un autre temps, nous souhaitons attirer l’attention de notre hôte de marque sur les attentes de nos compatriotes et de tous ceux qui vivent dans ce pays et l’aiment profondément. Toutes ces années de crise destinées à nous empêcher de prendre le gouvernail de notre avenir ont jeté nos populations dans une pauvreté sans nom. Les ivoiriens aspirent donc à: – la sécurité pour eux-mêmes et pour leurs familles, – la garantie de leurs libertés fondamentales, manger à leur faim c´est-à-dire trois (3) repas par jour, – se soigner – envoyer leurs enfants à l´école, – avoir un emploi, – avoir un logement. En un mot, satisfaire leurs besoins fondamentaux. Un vrai retour au degré zéro du progrès. C´est à cette Côte d´Ivoire martyrisée, ruinée, appauvrie mais debout et désireuse de se reprendre en main sous le leadership éclairé, imaginatif, volontaire et intègre d´une nouvelle équipe dirigeante que nous appelons clairement de nos vœux qu´il faudra que le Président français s´adresse. OUI, vous avez bien lu la liste des aspirations des Habitants de la Côte d´Ivoire égrenée par l´Honorable député KKB qui siège à l´Assemblée Nationale de Côte d´Ivoire depuis le 16 décembre 2011. Eh bien, le « Bréviaire de KKB » me gêne à plus d´un point et est l´objet de mon dépit car venant d´un député et il n´est pas le seul à claironner à longueur de journée dans les médias sur ces aspirations. Cher Houphouétiste (sic) KKB que peut le Président Hollande pour résoudre ton bréviaire? Il n´est pas député ivoirien, mais toi tu l´es. Dans la pratique que fait réellement KKB depuis trois ans qu´il siège à l´hémicycle? Qu´il ne nous dise pas qu´il vient de recevoir une révélation de « ces besoins fondamentaux » énumérés lors cette conférence de presse. L´article 71 de notre constitution fait cas des domaines de la loi que le député vote. KKB a-t-il pris la peine de parcourir le Règlement Administratif de l´Assemblée Nationale de Côte d´Ivoire depuis qu´il siège au Parlement de Côte d´Ivoire ? Ledit Règlement dans son Livre II Procédure législative, Titre I Procédure ordinaire, Chapitre I Projets et propositions, en son article 52 définit la proposition de loi est un texte introductif auprès du Bureau de l´Assemblée Nationale par un Député ou un groupe de Députés. Je prierais avec bienveillance le PAN SORO Guillaume et son Service de Communication, de bien vouloir rappeler à nos honorables députés qu´en plus de leurs activités politiques, il leur est demandé de faire des propositions de loi aillant dans le sens du Bréviaire de KKB. Dans la troisième partie de sa conférence de presse, KKB et le candidat qu´il soutient aspirent à gouverner la Côte d´Ivoire. Ce qui est légitime. Il s´agit des présidentielles de 2015. Voilà un député qui à ce jour, en ma connaissance, n´a pas été en mesure de faire une proposition de loi à l´Assemblée Nationale qui veut avoir un Candidat aux Présidentielles de 2015. Ton candidat est élu, tu as un poste ministériel, oseras-tu présenter des projets de loi? Ou auras-tu des nègres dans ton cabinet pour le faire? Ton poste actuel de député te donne la possibilité d´apprendre à rédiger des propositions. Que nenni! À nos honorables ( de tous les partis politiques de notre hémicycle) et autres élus politiques ( Maires, Conseillers Régionaux etc…) que nous regardons, entendons et lisons à longueur de journée parler de 2015, l´heure est au travail! Comme le fait quotidiennement le PRADO à travers les différents projets de loi que lui et son équipe gouvernementale déposent régulièrement sur la table des députés. Des projets de loi qui ont pour l´objectif principale l´amélioration du bien-être de la population ivoirienne. ADO a émis le vœu d´avoir un deuxième mandat. Depuis, il s´est remis au travail. Les actes sont visuels! On ne l´entend pas quotidiennement nous le dire comme vous nous qui rabâchez les oreilles à longueur de journée dès lors que vous avez une occasion! Cher Honorable KKB ( et aux autres font de même dans un autre registre), j´ose espérer ( la Côte d´Ivoire avec moi j´espère) qu´avant la fin de votre législature vous ferez des propositions de loi au gouvernement sur des points du Bréviaire de votre Honorable collègue KKB. Si je ne me trompe, depuis 2011, l´ANCI a reçu deux propositions de loi de la part de nos députés. Très peu dirais-je! Certes des lois existent, mais vous pouvez les améliorer avec le POUVOIR que la Constitution vous accorde. Ce n´est qu´ainsi que vous serez crédibles lorsque vous voudriez aspirer à gouverner la Côte d´Ivoire en 2015 ou plus tard. Il viendra le moment de justifier les émoluments que le contribuable vous accorde ainsi que tous les privilèges dû à votre rang: LE VOTE. Alors trêve de « vuvuzela » sur 2015, députés, maires, Présidents de Conseils Régionaux reprenez le travail car vous êtes très très en retard sur le programme que vous avez vendu à vos électeurs. À moins que vous ne nous ayez vendu des illusions. Mais premier gaou n´est pas gaou….

Incapables, impuissants et toujours la faute aux autres!

Ils se font remarquer de façon récurrente lors de cérémonies officielles d´État, des inaugurations avec faste, dans les salons feutrés et douillets des chancelleries, lors de séminaires internationaux au nom de la Côte d´Ivoire, dans la délégation présidentielle etc…. Lors des journées mondiales, nous voyons/ écoutons/ lisons leur « one (wo)man show » dans les médias. C´est l´heure des déclarations de bonnes intentions sur la politique de leur ministère à l´endroit de la population.

Mais lorsqu´un dysfonctionnement est noté au sein de leur ministère et fait le buzz sur les réseaux sociaux, c´est un communiqué laconique , frisant l´injure à l´intelligence de la population, qui est balancé sur notre visage pour faire baisser la température sociale sans au préalable avoir pris la mesure de diligenter une enquête pour situer les responsabilités des uns et des autres.

Vous avez beau être “protégé(e) ” de…..,  votre manière de faire en tant que haut (e) fonctionnaire de l´État de Côte d´Ivoire doit être à la hauteur de la qualité et de la méthodologie de votre “protecteur/ protectrice” qui a une haute idée de la Responsabilité du Service Civique vis-à-vis de la Nation qui lui donne mandat pour la gouverner.

À cause de vos méthodes d´un autre âge, vous faites le lit à l´opposition qui n´attend pas mieux de vous et d´autres opportunistes  qui font prospérer toute sorte d´interprétation sur les réseaux sociaux au détriment du gros travail qu´abât le Président de la République quotidiennement pour le bien-être de sa population. 

Face à ce silence, votre cadet , toujours le même,  par solidarité pour vous, apporte les clarifications nécessaires à la compréhension des faits, et en sus, clouent le bec aux colporteurs de rumeurs les plus étranges.

En tant qu´aîné(e) , vous devez plutôt le remercier d´aller toujours au charbon pour vous défendre ( votre poste et le travail que vous y faites) au lieu de vouloir lui faire des coups bas. Pendant que nous y sommes, nous exigeons votre présence sur les réseaux sociaux pour expliquer à la population le fonctionnement de votre administration ains que la politique que vous y menez. Venez au charbon! Vous ne pouvez bénéficier seulement de la carotte, le bâton aussi de temps en temps!

J´ose espérer que vous saurez tenir en laisse  vos équipes respectives  pendant ce silence numérique que votre cadet s´est  imposé depuis quelques jours. 

Tel est mon coup de gueule du jour face au retrait d´un jeune que nous ne pourrons plus charrier sur ma TL de footeux.

Chef, on sera ensemble lors du Mondial Brésil 2014!

Le chiffre du jour en Côte d´Ivoire: 2.535

2.535: c´est le nombre d´entreprises créées au cours de l´an 2013 par le guichet unique mis en place par le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) . Cette information a été donnée par M. Emmanuel Essis Esmel le Directeur Général du CEPICI rapporte la presse ivoirienne de ce jour.

Comparativement à 2012 où 126 entreprises ont été créées au niveau du guichet unique du CEPICI, le chiffre de 2.535 indique que le gouvernement ivoirien a fait d´énormes efforts afin de faciliter les investisseurs dans la création d´entreprise. Le délai est même passé de 9 jours à moins de 48 heures.

Au-déla du nombre d´entreprises créé et du nombre d´emplois à pourvoir, j´observe une repartition inéquitable de ces richesses en puissance en création.

En effet, une entreprise ayant son siège social dans une ville suppose qu´elle paie des taxes à la collectivité territoriale qui l´abrite. Ses employés y vivent. D´où l´existence de besoin en logement, infrastructures sanitaires, routières, éducatives, loisirs etc… Ce qui par conséquent participe indirectement à la création et au développement de nouvelles activités, de création d´emplois indirects et à la distribution de richesses de la population de ladite ville et par delà au pays.

Abidjan étant une ville saturée, c´est le lieu d´encourager le CEPICI à permettre aux investisseurs de pouvoir créer des entreprises dans les autres villes de la Côte d´Ivoire . Je sais que la voie traditionnelle existe, mais le délai de 24 ou 48 heures est très important en termes de gain de temps pour un investisseur et/ ou entrepreneur. Ce qui permettra, d´une part de désengorger Abidjan et d´autre part, de permettre aux autres villes de se développer.

J´ose espérer que la caravane du CEPICI dénommée « Entreprendre en Côte d’Ivoire » qui sillonnera, du 6 au 11 janvier, les villes de San Pedro, Bouaké et Yamoussoukro vont dans le sens de ma réflexion et d´autres capitales de régions seront visitées. Ainsi, la Côte d´Ivoire pourra tendre lentement mais sûrement vers un équilibre de développement de nos grandes villes. Ce qui évitera la propension de tout jeune à vouloir rejoindre l´Eldorado qu´est Abidjan. Si tant est que toutes nos villes disposent du minimum pour assurer une bonne qualité de vie à nos concitoyens.

Autochtones, allochtones, allogènes… les vieux démons sont de retour!

« Le maire, c’est le chef de terre, donc seuls les autochtones devraient y avoir droit ». C´est l´une des perles de l´Honorable (sic!) Kouadio Konan Bertin (communément appelé) KKB Député de Port-Bouët à l´Assemblée Nationale de Côte d´Ivoire lors de la Campagne pour les élections locales à Diégonefla le 7 avril dernier.

Dans sa parution du 13 avril 2013, l´Intelligent d´Abidjan  rapporte les explications du Ministre Guikahué qui tente de dédouaner les propos de KKB mais s´enfonce avec lui dans ce bourbier ethnocentriste:

…. Il a dit que toutes les communautés se retrouvaient dans ce que Houphouët faisait. Il a évoqué la géopolitique. Et il est allé plus loin pour dire que les postes de députés étant une représentation nationale, que des communautés qui ont émigré vers d’autres cieux, si on dit de partager les postes de députés, lui n’y voit pas d’inconvénient. Cependant, il trouve que le maire étant le nom européen du chef du village. Alors il aurait souhaité, pour qu’il y ait la cohésion et l’harmonie dans la cité, que dans chaque zone, ce soit des propriétaires terriens qui gèrent la mairie pour éviter des frustrations. Il a dit que pour la libation, chaque peuple a sa façon de faire. Chez les Gouro, les Bété, les Baoulé, les Malinké etc. chacun a sa façon et sa période de libation. Et il a ajouté que “nous les Baoulé, nous avons beaucoup bougé à travers le pays. Nous sommes partout. Ce n’est pas parce que nous sommes nombreux à Oumé que nous allons revendiquer le poste du maire d’Oumé. Si nous prenons tous les postes, les Gouro ne vont pas vouloir faire la libation. Ils risquent même d’invoquer les mânes contre vous et tout ce que vous aller entreprendre va échouer”. Ce qui signifie pour lui que pour qu’il ait la cohésion sociale et le développement, il faut que ce soit un fils de la région qui soit maire, par contre pour les députations, tout le monde peut être député, parce qu’on n’est pas député d’une circonscription, mais de la Nation….

Pour rappel, KKB est militant du PDCI (Parti Démocratique de Côte d´Ivoire). Fils d´un couple mixte originaire de l´Ouest et du Centre de la Côte d´Ivoire.  Il est député de Port-Bouët ( Quartier d´Abidjan au Sud de la Côte d´Ivoire) élu sous la bannière RHDP ( Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix)  afin de favoriser la mise en oeuvre du Programme Vivre Ensemble du Président Alassane Ouattara.  Et l´écouter tenir de tels propos, m´écoeure et me révolte. C´est à croire, qu´il oublie le martyr que le Peuple de Côte d´ivoire  a  souffert durant ces dernières décennies. Si notre Honorable est à court d´arguments pour son candidat et/ ou son parti, qu´il arrête de tourner le couteau dans la plaie. Trop c´est trop!

On ne peut aspirer à Vivre Ensemble pour un construire une Nation émergente en tenant de tels propos.

Il n´ y a pas d´explication qui vaille à ces déclarations très graves qui émanent en plus d´un représentant du Peuple.

Une excuse publique de KKB et Guikahué s´imposent dans leur tentative d´expliquer l´inexplicable.

À  KKB, à Guikahué et tous ceux qui pensent ainsi de se référer aux articles 30 et 33 de la Constitution de Côte d´Ivoire:

Article 30

La République de Côte d’Ivoire est une et indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure à tous l’égalité devant la loi, sans distinction d’origine, de race, d’ethnie, de sexe et de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son principe est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.

Article 33

Le suffrage est universel, libre, égal et secret. Sont électeurs dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux ivoiriens des deux sexes âgés d’au moins dix huit ans et jouissant de leurs droits civiques et politiques.

Nulle part dans notre constitution, encore moins dans le Code Électoral Ivoirien , il n´est dit que les collectivités locales doivent appartenir à de soi-disant autochtones.

Ces replis sectariste et nanoidentitaire ( autochtone, allochtone, allogène) doivent être bannis de nos habitudes  si nous voulons réellement bâtir UNE NATION avec UNE IDENTITÉ.

Tel est mon coup de gueule sur cette campagne pour les élections locales où des candidats pataugent dans la gadoue.

 

Des promesses de nos candidats aux municipales et aux régionales….

Cela fait pratiquement plus d´une semaine que la campagne pour les élections régionales et municipales ont cours. C´est la course à la voix de l´électorat.

Les candidats (cumulards , non cumulards, novices dans l´arène)  à la Mairie et au Conseil Régional promettent:

– des routes bitumées,

– des écoles, dispensaires et hôpitaux dans chaque quartier,

– de l´eau potable,

– de l´électricité ( pourront-ils contre Délestron?)

– des emplois pour la jeunesse et les femmes,

– des marchés ultra-modernes,

– une commune sans ordures,

– des moyens de transports dignes de la commune et de la région,

– une mensualité aux autorités coutumières (sic),

– leurs carnets d´adresse pour le développement de la commune et de la région,

La liste est encore longue. A y voir de près, c´est tout un programme alléchant qui permettra d´améliorer la qualité de vie de la population.

Ces promesses me font sourire. En effet, combien de candidats savent le budget qui est alloué à la Mairie ou au Conseil Régional qu´il convoite? Quel est l´héritage laissé par le prédecesseur, s´il arrive que celui n´est pas réconduit?

Autant d´interrogations qui doivent amener nos potentiels candidats à être réalistes sur les promesses qu´ils font à leur électorat. Car nous ne voulons pas entendre les propos du genre:

– les caisses sont vides,

– nous devons apurer l´ardoise laissée par l´équipe précédente

– les ordures relèvent du ministère de la salubrité,

– c´est tel autre ministère qui gère les transports et tutti quanti

Souvenez-vous de vos promesses électorales, car si vous les oubliez nous vous les rappelerons.

Bonne semaine de campagne

Des interdictions de manifester en Côte d´Ivoire

Lors du Journal Télévisé de 20 heures de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne du vendredi 15 février, le journaliste David Mobio a lu un communiqué émanant du Ministre d ‘Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité portant interdiction de trois manifestations prévues pour le samedi 16 février 2013 et sur le même site afin de faire respecter l’arrêté du Maire de la commune de Yopougon qui les interdisait.
Les 3 manifestations concernées étaient:
1. le rassemblement des démobilisés ayant appartenu à des forces belligérantes pendant la crise postélectorale pour interpeller le Gouvernement sur leur situation socio professionnelle;
2. un meeting de la Jeunesse du Front Populaire Ivoirien ( JFPI) pour réclamer la libération de M. Laurent Gbagbo et
3. un regroupement de parents des victimes de la cris postélectorale pour réclamer justice en rappelant à la mémoire collective le sort injustement subi par leurs parents défunts.
Selon la Mairie de Yopougon, les raisons qui justifient l´interdiction desdites manifestations sur le même espace sont:
– les risques de graves débordements avec morts d´hommes comme ce fut le cas le 06 avril 2012 à la Place FICGAYO dans la même commune;
– les réactions hostiles d´une importante frange de la population relayées par la presse;
– le contexte préélectoral de grande sensibilité à quelques semaines du scrutin des Conseillers Régionaux et Municipaux.

Le communiqué termine en ces termes  » le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité en appelle au sens civique des initiateurs de ces manifestations pour s’en tenir scrupuleusement au respect de la décision du Maire de Yopougon bien conforme à la réglementation en vigueur relative au maintien de l’ordre et de la tranquillité publics ».
Suite à cette mesure d´interdiction, les avis sont diversement partagés sur cette décision de la mairie de Yopougon, entérinée par le Ministère de tutelle chargé du maintien de l´ordre public, les uns parlent de déni de la liberté de manifester dans un état démocratique quand d´autres soutiennent la décision de la tutelle d´éviter des risques graves de débordements.
Je me ferai l´économie de plancher sur le bien-fondé de l´objet des manifestations qui voulaient être organisées à la Place CP1; cependant je m´appesantirai sur le rôle de la municipalité dans la gestion des évènements sur les espaces publics des collectivités.
S´il est juste que la Mairie veuille bien éviter des risques graves de débordements, il n´en demeure pas que des trois organisations demanderesses du sésame d´organiser une manifestation, il y a une qui a vu ses droits de s´exprimer bafoués. En effet, l´organisation d´une manifestation publique dans une commune fait l´objet d´une procédure auprès de la municipalité.
S´il est vrai que les trois organisateurs ont correctement suivi la procédure pour une demande d´autorisation de manifester, le bon sens aurait voulu que l´autorisation soit accordée au premier demandeur en appliquant le « first-come, first -served » comme le disent si bien les Anglais et le faire savoir aux autres organisateurs; de sorte qu´ils puissent prendre leur disposition afin de trouver un autre espace à même d´accueillir leur manifestation ou trouver une autre date qui leur conviendrait au cas où ils voudraient le même espace. Au lieu de cela, le Ministère de l´Intérieur a suivi la Mairie de Yopougon d´interdire la manifestation aux trois organisations suscitées.
Le Ministère de l´Intérieur en interdisant la manifestation aux trois organisateurs a refusé la liberté de manifester à l´une des trois organisations qui était dans son plein droit alors que les deux autres organisations auraient dû voir leur demande refusée pour la date du 16 février.
Toute mairie disposant d´un registre où sont mentionnées toutes les demandes de manifester dans l´ordre chronologique avec numéro d´enregistrement, date et heure de réception etc…
À partir du moment où une organisation reçoit une autorisation de manifester, il lui appartient de respecter la règle des 3 C dans un État: Citoyenneté- Civisme et Civilité. Il en est de même pour l´Autorité Policière qui tous pris dans leur individualités sont des citoyens et/ou résidents.
Ce n´est qu´ainsi que l´État démocratique que nous appelons de tous nos vœux sera une réalité pour Toutes et pour Tous.

L´appropriation vue..en Côte d´Ivoire

« Appropriez-vous le Vivre Ensemble du RHDP », « Appropriez-vous les Droits de participer à la vie politique de votre pays », « Appropriez-vous le PND  2012-2015 (Programme National de Développement) », « Appropriez-vous le LMD » (Licence- Master- Doctorat) dans le système d´enseignement supérieur ivoirien et bien d´autres « appropriez-vous »…..que nous entendons à longueur de journée sur les antennes de télé et radio ou encore que nous lisons dans la presse écrite ivoirienne.

De ces phrases que  nous entendons de façon réitérative, un nouveau vocable apparaît dans le jargon de notre société tant au plan politique, social, culturel, économique, éducatif et j´en passe : l´APPROPRIATION. Tout acteur de l´État (politique, syndicaliste, enseignant, fonction publique ou encore ONG)  qui a la possibilité de s´adresser aux populations lui demande de s´approprier quelque chose.

Émetteur et/ou récepteur connaissent-ils le sens et la signification de leur propos ? Autrement dit, ceux qui demandent aux populations de s´approprier leur initiative mesurent-ils la portée de leurs propos. Pour ce qui nous est donné de voir et d´observer, je me hasarderais à répondre par la négative. Car il ne s´agit que d´un discours qui n´a pour espérances de vie que la seconde à laquelle il est émis. Après, plus rien !

Pour qu´il y ait appropriation, il faut qu´il existe un lien fort entre la personne et la chose appropriée. Cependant, nous en sommes à nous demander si les conditions de ce lien fort sont établies entre les personnes et la chose appropriée dans notre pays pour qu´on nous demande de nous « l´approprier ».

La présente réflexion nous permettra de définir ce qu´est l´appropriation dans une approche psychosociale, puis d´indiquer les procédures qui puissent guider à une réelle appropriation de quelque chose. Mais avant une définition générale et l´origine du mot dans la communauté scientifique s´imposent.

Définition et origines

Selon le dictionnaire le Larousse, l´appropriation c´est l´action de s´approprier quelque chose et s´approprier c´est faire sa propriété de quelque chose. Soit par le changement de propriétaire, soit par l´adéquation de quelque chose à une chose. Après cette définition générale, faisons une incursion sur les origines de ce concept dans le domaine scientifique.

L´appropriation trouve son origine dans l´anthropologie de Marx qui l´inscrit dans sa conception du travail puis, plus tard dans la psychologie marxiste avec Lev Vigotski et Aleksei Leontiev. Selon cette approche donc, l´action sur (et l´utilisation de) la nature et la production d´objets, matériels ou non, constituent la réalisation de capacités et de pouvoirs. Confronté à ses actions sur la nature et à des objets produits par lui, l´Homme se les approprie à travers l´intériorisation des savoirs, de savoir-faire et de capacités dont cette production a été l´occasion mais aussi de capacités historiquement formées. En d´autres termes, cette intériorisation constitue le cœur de l´appropriation. C´est donc un processus dont les acquis, l´instabilité et les recherches de nouveaux équilibres correspondent à la dynamique de l´identité individuelle et/ou groupale. L´appropriation est un accomplissement intérieur.

Plus tard, H. Lefebvre en fait une expression indispensable de la vie quotidienne avec l´irruption des mouvements sociaux urbains des années 60 où le citadin veut assumer sa place au sein d´un acteur collectif qui déplace son action du champ du travail vers celui de la ville.

À partir des années 70, le concept d´appropriation de l´espace et de celui de l´appropriation du chez soi bénéficie d´une impulsion majeure à la réflexion sur l´urbain en psychologie environnementale.

Après l´usage qui en est fait dans la communauté scientifique, tentons de voir comment appliquer cela à notre discours sur les sujets d´ordre politique, socio-économique, culturel et éducatif qui généralement sont intangibles et immatériels etc.

A l’exception de quelques décisions particulièrement innovantes, portées par une personnalité de grand charisme ou au leadership fort, capable d’aller à l’encontre de l’opinion publique, ou lors de circonstances particulières, la plupart des décisions (des domaines énoncées ci-dessus) se prennent dans un environnement social où l’adhésion à l’idée même qui fera l’objet de la décision est déjà acquise et/ ou réfractaire. Il est dès lors essentiel de les étendre au maximum des parties prenantes et des citoyens qui seront appelés à soutenir la stratégie mais aussi à la mettre en œuvre. Cet effort devra être mené dès le début de l’exercice car il apparaît plus aisé de créer un consensus sur les valeurs, les finalités et la volonté qui constituent les ingrédients de la vision que sur des axes stratégiques, des actions concrètes, des choix budgétaires ou des opérateurs. C’est en créant l’adhésion sur la prospective que l’on fait s’approprier la stratégie et que l’on permet le passage à l’action par la mise en œuvre du projet.

L’appropriation consiste donc en la compréhension, l’assimilation et le partage des résultats de la démarche. En effet, l’appropriation est un processus qui internalise aussi bien le cheminement que le résultat de la démarche prospective chez chaque partie prenante. Des scientifiques ont d´ailleurs montré que cette appropriation est à la fois intellectuelle et affective. Elle renforce donc la cohésion du groupe impliqué dans l’exercice et sa capacité à faire aboutir la stratégie. L’appropriation de l’exercice transforme donc l’ensemble des parties prenantes et des citoyens en acteurs conscients des enjeux et motivés par les réponses qui y ont été apportées, déterminés à participer à la mise en œuvre du programme d’actions qui a été produit collectivement.

 Comment stimuler l’appropriation ?

Les parties prenantes et les citoyens associés à l’exercice s’approprieront la démarche et ses résultats dans la mesure où ils auront été impliqués de manière active dans l’élaboration de l’exercice. Il ne s’agit donc pas d’une démarche de consultation passive où l’on donne son avis sur des options déjà construites ou encore d´une démarche d´information ; mais plutôt d’une réelle participation à la construction des idées. Cette façon de faire implique la définition de règles du jeu strictes :

‑ un recrutement le plus ouvert possible des parties prenantes en concevant celles-ci au sens le plus large, le citoyen étant la partie prenante première des politiques (sociale, économique, culturelle, éducative et sportive) qui vont être conduites sur l´espace établi ( matériel et immatériel) ;

‑ De réels mécanismes et compétences pour favoriser l’écoute, la prise de parole, la confrontation d’idées, la culture du débat, la démocratie participative ;

‑ Une logique de pédagogie pour clarifier et expliquer les objectifs, finalités et enjeux afin de les mettre à la portée des parties prenantes ;

‑ Une réflexion dans laquelle l’expérience vécue a davantage de place que les théories générales même si l’expertise dans les « sciences » doit constituer une ressource essentielle.

Ces quatre règles du jeu strictes énumérées sont-elles toujours respectées lorsqu´on demande aux citoyens de s´approprier un programme, une loi, un système etc.….?

Dans le cadre du Vivre ensemble, un parti politique (RDR) puis plus tard un groupement de partis politiques (RHDP) a su internaliser les grands axes dudit concept puis le partager avec une partie des militants (des membres de la grande direction des partis politiques). Cependant jusqu´à ce jour, nous ne sommes pas sûrs que tous les militants aient eu une connaissance suffisante dudit programme.

Que dire du LMD dans nos Universités ? Hormis, les « experts » qui ont planché sur le sujet, nous doutons fort que les étudiants et parents d´élèves ou encore des enseignants en sachent davantage.  À part les déclarations verbales, et les comptes-rendus de presse, aucun moyen de se procurer un document écrit qui explique de long en large le système LMD.

De la nouvelle loi anti-tabac dans les espaces publics et des sanctions encourus, idem. Le texte n´est su des citoyens, pour les sanctions il est établi une tranche d´amende (entre 50.000 F CFA et 100.000 FCFA si mes souvenirs sont bons) applicable. Cette amende sera-t-elle faite à la tête du contrevenant ? Ou selon l´humeur de l´Agent de police ? Autant d´interrogations auxquelles nous n´avons pas encore trouvé de réponses.

Au regard de ce qui précède, l´appropriation ne doit donc pas être un mot passe-partout que nous devons employer pour être à la mode ou relever notre niveau de langue. Si nous l´employons, cela devra impliquer une application des quatre règles énoncées antérieurement afin de faciliter l´assimilation et l´intériorisation de l´idée, du projet aux bénéficiaires afin qu´ils en fassent leur propriété avec toute l´affection que cela suppose pour une mise en pratique efficiente afin d´atteindre les objectifs escomptés.

Pour le bonheur donc de l´APPROPRIATION, approprions-nous l´appropriation pour qu´il ne soit pas un VAIN MOT.

Projet de loi relatif au mariage en Côte d´Ivoire: Une autre affaire de cumul indirecte des hommes

A  l’occasion de l´examen en commission du projet de loi relatif au mariage le 13 novembre dernier, les groupes parlementaires du PDCI-RDA et de l’UDPCI ont voté contre le texte du gouvernement.

De la déclaration faite le même jour par le Groupe Parlementaire PDCI-RDA, il ressort que l’analyse de l’exposé des motifs de ce projet de loi laisse apparaître que ce texte ne prend pas en compte les valeurs culturelles, sociales et religieuses de notre société. Notamment, quand il suggère une cellule familiale sans chef, contrairement à toute organisation humaine. Puis se pose les quatre questions suivantes:

1. L’absence de chef de la famille ne va-t-elle pas entraîner la désintégration de la cellule familiale ?
2. L’absence de chef de la famille ne va-t-elle pas poser de problème de nom patronymique de la famille ?
3. L’absence de chef de la famille ne pose-t-elle pas de problèmes avec nos valeurs sociétales inscrites dans la Bible, le Coran, nos religions traditionnelles qui prévoient explicitement un chef ?
4. Enfin, l’absence de chef de la famille apporte-t-elle un réel avantage à la société, comme est censée le faire toute loi ?

Quand au gouvernement, son exposé des motifs indique ce qui suit:

Si les lois civiles adoptées en 1964 ont, dans leur ensemble, contribué à l’avènement d’une société ivoirienne moderne, la loi relative au mariage, apparaît aujourd’hui, dans certaines de ses dispositions, inadaptées à l’évolution qui tend à consacrer, partout dans le monde, le principe de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation de la femme.

En ratifiant donc le 18 décembre 1995, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), la Côte d’Ivoire s’est engagé à mettre les dispositions contraires de sa législation nationale en conformité avec les principes défendus par cette Convention.

Des arguments présentés par les deux parties, il appert un fâcheux AMALGAME qui est fait entre les valeurs culturelles, sociales et religieuses de notre société et les lois que nous nous sommes librement fixées afin de normaliser la vie des ivoiriens en société, précisément la loi sur le mariage.

 

Le contexte global du projet de loi relatif au mariage

Adoptée le 18 décembre 1979 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Convention est entrée en vigueur en tant que traité international le 3 septembre 1981 après avoir été ratifiée par 20 pays. Puis 14 ans après son entrée en vigueur, soit le 18 décembre 1995 la Côte d´ivoire la ratifie. Ce qui revient à dire que déjà en 1995, notre pays a estimé qu´il devait faire son aggiornamento sur la loi relative au mariage.

Ci-dessous et in-extenso l´article 16 de la Convention relatif au mariage et à la vie de famille:

1. Les Etats parties prennent toutes les mesures nécessaires pour éliminer la discrimination à l’égard des femmes dans toutes les questions découlant du mariage et dans les rapports familiaux et, en particulier, assurer, sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme :

a) Le même droit de contracter mariage;

b) Le même droit de choisir librement son conjoint et de ne contracter mariage que de son libre et plein consentement;

c) Les mêmes droits et les mêmes responsabilités au cours du mariage et lors de sa dissolution;

d) Les mêmes droits et les mêmes responsabilités en tant que parents, quel que soit leur état matrimonial, pour les questions se rapportant à leurs enfants; dans tous les cas, l’intérêt des enfants sera la considération primordiale;

e) Les mêmes droits de décider librement et en toute connaissance de cause du nombre et de l’espacement des naissances et d’avoir accès aux informations, à l’éducation et aux moyens nécessaires pour leur permettre d’exercer ces droits;

f) Les mêmes droits et responsabilités en matière de tutelle, de curatelle, de garde et d’adoption des enfants, ou d’institutions similaires, lorsque ces concepts existent dans la législation nationale; dans tous les cas, l’intérêt des enfants sera la considération primordiale;

g) Les mêmes droits personnels au mari et à la femme, y compris en ce qui concerne les choix du nom de familles d’une profession et d’une occupation;

h) Les mêmes droits à chacun des époux en matière de propriété, d’acquisition, de gestion, d’administration, de jouissance et de disposition des biens, tant à titre gratuit qu’à titre onéreux.

2. Les fiançailles et les mariages d’enfants n’auront pas d’effets juridiques et toutes les mesures nécessaires, y compris des dispositions législatives, seront prises afin de fixer un âge minimal pour le mariage et de rendre obligatoire l’inscription du mariage sur un registre officiel.

Eh bien, avouons que notre pays a véritablement mis du temps à appliquer toutes les dispositions de cette Convention. Nous aurions dû nous en réjouir, car le programme « Vivre ensemble » du RDR entériné au deuxième tour de la présidentielle par le RHDP ( RDR, PDCI, MFA, UDPCI…) dans son chapitre XII intitulé « rehaussons le rôle de la femme et de la famille » indique et je cite: Chaque fois que des femmes accèdent à des postes à responsabilité, les analyses sont mieux élaborées, les décisions sont prises avec une plus grande conscience, elles sont mieux expliquées, mieux acceptées, leur mise en œuvre devient plus facile, les conflits s’apaisent, l’équilibre revient. Tous les hommes le reconnaissent, au moins au fonds de leur cœur. En effet, ce chapitre ne fait que consacrer la reconnaissance sociale du rôle que joue la femme dans la cellule familiale de notre société.

Mais hélas, bien qu´ayant ratifié ladite convention, le chef de famille (l´époux) semble réticent à accepter cette nouvelle donne de gestion conjointe de la famille. Nous en sommes à nous demander si les époux ne seraient pas des « cumulophones » endurcis( cf. Affaire de cumul en Côte d´Ivoire; Le cumul des mandats Acte 2: Un mal pernicieux) qui refusent d´assumer leur rôle de chef au sein de la famille mais veulent seulement en détenir le titre?

Avant d´entamer mon aventure citoyenne dans mes réflexions liquides sur un chemin qui n´est pas mien (le droit) car n´étant pas juriste, et afin d´éviter de me mettre à dos les juristes du GROUPE PARLEMENTAIRE PDCI et les défenseurs de leur position, je me suis d´abord évertuer à savoir ce qu´est une LOI. Selon le dictionnaire juridique de droit privé: une loi est une disposition normative et abstraite posant une règle juridique d’application obligatoire dans une société. Autrement dit, une règle, une norme, une prescription ou une obligation, générale et permanente, qui émane d’une autorité souveraine (le pouvoir législatif) et qui s’impose à tous les individus d’une société.

Le PDCI est-il en droit de se poser ces 4 questions sus-citées? La question 2 ayant déjà été l´objet d´une réponse claire de la part du gouvernement, nous tenterons de dissiper ses inquiétudes en répondant aux questions 1, 3 et 4 à partir d´une approche psychologico-sociale:

1. L’absence de chef de la famille ne va-t-elle pas entraîner la désintégration de la cellule familiale?

3. L´absence de chef de la famille ne pose-t-elle pas de problème avec nos valeurs sociétales inscrites dans la Bible, le Coran, nos religions traditionnelles qui prévoient explicitement un chef?

4. Enfin, l’absence de chef de la famille apporte-t-elle un réel avantage à la société, comme est censée le faire toute loi ?

La psychologie sociale est une science de l´interaction humaine dans un espace sociétal. Et ces interrogations posent inconsciemment le problème de la formation sociale de la personne comme un système d´interactions. En effet, la personne ne vit pas seule, isolée, mais avec ses semblables. Son individualité se développe socialement et c´est ainsi qu´elle arrive à se construire comme personne. Cette personne, comme sujet, est un réseau complexe de comportements plus ou moins partagés, qui forment un noyau d´interaction. Ces microsystèmes sociaux (famille, amitiés, sociétés etc…) forment ce qui constitue la vie sociale. Dans cette vie sociale, le comportement social des personnes répond à une dialectique d´uniformités et de différences. Les uniformités ont deux caractéristiques fondamentales: un comportement « réglé » et un comportement structuré. Dans ce post, nous nous intéresserons uniquement au comportement « réglé » pour pouvoir répondre aux interrogations du PDCI et de ceux qui sont contre la formulation du projet de loi relatif au mariage qui demande une gestion conjointe de la famille.

Le comportement social est conditionné au niveau de la société. Ce qui implique une régulation qui, si elle est effective, aboutit à une conformité sociale (souvent l´on parle de conformisme, quoique dans un sens péjoratif dénigrant qui n´a pas sa raison d´être dans notre cas) et enfin à un ordre c´est-à-dire une prévisibilité sociale.

Autrement dit, le comportement humain est social dans la mesure où il fait référence à des patrons et/ou modèles représentatifs du système social. Newcomb (1950) définit la norme comme un modèle de référence de comportements partagés socialement. Les règles régulent donc nos comportements dans la société. Cependant, il est à noter que toutes les règles n´ont pas la même importance dans une société.

En effet, on distingue des règles échelonnées selon l´importance qu´on lui accorde (de maximale à minimale). Ainsi, on distingue trois types de règles pour une meilleurecompréhension des interrogations du Groupe Parlementaire PDCI selon la figure ci-dessous:

+
 normes (lois)
coutumes
us

Fig.1 Catégorie de règles selon sa valeur sociale

(+ valeur maximale, – valeur minimale)

1. Les us sont des comportements qui ont peu d´importance et dont la valeur est minime. Généralement, ils sont nombreux et spécifiques à un village, une région, un pays, une ethnie/un groupe ethnique et de circonstances; comme la manière de saluer, le mariage etc…

2. Les coutumes sont des comportements qui sont considérablement valorisées dans la société. Il en existe plusieurs quoique moins atomisées que les us. La dot, le matriarcat ou le patriarcat en sont des exemples ou encore l´échange des anneaux lors de mariage civil dans notre société moderne.

3. Les normes (lois) régulent les comportements que la société considère fondamentale pour sa survie. Elles sont généralisées et ne sont pas nombreuses. Le respect de la propriété d´autrui, tout comme le projet de loi relatif au mariage que présente le gouvernement en sont des illustrations parmi tant d´autres.

En définitive, les us, malgré leur infime importance, présentent le paradoxe de durer dans le temps. Cela est dû à l´inertie sociale qui estime qu´il n´est pas nécessaire de les modifier. En revanche, les coutumes sont intériorisées par notre société, autrement dit enracinées et sont difficiles à changer.  Au regard des us et coutumes de la Côte d´Ivoire, la première interrogation du Groupe parlementaire PDCI n´est pas du tout fondée. Car la cellule familiale, tant dans les grands groupes ethniques de la Côte d´Ivoire auxquels il faut ajouter la mixité par le mariage ( ivoiro-africain et d´autres continents), ne peut être désintégrée. Cette cellule familiale est universelle.

En ce qui concerne les normes, elles peuvent durer longtemps comme très peu, puisqu´étant donné leur extrême importance, la société tente que chaque loi réponde aux nécessités et aux valeurs sociales du moment. Si ces nécessités et/ou valeurs varient, il en sera de même pour les normes comme c´est le cas des lois juridiques.

L´importance d´un comportement social étant évolutif. Ce qui est aujourd´hui considéré comme un us, peut-être demain une coutume et demain une norme ou vice-versa.

Hier, la femme avait pour rôle d´être aux petits soins de son époux, de la maison, de veiller à l´éducation de l´enfant et au bien-être de la famille. Malgré cela, la femme contribuait autrement à l´équilibre financier de la famille, par des travaux champêtres, en faisant du petit commerce pour subvenir aux besoins de la famille quand l´époux n´était pas à mesure d´assumer totalement cette prise en charge. Combien d´hommes actifs aujourd´hui tant dans notre milieu politique comme dans le monde professionnel ont pu être aujourd´hui ce qu´ils sont que grâce au sacrifice de leur mère qui s´est saigné souvent toute seule au prix de mille et un efforts pour les éduquer? Ils sont nombreux et de nombreux jeunes enfants aujourd´hui encore continuent de bénéficier de la responsabilité de la femme au sein de la cellule familiale.

Aujourd´hui, où l´éducation des enfants, l´accès à un logement décent, les moyens de transport, le bien-être sont des charges que l´époux, à lui tout seul, ne peut assumer avec ses émoluments, la femme qui accède au marché du travail permet d´apporter un équilibre certain dans la cellule familiale en plus des charges qui lui sont « dévolues » dans les faits.

Autrement dit, le projet de loi relatif au mariage est une reconnaissance de la société ivoirienne au rôle de la femme dans l´exercice de son rôle de cogérante de la famille où l´homme démissionne assez souvent. L´interrogation 4 (le projet de loi relatif au mariage est-il un avantage pour la Côte d´Ivoire) devrait donc être dissipée car le PEUPLE déjà en 2000 était en avance sur nos chers honorables de la Commission des Affaires Générales et Institutionnelle de l´Assemblée Nationale de Côte d´Ivoire de la présente législature qui viennent de voter contre le projet de loi 12 ans plus tard (sic!).

Hier, aujourd´hui et demain, tous les types de règles font références à la surévaluation de la temporalité. Ainsi, si les us et coutumes parlent du temps passé, le droit c´est-à-dire la loi fait référence au présent. Si la loi n´est pas adaptée au présent ou n´est pas juste, elle est abrogée et modifiée. Ce que tente de faire le projet de loi relatif au mariage présenté à nos parlementaires.

Par contre, le droit ancien de base coutumière exigeait une intériorisation des règles. Cette intériorisation est fondamentale dans une autre forme de régulation du comportement; ce qui nous emmène à parler de la religion et des croyances traditionnelles. Dans cette catégorie donc, le temps social est évalué de façon particulière: la croyance en un Au-delà (Paradis, réincarnation, karma….). Les religions révélées tout comme les religions traditionnelles définissent réellement le rôle et la responsabilité des époux dans la famille. Bien que croyants, très peu de personnes suivent les prescriptions de leurs croyances concernant leur statut de « chef » dans la cellule familiale. Il nous appartient donc de connaître mieux la croyance que nous pratiquons afin d´atteindre l´équilibre au sein de la cellule familiale dans l´application desdites prescriptions.

Au regard de ce qui précède, le projet de loi relatif au mariage ne fait que consacrer ce que le PEUPLE SOUVERAIN DE COTE D´IVOIRE dans sa grande majorité en 2000 a décidé lors de la révision de la CONSTITUTION en son article 2: Tous les êtres humains naissent libres et égaux devant la loi. Et cela, 5 ans après la ratification de la CEDEF (Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes ).

En définitive donc, le projet de loi relatif au mariage n´aura aucune incidence sur nos us et coutumes (valeurs culturelles, sociales) encore moins sur nos croyances. C´est plutôt une invitation au non cumul de responsabilité au sein de la cellule familiale et la recherche de l´efficience dans la quête du bien-être de la celulle familiale afin préparer un avenir meilleur des enfants. Car l´émergence se construit au sein de nos familles.

Citoyennement,