Calixte BEYALA ET LA COMMISSION ROGATOIRE

Dans un communiqué de presse publié le 8 juin dernier, le parquet d´Abidjan faisait le point sur les investigations en cours suite à la crise postélectorale.

Le point 1 sur les infractions à caractère économique a particulièrement attiré mon attention. En effet, le Juge d´Instruction a transmis au Ministère de la Justice une commission rogatoire destinée aux autorités judiciaires françaises aux fins d´inculper dame Calixte BEYALA. Ci- dessous l´extrait  objet de ce billet:

…Par ailleurs, le Juge d’Instruction vient de transmettre au Ministère de la Justice une commission rogatoire destinée aux autorités judiciaires françaises aux fins d’inculpation de dame CALIXTHE BEYALA, pour des faits de recel, de fonds volés ou détournés et de blanchiment de capitaux.

En effet, les résultats partiels des investigations menées dans des banques de la place révèlent que les 14, 15 et 17 Décembre 2010, c’est-à-dire en pleine crise postélectorale, cette femme a perçu, sur ordre de madame APPIAH née EHOUMAN BERTINE, fille de Madame SIMONE Gbagbo, les sommes respectives de 49.941.830 F CFA, 6.697.044 F CFA, 39.692.264 FCA et 39.692.264 F CFA soit la somme totale de 134.471.185 C FA, équivalant à 205.000 Euros, pour le règlement de prétendus « droits d´auteur »

Il est bon de signaler que ces fonds ont été prélevés sur des comptes logés à la Banque pour le financement de l’Agriculture (BFA) et appartenaient à la Compagnie Ivoirienne de Crédit et d’Epargne (CICE) dirigée par Madame APPIAH…..

Pour  en savoir davantage, le 10 juin soit deux jours plus tard, Radio France Internationale a contacté l´écrivain Calixte BEYALA. Ci-dessous la transcription in extenso de son intervention  sur la Radio Mondiale :

« De quel ….. Parle-t-on ? de 200.000 € ? Laissez-moi rigoler. Quand on parle de détournement d´argent on parle de milliards et pas de 200.000 €. Je n´ai jamais travaillé pour l´État ivoirien, je n´ai jamais touché de l´argent public ivoirien. Donc je ne sais pas de quoi il s´agit. Je suis un auteur qui fait des conférences, qui écrit des livres comme nègres. Ça tout le monde le sait. Et mieux, qui peux avoir un compte dans un pays africain notamment où je compte un jour prendre ma retraite. Monsieur Ouattara me déteste viscéralement parce que j´ai dénoncé ses actions en Côte d´Ivoire où aujourd´hui encore il continue à menacer, à tuer des gens, à condamner des gens autour de lui, pour se venger de je ne sais de quoi. Il parle de réconciliation, or cet homme est dans la pacification. Et si c´est pour que je me taise, je ne me tairai jamais. Je ne vais pas changer d´opinion, parce qu´il y a un chantage quelconque qui peut être fait. Il est dans ce processus là pour se venger. Mais bon enfin…. »

Passé l´émotion  et la levée de boucliers d´une certaine presse, il est bon de présenter les faits tels qu´ils sont et permettre au citoyen de tirer sa conclusion sans passion ni émotion.

Si l´information donnée par le Parquet d´Abidjan nous paraît précis sur les faits, il n´en n’est pas de même pour dame BEYALA :

D´une part, l´extrait indique que la somme totale de 134.471.185 C FA, équivalant à 205.000 Euros, pour le règlement de prétendus « droits d´auteur » ont été débité des comptes appartenant à la Compagnie Ivoirienne de Crédit et d´Épargne (CICE) et logés à la Banque pour le Financement de l´Agriculture en abrégé BFA. Le motif de ce règlement est « droit d´auteur ». Sic.

D´autre part, dame Calixte BEYALA indique « n´avoir jamais travaillé pour l´État Ivoirien, et n´avoir jamais touché de l´argent public ivoirien ». Elle ajoute qu´elle est « un auteur qui fait des conférences, qui écrit des livres comme nègres ».

 Face à ces affirmations, plusieurs questions restent sans réponses pour le lecteur et auditeur que je suis :

–          Quel commerce lierait la Compagnie Ivoirienne de Crédit et d´Épargne à dame BEYALA ?

–          La CICE a-t-elle organisé des conférences aux périodes susmentionnées ?

–          La CICE aura-t-elle demandé à dame BEYALA d´écrire un livre ?

–          Dame BEYALA pourrait-elle nous donner le titre de ce qu´elle aurait écrit en tant que « nègre » de la CICE et qui lui aurait valu 205.000€ ?

Dame BEYALA dit également qu´elle peut avoir un compte dans un pays africain notamment où elle compte un jour prendre ma retraite. Cela nous ne le lui nions pas. A mon humble avis, le Parquet d´Abidjan n´indique nullement de l´existence d´un compte bancaire de Dame BEYALA en Côte d´Ivoire. Si cela était avéré, le Parquet n´aurait pas eu besoin d´une commission rogatoire du Ministère de la Justice de France.

En définitive, dame BEYALA gagnerait à donner des réponses convaincantes à l´opinion que de se pourfendre dans la diversion en traitant le Président de la République de Côte d´Ivoire de la « détester viscéralement pour avoir dénoncé ses actions ». La plus grande préoccupation de l ´État de Côte d´Ivoire et de son Président sont tout autre que Dame BEYALA : LE TRIOMPHE DE L´ÉLÉPHANT dans l´UNION, la DISCIPLINE et le TRAVAIL.

Les déclarations de dame BEYALA ne nous détourneront pas de cette VISION COMMUNE.

Faute d´information sur la Compagnie Ivoirienne de Crédit et d´Épargne (CICE) nous nous réservons de revenir sur les conditions de commerce entre un individu et l´État.

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