Le chiffre du jour en Côte d´Ivoire: 2.535

2.535: c´est le nombre d´entreprises créées au cours de l´an 2013 par le guichet unique mis en place par le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) . Cette information a été donnée par M. Emmanuel Essis Esmel le Directeur Général du CEPICI rapporte la presse ivoirienne de ce jour.

Comparativement à 2012 où 126 entreprises ont été créées au niveau du guichet unique du CEPICI, le chiffre de 2.535 indique que le gouvernement ivoirien a fait d´énormes efforts afin de faciliter les investisseurs dans la création d´entreprise. Le délai est même passé de 9 jours à moins de 48 heures.

Au-déla du nombre d´entreprises créé et du nombre d´emplois à pourvoir, j´observe une repartition inéquitable de ces richesses en puissance en création.

En effet, une entreprise ayant son siège social dans une ville suppose qu´elle paie des taxes à la collectivité territoriale qui l´abrite. Ses employés y vivent. D´où l´existence de besoin en logement, infrastructures sanitaires, routières, éducatives, loisirs etc… Ce qui par conséquent participe indirectement à la création et au développement de nouvelles activités, de création d´emplois indirects et à la distribution de richesses de la population de ladite ville et par delà au pays.

Abidjan étant une ville saturée, c´est le lieu d´encourager le CEPICI à permettre aux investisseurs de pouvoir créer des entreprises dans les autres villes de la Côte d´Ivoire . Je sais que la voie traditionnelle existe, mais le délai de 24 ou 48 heures est très important en termes de gain de temps pour un investisseur et/ ou entrepreneur. Ce qui permettra, d´une part de désengorger Abidjan et d´autre part, de permettre aux autres villes de se développer.

J´ose espérer que la caravane du CEPICI dénommée « Entreprendre en Côte d’Ivoire » qui sillonnera, du 6 au 11 janvier, les villes de San Pedro, Bouaké et Yamoussoukro vont dans le sens de ma réflexion et d´autres capitales de régions seront visitées. Ainsi, la Côte d´Ivoire pourra tendre lentement mais sûrement vers un équilibre de développement de nos grandes villes. Ce qui évitera la propension de tout jeune à vouloir rejoindre l´Eldorado qu´est Abidjan. Si tant est que toutes nos villes disposent du minimum pour assurer une bonne qualité de vie à nos concitoyens.

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Autochtones, allochtones, allogènes… les vieux démons sont de retour!

« Le maire, c’est le chef de terre, donc seuls les autochtones devraient y avoir droit ». C´est l´une des perles de l´Honorable (sic!) Kouadio Konan Bertin (communément appelé) KKB Député de Port-Bouët à l´Assemblée Nationale de Côte d´Ivoire lors de la Campagne pour les élections locales à Diégonefla le 7 avril dernier.

Dans sa parution du 13 avril 2013, l´Intelligent d´Abidjan  rapporte les explications du Ministre Guikahué qui tente de dédouaner les propos de KKB mais s´enfonce avec lui dans ce bourbier ethnocentriste:

…. Il a dit que toutes les communautés se retrouvaient dans ce que Houphouët faisait. Il a évoqué la géopolitique. Et il est allé plus loin pour dire que les postes de députés étant une représentation nationale, que des communautés qui ont émigré vers d’autres cieux, si on dit de partager les postes de députés, lui n’y voit pas d’inconvénient. Cependant, il trouve que le maire étant le nom européen du chef du village. Alors il aurait souhaité, pour qu’il y ait la cohésion et l’harmonie dans la cité, que dans chaque zone, ce soit des propriétaires terriens qui gèrent la mairie pour éviter des frustrations. Il a dit que pour la libation, chaque peuple a sa façon de faire. Chez les Gouro, les Bété, les Baoulé, les Malinké etc. chacun a sa façon et sa période de libation. Et il a ajouté que “nous les Baoulé, nous avons beaucoup bougé à travers le pays. Nous sommes partout. Ce n’est pas parce que nous sommes nombreux à Oumé que nous allons revendiquer le poste du maire d’Oumé. Si nous prenons tous les postes, les Gouro ne vont pas vouloir faire la libation. Ils risquent même d’invoquer les mânes contre vous et tout ce que vous aller entreprendre va échouer”. Ce qui signifie pour lui que pour qu’il ait la cohésion sociale et le développement, il faut que ce soit un fils de la région qui soit maire, par contre pour les députations, tout le monde peut être député, parce qu’on n’est pas député d’une circonscription, mais de la Nation….

Pour rappel, KKB est militant du PDCI (Parti Démocratique de Côte d´Ivoire). Fils d´un couple mixte originaire de l´Ouest et du Centre de la Côte d´Ivoire.  Il est député de Port-Bouët ( Quartier d´Abidjan au Sud de la Côte d´Ivoire) élu sous la bannière RHDP ( Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix)  afin de favoriser la mise en oeuvre du Programme Vivre Ensemble du Président Alassane Ouattara.  Et l´écouter tenir de tels propos, m´écoeure et me révolte. C´est à croire, qu´il oublie le martyr que le Peuple de Côte d´ivoire  a  souffert durant ces dernières décennies. Si notre Honorable est à court d´arguments pour son candidat et/ ou son parti, qu´il arrête de tourner le couteau dans la plaie. Trop c´est trop!

On ne peut aspirer à Vivre Ensemble pour un construire une Nation émergente en tenant de tels propos.

Il n´ y a pas d´explication qui vaille à ces déclarations très graves qui émanent en plus d´un représentant du Peuple.

Une excuse publique de KKB et Guikahué s´imposent dans leur tentative d´expliquer l´inexplicable.

À  KKB, à Guikahué et tous ceux qui pensent ainsi de se référer aux articles 30 et 33 de la Constitution de Côte d´Ivoire:

Article 30

La République de Côte d’Ivoire est une et indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure à tous l’égalité devant la loi, sans distinction d’origine, de race, d’ethnie, de sexe et de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son principe est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.

Article 33

Le suffrage est universel, libre, égal et secret. Sont électeurs dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux ivoiriens des deux sexes âgés d’au moins dix huit ans et jouissant de leurs droits civiques et politiques.

Nulle part dans notre constitution, encore moins dans le Code Électoral Ivoirien , il n´est dit que les collectivités locales doivent appartenir à de soi-disant autochtones.

Ces replis sectariste et nanoidentitaire ( autochtone, allochtone, allogène) doivent être bannis de nos habitudes  si nous voulons réellement bâtir UNE NATION avec UNE IDENTITÉ.

Tel est mon coup de gueule sur cette campagne pour les élections locales où des candidats pataugent dans la gadoue.

 

L´appropriation vue..en Côte d´Ivoire

« Appropriez-vous le Vivre Ensemble du RHDP », « Appropriez-vous les Droits de participer à la vie politique de votre pays », « Appropriez-vous le PND  2012-2015 (Programme National de Développement) », « Appropriez-vous le LMD » (Licence- Master- Doctorat) dans le système d´enseignement supérieur ivoirien et bien d´autres « appropriez-vous »…..que nous entendons à longueur de journée sur les antennes de télé et radio ou encore que nous lisons dans la presse écrite ivoirienne.

De ces phrases que  nous entendons de façon réitérative, un nouveau vocable apparaît dans le jargon de notre société tant au plan politique, social, culturel, économique, éducatif et j´en passe : l´APPROPRIATION. Tout acteur de l´État (politique, syndicaliste, enseignant, fonction publique ou encore ONG)  qui a la possibilité de s´adresser aux populations lui demande de s´approprier quelque chose.

Émetteur et/ou récepteur connaissent-ils le sens et la signification de leur propos ? Autrement dit, ceux qui demandent aux populations de s´approprier leur initiative mesurent-ils la portée de leurs propos. Pour ce qui nous est donné de voir et d´observer, je me hasarderais à répondre par la négative. Car il ne s´agit que d´un discours qui n´a pour espérances de vie que la seconde à laquelle il est émis. Après, plus rien !

Pour qu´il y ait appropriation, il faut qu´il existe un lien fort entre la personne et la chose appropriée. Cependant, nous en sommes à nous demander si les conditions de ce lien fort sont établies entre les personnes et la chose appropriée dans notre pays pour qu´on nous demande de nous « l´approprier ».

La présente réflexion nous permettra de définir ce qu´est l´appropriation dans une approche psychosociale, puis d´indiquer les procédures qui puissent guider à une réelle appropriation de quelque chose. Mais avant une définition générale et l´origine du mot dans la communauté scientifique s´imposent.

Définition et origines

Selon le dictionnaire le Larousse, l´appropriation c´est l´action de s´approprier quelque chose et s´approprier c´est faire sa propriété de quelque chose. Soit par le changement de propriétaire, soit par l´adéquation de quelque chose à une chose. Après cette définition générale, faisons une incursion sur les origines de ce concept dans le domaine scientifique.

L´appropriation trouve son origine dans l´anthropologie de Marx qui l´inscrit dans sa conception du travail puis, plus tard dans la psychologie marxiste avec Lev Vigotski et Aleksei Leontiev. Selon cette approche donc, l´action sur (et l´utilisation de) la nature et la production d´objets, matériels ou non, constituent la réalisation de capacités et de pouvoirs. Confronté à ses actions sur la nature et à des objets produits par lui, l´Homme se les approprie à travers l´intériorisation des savoirs, de savoir-faire et de capacités dont cette production a été l´occasion mais aussi de capacités historiquement formées. En d´autres termes, cette intériorisation constitue le cœur de l´appropriation. C´est donc un processus dont les acquis, l´instabilité et les recherches de nouveaux équilibres correspondent à la dynamique de l´identité individuelle et/ou groupale. L´appropriation est un accomplissement intérieur.

Plus tard, H. Lefebvre en fait une expression indispensable de la vie quotidienne avec l´irruption des mouvements sociaux urbains des années 60 où le citadin veut assumer sa place au sein d´un acteur collectif qui déplace son action du champ du travail vers celui de la ville.

À partir des années 70, le concept d´appropriation de l´espace et de celui de l´appropriation du chez soi bénéficie d´une impulsion majeure à la réflexion sur l´urbain en psychologie environnementale.

Après l´usage qui en est fait dans la communauté scientifique, tentons de voir comment appliquer cela à notre discours sur les sujets d´ordre politique, socio-économique, culturel et éducatif qui généralement sont intangibles et immatériels etc.

A l’exception de quelques décisions particulièrement innovantes, portées par une personnalité de grand charisme ou au leadership fort, capable d’aller à l’encontre de l’opinion publique, ou lors de circonstances particulières, la plupart des décisions (des domaines énoncées ci-dessus) se prennent dans un environnement social où l’adhésion à l’idée même qui fera l’objet de la décision est déjà acquise et/ ou réfractaire. Il est dès lors essentiel de les étendre au maximum des parties prenantes et des citoyens qui seront appelés à soutenir la stratégie mais aussi à la mettre en œuvre. Cet effort devra être mené dès le début de l’exercice car il apparaît plus aisé de créer un consensus sur les valeurs, les finalités et la volonté qui constituent les ingrédients de la vision que sur des axes stratégiques, des actions concrètes, des choix budgétaires ou des opérateurs. C’est en créant l’adhésion sur la prospective que l’on fait s’approprier la stratégie et que l’on permet le passage à l’action par la mise en œuvre du projet.

L’appropriation consiste donc en la compréhension, l’assimilation et le partage des résultats de la démarche. En effet, l’appropriation est un processus qui internalise aussi bien le cheminement que le résultat de la démarche prospective chez chaque partie prenante. Des scientifiques ont d´ailleurs montré que cette appropriation est à la fois intellectuelle et affective. Elle renforce donc la cohésion du groupe impliqué dans l’exercice et sa capacité à faire aboutir la stratégie. L’appropriation de l’exercice transforme donc l’ensemble des parties prenantes et des citoyens en acteurs conscients des enjeux et motivés par les réponses qui y ont été apportées, déterminés à participer à la mise en œuvre du programme d’actions qui a été produit collectivement.

 Comment stimuler l’appropriation ?

Les parties prenantes et les citoyens associés à l’exercice s’approprieront la démarche et ses résultats dans la mesure où ils auront été impliqués de manière active dans l’élaboration de l’exercice. Il ne s’agit donc pas d’une démarche de consultation passive où l’on donne son avis sur des options déjà construites ou encore d´une démarche d´information ; mais plutôt d’une réelle participation à la construction des idées. Cette façon de faire implique la définition de règles du jeu strictes :

‑ un recrutement le plus ouvert possible des parties prenantes en concevant celles-ci au sens le plus large, le citoyen étant la partie prenante première des politiques (sociale, économique, culturelle, éducative et sportive) qui vont être conduites sur l´espace établi ( matériel et immatériel) ;

‑ De réels mécanismes et compétences pour favoriser l’écoute, la prise de parole, la confrontation d’idées, la culture du débat, la démocratie participative ;

‑ Une logique de pédagogie pour clarifier et expliquer les objectifs, finalités et enjeux afin de les mettre à la portée des parties prenantes ;

‑ Une réflexion dans laquelle l’expérience vécue a davantage de place que les théories générales même si l’expertise dans les « sciences » doit constituer une ressource essentielle.

Ces quatre règles du jeu strictes énumérées sont-elles toujours respectées lorsqu´on demande aux citoyens de s´approprier un programme, une loi, un système etc.….?

Dans le cadre du Vivre ensemble, un parti politique (RDR) puis plus tard un groupement de partis politiques (RHDP) a su internaliser les grands axes dudit concept puis le partager avec une partie des militants (des membres de la grande direction des partis politiques). Cependant jusqu´à ce jour, nous ne sommes pas sûrs que tous les militants aient eu une connaissance suffisante dudit programme.

Que dire du LMD dans nos Universités ? Hormis, les « experts » qui ont planché sur le sujet, nous doutons fort que les étudiants et parents d´élèves ou encore des enseignants en sachent davantage.  À part les déclarations verbales, et les comptes-rendus de presse, aucun moyen de se procurer un document écrit qui explique de long en large le système LMD.

De la nouvelle loi anti-tabac dans les espaces publics et des sanctions encourus, idem. Le texte n´est su des citoyens, pour les sanctions il est établi une tranche d´amende (entre 50.000 F CFA et 100.000 FCFA si mes souvenirs sont bons) applicable. Cette amende sera-t-elle faite à la tête du contrevenant ? Ou selon l´humeur de l´Agent de police ? Autant d´interrogations auxquelles nous n´avons pas encore trouvé de réponses.

Au regard de ce qui précède, l´appropriation ne doit donc pas être un mot passe-partout que nous devons employer pour être à la mode ou relever notre niveau de langue. Si nous l´employons, cela devra impliquer une application des quatre règles énoncées antérieurement afin de faciliter l´assimilation et l´intériorisation de l´idée, du projet aux bénéficiaires afin qu´ils en fassent leur propriété avec toute l´affection que cela suppose pour une mise en pratique efficiente afin d´atteindre les objectifs escomptés.

Pour le bonheur donc de l´APPROPRIATION, approprions-nous l´appropriation pour qu´il ne soit pas un VAIN MOT.

OBSERVATIONS SUR LE NON DE L´HONORABLE YASMINA OUÉGNIN GUESSEND aux modifications de la loi sur le mariage

S’il est vrai que la jeunesse soit un défaut, on s’en corrige bien vite.

Johann Wolfgang Von Goethe

 

 

J´ai été de ceux qui s´interrogeaient sur les raisons du vote  de l´Honorable Yasmina Ouégnin Guessend (je reviendrai sur cette signature) l´une des jeunes députés de la présente législature en Côte d´Ivoire. Le 21 novembre dernier, notre jeune député a voté NON lors de la séance plénière sur  la loi portant abrogation de l’article 53 et modifiant les articles 58, 59, 60 et 67 de la loi n°64-375 du 07 octobre 1964 relative au mariage, telle que modifiée par la loi n°83-800 du 02 août 1983.

Le samedi 24, le site d´information abidjan.net a repris la publication provenant de l´Assemblée Nationale  intitulée L`honorable Yasmina Ouégnin, à propos de la Loi relative au mariage: « Pourquoi j’ai voté Non ».

Je salue l´initiative de cette déclaration qui pourra clarifier l´opinion nationale en général et la jeunesse en particulier sur vote qui a surpris plus d´un surtout sur les réseaux sociaux.

Après lecture des raisons évoquées pour voter contre les modifications proposées par le gouvernement sur la loi du mariage, j´aimerais humblement par ce canal faire les observations suivantes: l´amalgame sur le concept de civilisation et une réflexion personnelle sur la fonction de député ainsi que son appartenance à un parti politique.

Cependant, afin de permettre une meilleure compréhension de cette contribution, il convient aux lecteurs de faire une incursion sur mon article précédent publié le 17 novembre dernier à travers ce lien[1] où je tente de répondre à trois interrogations sur quatre du Groupe Parlementaire du PDCI:

1. L’absence de chef de la famille ne va-t-elle pas entraîner la désintégration de la cellule familiale ?

3. L’absence de chef de la famille ne pose-t-elle pas de problèmes avec nos valeurs sociétales inscrites dans la Bible, le Coran, nos religions traditionnelles qui prévoient explicitement un chef ?

4. Enfin, l’absence de chef de la famille apporte-t-elle un réel avantage à la société, comme est censée le faire toute loi ?

Venons-en maintenant aux raisons de l´Honorable Yasmina Ouégnin Guessend.

En effet, notre Honorable indique d´une part que « Notre civilisation toute entière s’est construite autour de la notion de chef : Chef de famille, Chef de communauté ou de quartier, Chef de village, Chef d’entreprise,… Chef d’Etat et d´autre part qu´il lui « parait donc plus important et urgent de commencer par donner du sens à ces acquis en invitant l’exécutif à appliquer rigoureusement les lois déjà adoptées, avant de s’engager dans des combats futuristes pour des droits que les populations concernées n’ont pas encore revendiqués ».

Les dictionnaires que j´ai pu consulter et contraster (Le Larousse, le Petit Robert, Toupictionnaire (en ligne) etc.) donne deux sens au substantif « civilisation ».

Etymologiquement, civilisation provient du latin « civis » qui signifie citoyen.

Dans sa première assertion, une civilisation est l´ensemble des caractéristiques spécifiques à une société, une région, un peuple, une nation, dans tous les domaines: sociaux, religieux, moraux, politiques, artistiques, intellectuelles, techniques, scientifiques … les composantes de la civilisation sont transmises de génération en génération par l´éducation. Dans cette approche de l´histoire, il n´est pas porté de jugements de valeurs. Ce sens est alors proche de culture qui est l’ensemble des connaissances, des savoir-faire, des traditions, des coutumes, propres à un groupe humain, à une civilisation. On pourrait citer comme  exemples de civilisation la maya, la grecque, la romaine, l´arabe, l´égyptienne, et plus près de nous la civilisation mandingue, l´akan…

Cette définition se rapproche plus de « Notre civilisation toute entière s’est construite autour de la notion de chef : Chef de famille, Chef de communauté ou de quartier, Chef de village, Chef d’entreprise,… Chef d’Etat.

Or il me revient que toutes les civilisations ne se sont pas construites autour de la notion de chef. En effet, il convient donc de faire remarquer qu´il existe dans l´histoire des civilisations, des peuples qui ne se sont pas construits autour de cette notion (celle de chef). Ces peuples ont une organisation acéphale c´est-à-dire « sans tête » ou sans chef. Le peuple Lobi (de Côte d´Ivoire, du Burkina Faso et du Ghana) est un exemple d´ organisation acéphale. Les publications de Madeleine Père sur le peuple Lobi vous édifieront sur le sujet (bref, là n´est pas notre propos).

À partir du moment où les composantes de la civilisation, dans sa première définition, sont transmises de génération en génération par l´éducation, notre Honorable ne peut se soustraire du fait que notre civilisation (dans toutes ses composantes) à laquelle elle se réfère n´est constituée que des us et coutumes de la soixantaine d´ethnies qui peuplent la Côte d´Ivoire. La vie en couple de deux personnes de la même ethnie n´a pas toujours aisée du fait de plusieurs paramètres (personnalité des parties, éducation, vie sociale etc.); si à cela, il faut ajouter les mariages mixtes établis d´une part entre ivoiriens ( de groupes ethniques différents) et d´autre part entre un(e) ivoirien(ne) et une autre personne de culture différente (ethnie, pays, continent) la tâche n´est pas toujours aisée. Ce qui nous emmène à parler du deuxième sens de la civilisation.

Dans sa deuxième assertion, la civilisation désigne l’état d’avancement des conditions de vie, des savoirs et des normes de comportements ou mœurs (dits civilisés) d’une société. La civilisation qui, dans cette signification, s’emploie au singulier, introduit les notions de progrès et d’amélioration vers un idéal universel engendrés, entre autres, par les connaissances, la science, la technologie. La civilisation est la situation atteinte par une société considérée, ou qui se considère, comme « évoluée ». Cette deuxième définition sied le mieux aux propos ci-dessous de notre Honorable qui invite « l’exécutif à appliquer rigoureusement les lois déjà adoptées,avant de s’engager dans des combats futuristes pour des droits que les populations concernées n’ont pas encore revendiqués ».

D´ailleurs, la société ivoirienne actuelle est une société où le mariage a permis d´avoir des citoyens « riches » de par le mariage. En effet, il est aujourd´hui très courant de rencontrer en Côte d´Ivoire des familles mixtes (une étude statistique des mariages en Côte d´Ivoire pourrait corroborer mes propos à moins de faire une incursion au sein de soi-même sa famille).

Les normes de comportements (nous ne parlons plus d´us et de coutumes) c´est-à-dire les lois sont celles qui permettront à notre cher pays d´aspirer à l´égalité entre Toutes et Tous comme le PEUPLE SOUVERAIN DE COTE D´IVOIRE dans sa grande majorité en 2000 a décidé lors du référendum pour la révision de la CONSTITUTION en son article 2: Tous les êtres humains naissent libres et égaux devant la loi. Autrement dit en 2000 déjà, les populations concernées c´est-à-dire les femmes ainsi que les hommes et les jeunes des deux sexes ont voté pour l´égalité devant la loi. Les modifications proposées à la loi sur le mariage n´aspirent qu´au progrès et à l´idéal universel. Car, nous sommes maintenant dans une société où la femme comme vous d´ailleurs travaille, et apporte sa contribution à la gestion et à la vie de la famille. Et cette loi n´est qu´une reconnaissance écrite. Les femmes juristes ont d´ailleurs fait une déclaration sur les retombées positives de cette proposition de loi sur le mariage.

Le dernier point qui n´est qu´une réflexion personnelle porte sur la fonction du député et son appartenance à un parti politique.

Pour l´Honorable Yasmina Ouégnin Guessend « une part du travail législatif consiste à analyser les projets émanant de l’exécutif et à y apporter les correctifs que les élus du peuple jugent utiles et nécessaires à la satisfaction de l’intérêt de la nation qu’ils représentent. La fonction parlementaire serait ainsi vide de tout contenu si les députés se contentaient d’enregistrer, sans critiques et sans propositions, les projets du gouvernement ».

Quelles analyses avez vous faites de ce projet de loi sur le mariage, avant de voter NON? Savez-vous que cette proposition de loi sur le mariage résulte de la ratification le 18 décembre 1995 par l´État de Côte d´Ivoire (gouverné à cette époque par le PDCI) de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF)? Où la Côte d’Ivoire s’est engagée à mettre les dispositions contraires de sa législation nationale en conformité avec les principes défendus par cette Convention?

Vous indiquez par ailleurs certains députés issus du PDCI et de l´UDPCI sur la base de leur expérience et de leur connaissance de la Nation Ivoirienne, ils ont estimé que l’article 58, sur les rôles et responsabilités des conjoints devait être amendé. De quelles expériences et de connaissances de la Nation Ivoirienne parlons-nous? La connaissance des Civilisations de la Côte d´Ivoire (cf. la première définition de Civilisation) ou la connaissance de la Civilisation de la Nation Ivoirienne (cf. deuxième définition de Civilisation)?

Sauf erreur ou omission de ma part, la déclaration du 13 novembre dernier, que le Groupe Parlementaire PDCI auquel vous appartenez a publié, s´interrogeait sur le sens numéro 1 de Civilisation c´est-à-dire nos cultures en Côte d´Ivoire alors que le projet de Loi sur le mariage ne parle que de loi c´est-à-dire la recherche du progrès et de notre idéal d´égalité entre êtres humains autrement dit le sens 2 de la définition que nous avons expliquée antérieurement.

Si la fonction du Député est la défense des intérêts du citoyen par le vote des lois, l´écoute de celui-ci à des moments importants de la vie de la Nation, lui permettrait de contraster les avis et faire un choix juste. Nous encourageons nos hommes politiques à nous lire de temps en temps sur les réseaux sociaux, un moyen facile d´accès au citoyen, afin d´être en phase avec ceux qu´ils représentent. Le président de notre Assemblée Nationale (cf. Guillaume Soro) ne nous dira pas le contraire. Encore moins, certains ministres présents sur la toile (cf. Ministre Lobognon). Ou à tout le moins, écouter des sachants de leur parti politique respectif.

L´Honorable député dit avoir « été bien entendu élue sous la bannière d’un parti politique, avec lequel je partage des aspirations et une vision communes pour le développement de notre société, mais mon mandat relève du Pouvoir Législatif et c’est dans ce cadre que mon action s’inscrit ».

Et continue en indiquant que « Je ne saurai, et ne pourrai, donc me soustraire à mon engagement, en reniant mes propres valeurs et convictions »

Il est bon de rappeler que le PDCI est membre du RHDP, la coalition de partis politiques qui est au pouvoir en ce moment et dont le programme de gouvernement est en application jusqu´en 2015. Ce programme « Vivre ensemble » a été actualisé avant le deuxième tour des élections présidentielles en Côte d´Ivoire. Appartenir donc à un groupe c´est partager cette vision et cet engagement.

Aussi est-il bon de rappeler que vous devez ici et maintenant mettre votre rôle d´élue du peuple à profit pour, « nuit et jour » et en « âme et conscience », veiller au respect des lois déjà existantes (en faveur de la protection de la femme et de l’enfant notamment sur les violences conjugales, les mutilations génitales, le droit à l’éducation et à la santé, le travail et l’exploitation des enfants, le trafic d’enfants et les enfants soldats) en rapport avec la femme et l´enfant et participer activement à l´éducation de ces couches de concert avec les ONG spécialisées.

Pour terminer, je relève un élément anecdotique mais qui me paraît pertinent: la signature Yasmina Ouégnin Guessend. En effet, cette signature va contre l´article 57 de la LOI N° 64-375 DU 7 OCTOBRE 1964,RELATIVE AU MARIAGE, MODIFIEE PAR LA LOI N° 83-800 DU 2 AOUT 1983. En effet, l´article 57 stipule que la femme a l’usage du nom du mari. Autrement dit notre Honorable aurait dû signer Yasmina Guessend.

Les cas de porter deux noms sont propres à l´Espagne et certains pays d´Amérique Latine où le premier nom est celui du père, et le second celui de la mère. Un hispanique qui lit votre identité dira que vous être Yasmina fille de père Ouégnin et de mère Guessend.

Votre signature serait-elle un pas vers le progrès en permettant à nos enfants d´avoir le nom des deux parents comme les pays hispaniques? Ce serait une avancée à laquelle je souscrirais.

Chère Honorable et cadette, telle était ma réponse aux motivations de votre NON car comme Paul Valéry disait « L’histoire, je le crains, ne nous permet guère de prévoir, mais, associée à l’indépendance d’esprit, elle peut nous aider à mieux voir. » (cf. Variété IV page 139)

Citoyennement,

Projet de loi relatif au mariage en Côte d´Ivoire: Une autre affaire de cumul indirecte des hommes

A  l’occasion de l´examen en commission du projet de loi relatif au mariage le 13 novembre dernier, les groupes parlementaires du PDCI-RDA et de l’UDPCI ont voté contre le texte du gouvernement.

De la déclaration faite le même jour par le Groupe Parlementaire PDCI-RDA, il ressort que l’analyse de l’exposé des motifs de ce projet de loi laisse apparaître que ce texte ne prend pas en compte les valeurs culturelles, sociales et religieuses de notre société. Notamment, quand il suggère une cellule familiale sans chef, contrairement à toute organisation humaine. Puis se pose les quatre questions suivantes:

1. L’absence de chef de la famille ne va-t-elle pas entraîner la désintégration de la cellule familiale ?
2. L’absence de chef de la famille ne va-t-elle pas poser de problème de nom patronymique de la famille ?
3. L’absence de chef de la famille ne pose-t-elle pas de problèmes avec nos valeurs sociétales inscrites dans la Bible, le Coran, nos religions traditionnelles qui prévoient explicitement un chef ?
4. Enfin, l’absence de chef de la famille apporte-t-elle un réel avantage à la société, comme est censée le faire toute loi ?

Quand au gouvernement, son exposé des motifs indique ce qui suit:

Si les lois civiles adoptées en 1964 ont, dans leur ensemble, contribué à l’avènement d’une société ivoirienne moderne, la loi relative au mariage, apparaît aujourd’hui, dans certaines de ses dispositions, inadaptées à l’évolution qui tend à consacrer, partout dans le monde, le principe de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation de la femme.

En ratifiant donc le 18 décembre 1995, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), la Côte d’Ivoire s’est engagé à mettre les dispositions contraires de sa législation nationale en conformité avec les principes défendus par cette Convention.

Des arguments présentés par les deux parties, il appert un fâcheux AMALGAME qui est fait entre les valeurs culturelles, sociales et religieuses de notre société et les lois que nous nous sommes librement fixées afin de normaliser la vie des ivoiriens en société, précisément la loi sur le mariage.

 

Le contexte global du projet de loi relatif au mariage

Adoptée le 18 décembre 1979 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Convention est entrée en vigueur en tant que traité international le 3 septembre 1981 après avoir été ratifiée par 20 pays. Puis 14 ans après son entrée en vigueur, soit le 18 décembre 1995 la Côte d´ivoire la ratifie. Ce qui revient à dire que déjà en 1995, notre pays a estimé qu´il devait faire son aggiornamento sur la loi relative au mariage.

Ci-dessous et in-extenso l´article 16 de la Convention relatif au mariage et à la vie de famille:

1. Les Etats parties prennent toutes les mesures nécessaires pour éliminer la discrimination à l’égard des femmes dans toutes les questions découlant du mariage et dans les rapports familiaux et, en particulier, assurer, sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme :

a) Le même droit de contracter mariage;

b) Le même droit de choisir librement son conjoint et de ne contracter mariage que de son libre et plein consentement;

c) Les mêmes droits et les mêmes responsabilités au cours du mariage et lors de sa dissolution;

d) Les mêmes droits et les mêmes responsabilités en tant que parents, quel que soit leur état matrimonial, pour les questions se rapportant à leurs enfants; dans tous les cas, l’intérêt des enfants sera la considération primordiale;

e) Les mêmes droits de décider librement et en toute connaissance de cause du nombre et de l’espacement des naissances et d’avoir accès aux informations, à l’éducation et aux moyens nécessaires pour leur permettre d’exercer ces droits;

f) Les mêmes droits et responsabilités en matière de tutelle, de curatelle, de garde et d’adoption des enfants, ou d’institutions similaires, lorsque ces concepts existent dans la législation nationale; dans tous les cas, l’intérêt des enfants sera la considération primordiale;

g) Les mêmes droits personnels au mari et à la femme, y compris en ce qui concerne les choix du nom de familles d’une profession et d’une occupation;

h) Les mêmes droits à chacun des époux en matière de propriété, d’acquisition, de gestion, d’administration, de jouissance et de disposition des biens, tant à titre gratuit qu’à titre onéreux.

2. Les fiançailles et les mariages d’enfants n’auront pas d’effets juridiques et toutes les mesures nécessaires, y compris des dispositions législatives, seront prises afin de fixer un âge minimal pour le mariage et de rendre obligatoire l’inscription du mariage sur un registre officiel.

Eh bien, avouons que notre pays a véritablement mis du temps à appliquer toutes les dispositions de cette Convention. Nous aurions dû nous en réjouir, car le programme « Vivre ensemble » du RDR entériné au deuxième tour de la présidentielle par le RHDP ( RDR, PDCI, MFA, UDPCI…) dans son chapitre XII intitulé « rehaussons le rôle de la femme et de la famille » indique et je cite: Chaque fois que des femmes accèdent à des postes à responsabilité, les analyses sont mieux élaborées, les décisions sont prises avec une plus grande conscience, elles sont mieux expliquées, mieux acceptées, leur mise en œuvre devient plus facile, les conflits s’apaisent, l’équilibre revient. Tous les hommes le reconnaissent, au moins au fonds de leur cœur. En effet, ce chapitre ne fait que consacrer la reconnaissance sociale du rôle que joue la femme dans la cellule familiale de notre société.

Mais hélas, bien qu´ayant ratifié ladite convention, le chef de famille (l´époux) semble réticent à accepter cette nouvelle donne de gestion conjointe de la famille. Nous en sommes à nous demander si les époux ne seraient pas des « cumulophones » endurcis( cf. Affaire de cumul en Côte d´Ivoire; Le cumul des mandats Acte 2: Un mal pernicieux) qui refusent d´assumer leur rôle de chef au sein de la famille mais veulent seulement en détenir le titre?

Avant d´entamer mon aventure citoyenne dans mes réflexions liquides sur un chemin qui n´est pas mien (le droit) car n´étant pas juriste, et afin d´éviter de me mettre à dos les juristes du GROUPE PARLEMENTAIRE PDCI et les défenseurs de leur position, je me suis d´abord évertuer à savoir ce qu´est une LOI. Selon le dictionnaire juridique de droit privé: une loi est une disposition normative et abstraite posant une règle juridique d’application obligatoire dans une société. Autrement dit, une règle, une norme, une prescription ou une obligation, générale et permanente, qui émane d’une autorité souveraine (le pouvoir législatif) et qui s’impose à tous les individus d’une société.

Le PDCI est-il en droit de se poser ces 4 questions sus-citées? La question 2 ayant déjà été l´objet d´une réponse claire de la part du gouvernement, nous tenterons de dissiper ses inquiétudes en répondant aux questions 1, 3 et 4 à partir d´une approche psychologico-sociale:

1. L’absence de chef de la famille ne va-t-elle pas entraîner la désintégration de la cellule familiale?

3. L´absence de chef de la famille ne pose-t-elle pas de problème avec nos valeurs sociétales inscrites dans la Bible, le Coran, nos religions traditionnelles qui prévoient explicitement un chef?

4. Enfin, l’absence de chef de la famille apporte-t-elle un réel avantage à la société, comme est censée le faire toute loi ?

La psychologie sociale est une science de l´interaction humaine dans un espace sociétal. Et ces interrogations posent inconsciemment le problème de la formation sociale de la personne comme un système d´interactions. En effet, la personne ne vit pas seule, isolée, mais avec ses semblables. Son individualité se développe socialement et c´est ainsi qu´elle arrive à se construire comme personne. Cette personne, comme sujet, est un réseau complexe de comportements plus ou moins partagés, qui forment un noyau d´interaction. Ces microsystèmes sociaux (famille, amitiés, sociétés etc…) forment ce qui constitue la vie sociale. Dans cette vie sociale, le comportement social des personnes répond à une dialectique d´uniformités et de différences. Les uniformités ont deux caractéristiques fondamentales: un comportement « réglé » et un comportement structuré. Dans ce post, nous nous intéresserons uniquement au comportement « réglé » pour pouvoir répondre aux interrogations du PDCI et de ceux qui sont contre la formulation du projet de loi relatif au mariage qui demande une gestion conjointe de la famille.

Le comportement social est conditionné au niveau de la société. Ce qui implique une régulation qui, si elle est effective, aboutit à une conformité sociale (souvent l´on parle de conformisme, quoique dans un sens péjoratif dénigrant qui n´a pas sa raison d´être dans notre cas) et enfin à un ordre c´est-à-dire une prévisibilité sociale.

Autrement dit, le comportement humain est social dans la mesure où il fait référence à des patrons et/ou modèles représentatifs du système social. Newcomb (1950) définit la norme comme un modèle de référence de comportements partagés socialement. Les règles régulent donc nos comportements dans la société. Cependant, il est à noter que toutes les règles n´ont pas la même importance dans une société.

En effet, on distingue des règles échelonnées selon l´importance qu´on lui accorde (de maximale à minimale). Ainsi, on distingue trois types de règles pour une meilleurecompréhension des interrogations du Groupe Parlementaire PDCI selon la figure ci-dessous:

+
 normes (lois)
coutumes
us

Fig.1 Catégorie de règles selon sa valeur sociale

(+ valeur maximale, – valeur minimale)

1. Les us sont des comportements qui ont peu d´importance et dont la valeur est minime. Généralement, ils sont nombreux et spécifiques à un village, une région, un pays, une ethnie/un groupe ethnique et de circonstances; comme la manière de saluer, le mariage etc…

2. Les coutumes sont des comportements qui sont considérablement valorisées dans la société. Il en existe plusieurs quoique moins atomisées que les us. La dot, le matriarcat ou le patriarcat en sont des exemples ou encore l´échange des anneaux lors de mariage civil dans notre société moderne.

3. Les normes (lois) régulent les comportements que la société considère fondamentale pour sa survie. Elles sont généralisées et ne sont pas nombreuses. Le respect de la propriété d´autrui, tout comme le projet de loi relatif au mariage que présente le gouvernement en sont des illustrations parmi tant d´autres.

En définitive, les us, malgré leur infime importance, présentent le paradoxe de durer dans le temps. Cela est dû à l´inertie sociale qui estime qu´il n´est pas nécessaire de les modifier. En revanche, les coutumes sont intériorisées par notre société, autrement dit enracinées et sont difficiles à changer.  Au regard des us et coutumes de la Côte d´Ivoire, la première interrogation du Groupe parlementaire PDCI n´est pas du tout fondée. Car la cellule familiale, tant dans les grands groupes ethniques de la Côte d´Ivoire auxquels il faut ajouter la mixité par le mariage ( ivoiro-africain et d´autres continents), ne peut être désintégrée. Cette cellule familiale est universelle.

En ce qui concerne les normes, elles peuvent durer longtemps comme très peu, puisqu´étant donné leur extrême importance, la société tente que chaque loi réponde aux nécessités et aux valeurs sociales du moment. Si ces nécessités et/ou valeurs varient, il en sera de même pour les normes comme c´est le cas des lois juridiques.

L´importance d´un comportement social étant évolutif. Ce qui est aujourd´hui considéré comme un us, peut-être demain une coutume et demain une norme ou vice-versa.

Hier, la femme avait pour rôle d´être aux petits soins de son époux, de la maison, de veiller à l´éducation de l´enfant et au bien-être de la famille. Malgré cela, la femme contribuait autrement à l´équilibre financier de la famille, par des travaux champêtres, en faisant du petit commerce pour subvenir aux besoins de la famille quand l´époux n´était pas à mesure d´assumer totalement cette prise en charge. Combien d´hommes actifs aujourd´hui tant dans notre milieu politique comme dans le monde professionnel ont pu être aujourd´hui ce qu´ils sont que grâce au sacrifice de leur mère qui s´est saigné souvent toute seule au prix de mille et un efforts pour les éduquer? Ils sont nombreux et de nombreux jeunes enfants aujourd´hui encore continuent de bénéficier de la responsabilité de la femme au sein de la cellule familiale.

Aujourd´hui, où l´éducation des enfants, l´accès à un logement décent, les moyens de transport, le bien-être sont des charges que l´époux, à lui tout seul, ne peut assumer avec ses émoluments, la femme qui accède au marché du travail permet d´apporter un équilibre certain dans la cellule familiale en plus des charges qui lui sont « dévolues » dans les faits.

Autrement dit, le projet de loi relatif au mariage est une reconnaissance de la société ivoirienne au rôle de la femme dans l´exercice de son rôle de cogérante de la famille où l´homme démissionne assez souvent. L´interrogation 4 (le projet de loi relatif au mariage est-il un avantage pour la Côte d´Ivoire) devrait donc être dissipée car le PEUPLE déjà en 2000 était en avance sur nos chers honorables de la Commission des Affaires Générales et Institutionnelle de l´Assemblée Nationale de Côte d´Ivoire de la présente législature qui viennent de voter contre le projet de loi 12 ans plus tard (sic!).

Hier, aujourd´hui et demain, tous les types de règles font références à la surévaluation de la temporalité. Ainsi, si les us et coutumes parlent du temps passé, le droit c´est-à-dire la loi fait référence au présent. Si la loi n´est pas adaptée au présent ou n´est pas juste, elle est abrogée et modifiée. Ce que tente de faire le projet de loi relatif au mariage présenté à nos parlementaires.

Par contre, le droit ancien de base coutumière exigeait une intériorisation des règles. Cette intériorisation est fondamentale dans une autre forme de régulation du comportement; ce qui nous emmène à parler de la religion et des croyances traditionnelles. Dans cette catégorie donc, le temps social est évalué de façon particulière: la croyance en un Au-delà (Paradis, réincarnation, karma….). Les religions révélées tout comme les religions traditionnelles définissent réellement le rôle et la responsabilité des époux dans la famille. Bien que croyants, très peu de personnes suivent les prescriptions de leurs croyances concernant leur statut de « chef » dans la cellule familiale. Il nous appartient donc de connaître mieux la croyance que nous pratiquons afin d´atteindre l´équilibre au sein de la cellule familiale dans l´application desdites prescriptions.

Au regard de ce qui précède, le projet de loi relatif au mariage ne fait que consacrer ce que le PEUPLE SOUVERAIN DE COTE D´IVOIRE dans sa grande majorité en 2000 a décidé lors de la révision de la CONSTITUTION en son article 2: Tous les êtres humains naissent libres et égaux devant la loi. Et cela, 5 ans après la ratification de la CEDEF (Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes ).

En définitive donc, le projet de loi relatif au mariage n´aura aucune incidence sur nos us et coutumes (valeurs culturelles, sociales) encore moins sur nos croyances. C´est plutôt une invitation au non cumul de responsabilité au sein de la cellule familiale et la recherche de l´efficience dans la quête du bien-être de la celulle familiale afin préparer un avenir meilleur des enfants. Car l´émergence se construit au sein de nos familles.

Citoyennement,

Dissolution du Gouvernement en Côte d´Ivoire: Us et Abus de quelques parlementaires

Alors que le débat sur le non cumul des mandats électifs et nominatifs suivait sa troisième journée consécutives sur les réseaux sociaux, nous avons dû mettre en berne ledit débat, pour commencer à spéculer sur le scoop du jour: la dissolution du gouvernement du Premier Ministre Jeannot Ahoussou Kouadio formé le 13 mars 2012 juste après la publication des résultats des législatives en Côte d´Ivoire.

En effet, ce gouvernement a été formé en prenant en compte la représentativité des partis politiques présents à l´hémicycle.  D´où vient-il donc qu´alors nous ne nous y attendions le moins, le Président de la République annonce la dissolution du gouvernement?

Nous reprenons in extenso les propos rapportés par  l´AFP:

Le secrétaire général de la présidence, Amadou Gon Coulibaly, a ensuite expliqué devant la presse que cette dissolution faisait suite à des dissensions au sein de la majorité, qui réunit principalement le Rassemblement des républicains (RDR) de M. Ouattara et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président Henri Konan Bédié.

Durant l’examen d’un projet de loi sur le mariage, mardi en commission à l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire PDCI et celui d’un petit parti allié, l’UDPCI, ont voté contre le texte du gouvernement.
« Cela pose donc un problème au niveau de la solidarité à l’intérieur de l’alliance et du soutien de l’alliance » au gouvernement, a souligné M. Coulibaly.

Les raisons de la dissolution du Gouvernement sont-elles recevables pour le citoyen lambda? N´est-ce pas un coup d´épée dans l´eau?

Chacun aura à apprécier de la décision. En tant que simple citoyen, non expert de la politique, j´estime que les raisons évoquées sont plus qu´anodines et le Président de la République a bien fait de dissoudre ce gouvernement.

En effet, comme je l´indiquais plus haut, le gouvernement du Premier Ministre Jeannot Ahoussou Kouadio est la résultante des sièges que chaque parti politique a obtenu lors des législatives. En tant qu´homme de parole, le Président de la République qui lors du deuxième tour des Presidentielles avait promis au PDCI que si le groupement politique qu´il représentait, c´est-à-dire le RHDP l´emportait, la primature reviendrait au PDCI. Rappelons que durant l´entre deux tours le programme du Gouvernement du candidat Alassane Ouattara a été revu par le RHDP. Autrement dit, le RHDP s´appropriait ce programme de gouvernement et s´engageait à le mettre en oeuvre.

Bien entendu,  la mise en oeuvre de son programme de gouvernement nécessitant la révision de certaines lois, les ministres sont donc tenus de se présenter devant la nation à travers ses représentants à l´hémicycle pour présenter les projets de loi, faire des amendements si possible et les voter. Fort donc de cela, la Commission des Affaires Générales et Institutionnelles (CAGI) présidée par Mme Affousy Bamba a reçu la Ministre déléguée à la Justice, Mme Matto Loma Cissé accompagnée de la Ministre de la Famille, de la Femme et de l’Enfant (issue du PDCI) le 13 novembre dernier pour présenter le projet de loi portant abrogation de l’article 53 et modifiant les articles 58, 59,60 et 67 de la loi N° 64-375 du 07 octobre 1964 relative au mariage, telle que modifiée par la loi N°-800 du 02 août 1983.
Sur les 34 membres présents, 16 députés votent pour l’amendement, quand 17 autres s’insurgent contre et 1 abstention a été enregistrée.

Dans le paysage politique ivoirien, si l´un a été surnommé « Le BOULANGER » pour sa roublardise et son non-respect de la parole donnée,  le résultat de ce vote vient marquer définitivement un nouveau groupe de politiques qui pratiquent l´« INCESTE POLITIQUE« . Inceste parce que métaphoriquement parlant, il s´agit d´une  relation mal venue entre entités très proches. En effet, ce sont en partie des membres du PDCI qui votent contre un projet de loi présenté par des ministres issus de leur rang ( surtout la Ministre de la Famille issue du PDCI, alors que M. Loma Cissé est déléguée du Premier Ministre PDCI). Et également de députés UDPCI membres du RHDP. Autrement dit, ils ont osé faire ça à leur parti et aux électeurs qui leur ont fait confiance.

J´aurais compris ce refus d´amendement du projet de loi s´il s´agissait de députés non issus du RHDP.

C´est le lieu d´interpeller nos honorables députés du RHDP sur la nécessité de bien lire ou relire (c´est selon) le programme de gouvernement ( il doit même être leur livre de chevet) pour lequel les électeurs les ont désignés afin de les représenter à l´hémicycle et de faciliter l´application du « Vivre ensemble » du Président de la République qui est la vision de la Côte d´Ivoire jusqu´en 2015 pour le moment.  Cette vision doit être celle de la majorité qui doit nous permettre d´atteindre l´émergence à l´horizon 2020. Et cette émergence passe par l´égalité des genres. Si notre pays a ratifié les traités internationaux sur le genre comme l´a rappelée la Ministre de la Famille, ce n´est pas certains honorables qui vont nous empêcher de mettre à jour notre législation.

Par extension, nos hommes politiques doivent apprendre à respecter la parole donnée. Sinon à cette allure, nous ne sommes pas encore sortis de l´auberge après toutes les critiques qui ont plu sur l´ancien pouvoir.

En passant, je n´oublie de rappeler que notre caravane du #nonaucumul des mandats électifs et/ou nominatifs suivra son cours.

C´était mon coup de gueule citoyen,