La route, notre route!

La route en Côte d´Ivoire

En octobre dernier, le gouvernement ivoirien a pris un décret portant interdiction du l´usage du téléphone portable et du kit mains-libres au volant.

Le 17 novembre dernier, marquant la journée africaine de la sécurité routière, le Ministre des Transports a fait une déclaration télévisée au nom du gouvernement concernant la sécurité routière en Côte d´Ivoire.

Ces deux occasions étaient le prétexte trouvé pour partager ma préoccupation sur la sécurité routière en Côte d´Ivoire. Les décès constatés en ce début de mois sur l´Autoroute du Nord me permettent de lancer un coup de gueule à l´encontre des acteurs du monde du transport en Côte d´Ivoire.

Selon le ministre des transports, la Cote d´ivoire enregistre 600 décès par an dûs aux accidents dont 94% relèvent de facteurs humains ( conducteurs et/ou usagers) et 6% imputables aux autres facteurs tels le mauvais état des véhicules, le réseau routier etc.

Ces données ne sont que le reflet miniature de la sécurité routière de notre continent comme l´atteste un étude comparative  effectuée par la section Sécurité Routière de l´OMS ( Organisation Mondiale de la Santé) mettant en exergue les pourcentages par région de la population, des décès et des véhicules  dans la figure ci-dessous.

ETUDE COMPARATIVE PAR REGIONS

Cette étude de 2013 montre clairement qu´avec 2% de véhicules circulant en Afrique, le continent africain « contribue » pour  16% dans les décès dans le monde à cause des accidents alors que l´Afrique a 16% de la population mondiale. Ces chiffres sont réellement alarmants en comparaison avec l´Europe. En fait, l´Europe qui détient 27% de véhicules et 12% de la population mondiale a un taux de décès de 8% dans les accidents.

Comme l´a si bien dit le Ministre Gaoussou Touré: « les accidents de la route ne sont pas une fatalité. Ils peuvent bien être évités ou tout au moins considérablement réduits si nous respectons les règles de sécurité routière ». Nous en convenons, nous pouvons tenter de nous rapprocher des chiffres européens en termes de décès. Comment cela pourrait-il être possible?

La sécurité routière dépend de l´harmonie entre les éléments qui la composent à savoir la personne ( en tant que conducteur ou piéton), le véhicule et la voie et son environnement.

S´il est reconnu que 94% des accidents relèvent du facteur humain, la source du problème est donc connu: le permis de conduire.

En effet, le permis de conduire est un document qui atteste qu´une personne est apte à conduire un véhicule après évaluation. Cette évaluation est faite sur la base des acquis de connaissance. Or il se trouve qu´en Côte d´Ivoire, pour ce que je sais, il n´existe pas de manuel officiel dont le contenu permet à l´apprenant d´assimiler toute la thématique d´apprendre à conduire.  Cependant, si ce manuel d´apprendre à conduire, il est temps qu´un exemplaire soit mis à la disposition de tout apprenant, dans les auto-écoles afin que celui-ci en prenne connaissance. S´il n´existe pas, cela devrait être le premier chantier du Ministère des Transports. Ce manuel devra être régulièrement mis à jour chaque fois que de nouvelles dispositions de sécurité routière sont prises par l´État de Côte d´Ivoire dans le cadre de signature d´accords et de traités internationaux. Cela permettrait ainsi d´éviter la prise de décret, à tout bout de champ, comme ce fut le cas du décret portant interdiction de l´utilisation du téléphone mobile et du kit main libres au volant, dont l´application est souvent arbitraire.

En somme, ce manuel d´apprendre à conduire, permettra au conducteur de connaitre ses droits et devoirs vis-à-vis des autres usagers, de son véhicule et de la route.

Le manuel  acquis, il va falloir assainir le secteur des auto-écoles, car il y a certains centres qui ne méritent pas d´exercer du fait de la piètre qualité des enseignements théoriques qui y sont donnés sans compter  des cours pratiques qui n´en sont pas réellement. faire un petit tour avec un véhicule et se présenter à l´examen.  Le réussir après avoir donné des « bakchichs » aux examinateurs. Lorsque cette procédure n´est pas rigoureusement suivie au lieu d´avoir un conducteur conscient de ses obligations, c´est un « homicidaire » en puissance qui est mis dans la circulation. Aucun respect pour les autres usagers de la route que sont les autres conducteurs et les piétons ( personnes âgées, personnes à mobilité réduite, enfants, etc.), des panneaux de signalisation, la vitesse etc…

Une fois que cette révolution est faite sur le conducteur, il faudra aussi songer à éduquer le piéton! Oui, une éducation du piéton s´impose. Qu´il sache que la route a un code que tous les utilisateurs doivent savoir pour le bien de tous. Pour que le piéton puisse également respecter ce code, il faut bien qu´il existe sur les routes à travers les signalisations ( panneaux et/ou bandes sur la route). Ce qui n´est pas le cas, sur des routes que j´ai pu emprunter  dans certaines communes d´Abidjan notamment à Cocody Riviera Palmeraie. Dans la zone du Quartier Ministre, il y a un rond point qui ne dispose d´aucun passage pour piétons encore moins de panneaux Stop ou de feux tricolores qui pourraient y réguler le passage des piétons. Le piéton doit avoir la baraka pour pouvoir passer car il ne peut compter sur la courtoisie du conducteur. Ce n´est qu´un exemple parmi tant d´autres surtout en zone urbaine et périurbaine où très peu de signalisation sont indiquées sur nos routes afin d´assurer la sécurité des usagers de la route. Autrement dit, une meilleure signalisation de nos routes pourrait réduire le nombre de décès, de même que les mesures de sécurité préventives dans toutes les catégories de véhicules, depuis les voitures communément appelées « personnelles » à celles de transport public et de transport de marchandise.

Si la route précède le développement comme nous avons l´habitude de le dire chez nous, il faut donc que des mesures appropriées soient prises ( manuel officiel de conduite, qualité des routes et des véhicules grâce à une législation plus rigoureuse en matière de sécurité) afin que tous les habitants de ce pays puissent participer de façon active  à ce développement . Car des habitants diminués physiquement par les séquelles d’ accident deviennent plus une charge pour la famille, la communauté et l’ Etat qu’ acteurs de développement. Lire la suite

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Mes observations sur les « extraits » de la Politique Nationale du Sport en Côte d´Ivoire

Hier, le journaliste sportif ivoirien, Fernand Dedeh, sur son blog, nous faisait l´écho du séminaire organisé par le Ministère de la Promotion de la jeunesse, des sports et loisirs afin d´élaborer une loi du sport en Côte d´Ivoire. Ma réflexion portera sur les extraits de ce qu´il a pu noter de la première journée dudit séminaire. Comme vous comprendrez, il s´agit d´observations subjectives sur la base des extraits qui apparaissent en italique dans le texte ci-dessous.

1. État des lieux

Le sport en Côte d’Ivoire reste peu développé. Environ 27% de la population ivoirienne pratiquent une activité sportive. Toutefois, seulement 10% de cette proportion détient une licence. La discipline dominante est le football avec plus de 80 000 licenciés.

Ce constat s’explique par quatre raisons essentielles:

–        Insuffisance de textes régissant la pratique des activités physiques et sportives

–        déficit de l’offre d’infrastructures adaptées

–        inégale répartition des pratiques sportives sur toute l’étendue du territoire national

–        faiblesse des moyens des structures d’encadrement du secteur des Sports

À mon humble avis, l´état des lieux devait d´abord s´atteler à définir comment la Côte d´Ivoire percevait le Sport avant 2012. Cette définition baliserait les travaux à venir.

De façon générale, le sport était la pratique d´une activité physique liée à une discipline sportive concrète. La finalité était la recherche du bien-être et/ ou une activité ludique qui permettait au pratiquant de s´occuper. De nos jours, au-delà des finalités suscités, le sport est devenu une profession autour de laquelle plusieurs activités rémunératrices se sont greffées et/ou créées.

On ne fait plus de sport pour participer mais plutôt pour gagner. Une fois cette définition faite, nous pourrons faire un inventaire de tout ce qui est en rapport avec le Sport en Côte d´Ivoire.

Autrement dit, il serait judicieux de faire la différence entre le sport d´élite, le sport en milieu scolaire et universitaire et le sport de loisirs.

2. Au plan des textes réglementaires

La gestion du Sport en Côte d’Ivoire repose sur des textes réglementaires qui méritent d’être actualisés pour mieux répondre aux nouvelles missions assignées au département en charge des Sports.

Les textes réglementaires sont le fondement de toutes les actions passées et futures. Il appartient à ce niveau de relever les points faibles des textes existants et les améliorer à travers l´introduction de concepts nouveaux de la pratique sportive tant au niveau de la pratique du sport d´élites, non professionnel comme de la pratique du sport de loisirs.

3. Au plan des infrastructures

Les infrastructures de l’Etat sont constituées par un ensemble de 19 ouvrages dont 17 stades gérés par l’office national des Sports. Ces infrastructures dont l’âge varie de 16 à 36 ans, sont dans un état de délabrement avancé et n’offrent plus de bonnes conditions de pratique et de sécurité.

Hormis les infrastructures de l´État gérées par l´Office National des Sports, il me semble judicieux de faire l´inventaire de toutes les infrastructures sportives existantes sur toute l´étendue de la Côte d´ivoire (collectivités territoriales, Établissements Publics Nationaux, entreprises privées, établissements scolaires, FRCI, quartiers issus de promotions immobilières etc.…)

4. Recherche de financement et partenariat

Le financement du Sport devrait être un maillon essentiel de la Politique Nationale de Sport dans notre pays. La pratique du Sport de haut niveau est liée à de fortes exigences dont la disponibilité de toutes les contingences qui sont des déterminants de la performance. Ces exigences impliquent une option conforme à la réalité socio-économique…. La réalité de notre société voudrait que l’Etat continue d’apporter son appui réglementé à partir de deux axes définis d’un commun accord avec les partenaires du mouvement sportif.

a) les ressources issues des initiatives privées (la famille du sportif, les cotisations et autres recettes propres des associations)

b) les subventions provenant des institutions publiques ou privées (Etat, collectivités locales, les confédérations sportives, les fédérations internationales et comité international olympique)

Il est à noter que le point 4 consacré à la recherche de financement et de partenariat se focalise uniquement sur le sport d´élite. Alors que le financement du sport de loisirs ou encore le sport au niveau scolaire et universitaire devrait être la sève nourricière de notre sport d´élite.

D´autres observations plus approfondies interviendront lorsque nous aurons pris connaissance du document final.

Sportivement,